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LA BELGIQUE

Au nord du détroit où se rejoignent les courants de marée qui viennent de contourner la Grande-Bretagne, la mer du Nord est bordée, sur une longueur de 67 kilomètres seulement, par le territoire de la Belgique. Cet État, qui se trouve en entier sur le versant de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin, est l’un des plus petits de l'Europe el, comme puissance indépendante, il n'existe pas même depuis un demi-siècle, Ses frontières l'enferment en un espace trop étroit pour qu'il puisse compter fièrement sur lui seul dans les conflits des peuples; les faibles dimensions de son domaine, qui esCenviron la 4500 partie de la superficie des terres! l'autoriseraient à revendiquer le privilège de la neutralité. quand même tous ses voisins n'auraient pas été d'accord pour lui laisser son existence autonome, dans l'intérêt de l'ordre publie européen, Mais, quoique si pauvre en étendue terriloriale, la Belgique se distingue entre tous les pays d'Europe par des traits parliculiers, et même, à certains égards, elle est au premier rang, Ainsi que dans les masses rocheuses une partie de la pierre reste avec sa constitution particulière entre les molécules qui se groupent autour de centres de eristallisation également puissants, la Belgique, sollicitée à la fois par la France, l'Allemagne, l'Angleterre, Ia Hollande, avant pendant des siècles appartenu à des maîtres étrangers, Espagnols, Autrichiens, Français où Néerlandais, n'en à pas moins gardé, malgré tous les changements politiques, une exislence à part, reconnue maintenant d'une manière officielle par les autres

Etats. Trésriche par elle-même, elle est devenue par excellence une contrée

La 454 partie de la surface des terres (après Belin et Wagner), li 17514 partie de la surlice planétaire,

ES

46 NOUVELLE GÉOGRAPIITE UNIVERSELLE.

de passage pour les hommes, de transit pour les marchandises : nulle région de l'Europe occidentale n'a en proportion de son étendue une égale importance comme intermédiaire de commerce, La Belgique est, pour ainsi dire, un vaste carrefour; la population s'y est groupée en beaucoup plus grand nombre pour une même surface que dans là plupart des pays du monde : aucun des États d'Europe n'a plus d'habitants par kilomètre carré ; en beaucoup de districts ruraux, les hommes y sont plus pressés qu'ils ne le sont, par exemple en, Russie, dans certaines circonscriptions urbaines portant le nom de villes. Les richesses du sous-sol, en même temps que les facilités des échanges, ont aidé cette population si nombreuse à trouver sa subsistance dans l’espace étroit qu'elle occupe. Par certaines in iries manufacturières, aussi bien que par son commerce extérieur, la Betgique est, relativement au nombre de ses habitants, le premier pays de l'Europe; à cet égard, elle est supérieure même à l'Angleterre. Enfin, toute petite qu'elle est, la contrée qui parmi ses villes compte Liége, Courtrai, Gand, Bruges,

Anvers, peut revendiquer quelques-unes des plus nobles pages de l'histoire".

Des plaines du littoral, où quelques champs endigués se trouvent au-dessous du niveau moyen des eaux, le sol de la Belgique s'élève par degrés vers l'est et le sud-est jusqu’au plateau des Ardennes, faite général de tout le territoire belge et du Luxembourg, ainsi que d’une partie de la France du nord,

Les hauteurs ardennaises, dont le point culminant n'est guère inférieur à 700 mètres, sont formées des roches les plus anciennes de la Belgique : ardoises et quartzites, elles sont le noyau central autour duquel se sont déposés les terrains stratifiés de la contrée. Beaucoup plus élevé pendant les époques géologiques antérieures, le massif de lArdenne est une grande ruine, que des failles, des écroulements, l’action des eaux ont divisée en fragments distincts et constamment abaissée pendant le cours des âges. Cependant la faible hauteur des collines de l'Ardenne, la nature de ses roches, le manque de terre végétale suffisent pour donner à celte région de la Belgique un aspect qui contraste singulièrement avec celui de tout le reste de la contrée, L'angle sud-oriental du pays, qui s'étend de la France à l'Allemagne, des falaises de la Meuse aux bords de la Vesdre, et qui forme les Hautes Fagnes ou l'Ardenne proprement dite, est comme un petit monde

‘Superficie de la Belgique, Popul, en 1840. Popul, en 1876, Popul, probable en 1838. Popul, kilom.

29 459 kil, carrés, 4 073 150 hab. 5 536 200 hab. 5 500 000 hab. 187 hab,

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HAUTEURS DE LA BELGIQUE, 47 à part, bien différent de la Be

lgique inférieure, si remarquable par la richesse de ses cultures, le

grand nombre de ses villes, la multitude de ses habitants. Les hauteurs d'entre Moselle

CU Meuse sont en général d'un aspect mélancolique: si ce n'est

dans quelques vallées

herbeuses, où se ramilient des rigoles d'irrigation, et dans

les défilés où les eaux d'un vivier font mouvoir des roues et des pilons, on ne voil que des taillis de hôtres,

de chênes, de bouleaux, des bois de pins, des landes que percent çà et là

des pointes de roches, des pâturages m Ï I £

aigres où des fougères, des touffes de genévriers se mélent

au gazon des pentes, tandis que dans les bas-fonds les jones et les mousses croissent au bord des tourbières, D tnnées pourtant, le reboisement à changé | véritables forêts rendent

ans ces dernières # physionomie de Ja contrée ; de

à certaines parties de l'Ardenne l'aspect qu'elle avait, il V à quinze siècles, au temps où les grands bois S'élendaient des bords de l'Oise à ceux du Rhin.

Sur les collines de Ja région la plus Sauvage, la couche de végétale est de quelques centimètres à peine e droits sur le roc nu; de faibles arb

per leurs racines: ailleurs 1

terre L repose en maints enr'ISSCAUX peuvent à peine y lure ram-

à roche, recouverte d'une pâte imperméable par le schiste argileux désagrégé !, garde les eaux de pluie à la surface, appes langeuses dans les cavités de la pierre, Les demeures humaines sont rares dans cette région

et celles-ci s'étalent en n

et celles qui se mon-

rent au milieu des bruyères ou des bois, sont des m

disons de briques ardoises où de caaume, toutes de l'aspeet le plus maussade : auprès d'elles, a l'apparence d'un Monument de l'art. | donné par ironie à |

où de schistes, couvertes d’

moindre masure italienne prendrait # nom même de € Paris en Ardennes a ville de Bastogne témoigne de la pauvreté généà contrée, Longtemps les rares populations de l'Ardenne, protégées contre l'invasion par leur isolement même, aussi bien que par leur misère, purent gardér leurs anciennes mœurs. Le culte de la déesse Ardoine (Mrduinna), que l'on confondait avec Diane, se maintint hcaucoup plus longtemps dans Ir aVoisinantes; les derniers

rale des boures de ]

égion du Plateau que dans es plaines autel n'y furent renversés qu'au septième siècle? à l'époque où, suivant Ia légende,

saint Hubert rencontra dans la forêt des Ardennes le cerf portant sur

son front, entre ses deux hauts andouilliers, la croix resplendissante5, Cependant les gens de la plaine, qui aliques religieuses et les mœurs EC Mouzean, Essai d'une géographie physicue de la Belgique. * Alph, Leroy, Patria Belgica, WA,

* Mred Maury, Grandes foréls de la Gaute. p. I6t,

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