N° 120. — FENS DE WISBEACH ET DE PETERBOROUGH
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nouveaux polders à leur territoire de culture. Le demi-cercle formé autour du Wash par les anciennes villes de Wainfleet, de Boston, de Spalding, de Wisbeach, de King's Lynn, indique le tracé du littoral au moyen âge. Ces villes n’ont cessé d’avancer, pour ainsi dire, dans-d’intérieur des terres, et de décade en décade de nouvelles digues rétrécissent le golfe du Wash, On a même proposé de le supprimer en entier, et cette œuvre se fera tôt ou lard, car des banes de sable et de vase occupent presque toute la superficie du Wash ; seulement les chenaux des rivières s’y prolongent en fosses profondes, qui devront être bordées de digues, à mesure que l’agriculture étendra son domaine, Un grand nombre de villes, de villages, de fermes,
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RÉGION DES FENS, 509 dont les noms se terminent par les mots de beach, sea, mere, eye (plage, mer, étang, ilot), et qui par conséquent devaient se trouver autrefois au bord de la mer ou mème au milieu de l'estuaire, se trouvent maintenant à 10, 20 et mème 40 kilomètres dans l’intérieur ; de l'ancien golfe, il ne reste plus, au milieu de l’espace endigué, que des meres de faible étendue.
Les îles qui s’élevaient au milieu de ces terres mouvantes eurent jadis une grande importance historique, en donnant asile aux persécutés de toute race. Grâce à leurs marais, les Ditmarches, les Frisons, les Bataves purent longtemps maintenir leur indépendance; de même les habitants des Fens essayèrent fréquemment de rester leurs j ‘opres maitres, et si leur terriloire à demi noyé avait eu plus d’étendue et plus de facilités de communication avec la mer, nul doute qu’ils n’eussent réussi à fonder des communautés libres. Lors de l'invasion saxonne, les gens des marais, réfugiés dans les îles Ely, Rams-ey, Thorn-ey et d’autres encore, résistèrent longlemps avec succès. Pourchassés à leur tour par les Normands de Guillaume le Conquérant, les Saxons et les Angles établirent dans l'île d'Ely leur « camp de refuge » et, sous la conduite de Hereward, mirent souvent les Normands en déroute; mais la trahison des religieux d'Ély mit fin à la résistance !,
Les rivières qui traversent la région basse, l'Ouse, la Nen, la Welland, la Witham, n’ont cessé de changer leur cours depuis l'époque historique : elles n'ont point de vallées proprement dites, mais toute la plaine est leur bassin d'écoulement naturel, où jadis elles se mélaient en vastes marécages. C'est le travail de l’homme qui, pour la première fois, leur à donné un cours régulier en leur creusant un litet en les bordant de levées. Les canaux ou leams, appelés aussi eaux en plusieurs endroits, comme aux temps qui suivirent la conquête normande*, communiquent directement avec la mer ; seulement, des portes d'éeluse arrêtent le courant à l'heure de la haute marée et ne s'ouvrent que pendant le reflux. Grâce à tous ces égouts de la plaine, les anciens moulins à vent construits sur le modèle hollandais, que l’on voyait en si grand nombre dans la région des Fens, ont presque complètement disparu, et les machines à vapeur d’épuisement sont elles-mêmes devenues rares. Par malheur, les intérèts de la navigation ne sont pas identiques à ceux de l’agriculture : tandis que les marins demandent à retarder le couraut par des écluses pour gonfler la masse d’eau qui porte leurs navires, les cultivateurs voudraient au contraire que tous les obstacles disparussent du lit fluvial pour hâter ainsi l'écoulement des eaux ; ils signa-
! Augustin Thierry, Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands. * Els'obb, Historical Account of the Great Level of the Fens.
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960 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
lent surtout l'écluse de Boston, dans la rivière Witham, comme une des causes principales de l'humidité permanente dans le district environnant : qu'on le détruise et cinquante machines à vapeur, deux cent cinquante moulins à vent, qui ne cessent de travailler dans les Fens de Boston, deviendront inutiles! La Witham est une des rivières anglaises où le mascaret remonte avec le plus de force. Les marins ne le connaissent pas sous le nom de bore, comme le mascaret de la Severn : sur la côte orientale de l'Angleterre, eagre est l'appellation qu'a reçue ce phénomène.
A l'occident, les hauteurs qui séparent le bassin du Wash de celui du Humber s'élèvent en un faite continu d’une grande régularité. Des roches jurassiques se développent en forme de croissant de l'estuaire de la Severn à celui du Humber et forment à l’ouest du Wash un plateau dont la plus haute croupe est de 200 mètres à peine, conpé de brèches profondes et recouvert çà et là de bruyères, que conservent soigneusement les chasseurs du pays. Du côté de l'est, le faite de partage entre le versant du Wash et celui des petits cours d’eau de Norfolk et de Suffolk est à peine indiqué : les hauteurs qui continuent au nord-est le massif des Chi'tern- Hills s’abaissent peu à peu et finissent par se perdre sous la couci e uniforme du sol végétal. Sur un point même, la ligne de partage disparait complètement et l'on voit un ruisseau se bifurquer pour devenir, d’un côté, la Waveney, qui va se jeter à Lowestoft dans la mer du Nord, de l'autre côté, la petite Ouse, affluent du Wash par la grande Ouse. Nülle contrée ne présente à l’agriculteur des espaces plus favorables à la charrue; il en est peu où les récoltes soient plus belles.
La rivière la plus orientale du bassin, l'Ouse, est de beaucoup la plus forte, el tôt ou tard, lorsque le Wash sera changé en terre ferme, e’est elle qui deviendra le fleuve dont la Nen, la Welland, la Witham, ne seront que les affluents : du comté de Suffolk à celui de Buckingham, toutes les eaux qui descendent au nord finissent par se rencontrer dans son lit. Elle naît dans la partie centrale de l'Angleterre, en amont du bourg de Buckingham, qui à gardé son titre de chef-lieu de comté ; puis, après de nombreux détours, elle traverse une autre capitale, Bedford, ville de quelque industrie, surtout pour les machines d'agriculture, et célèbre depuis longtemps par ses écoles. Au delà de Bedford, l'Ouse reçoit un affluent, l’Ivel, sur les bords duquel sont les villes de Hitchin et de Biggleswade, puis, descendant au nord, elle passe par un troisième chef-lieu de comté, Huntingdon, simple marché de denrées agricoles.
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