CAMBRIDGE
La ville beaucoup plus importante de Cambridge, qui est aussi la capitale d’un comté, est sur la Cam, affluent méridional de l'Ouse. C'est la rivale universitaire d'Oxford; pour l'étude des mathématiques elle lui est supérieure. La plaine qui l'entoure est plus uniforme ; mais la plupart des collèges ont de vastes jardins, des parcs même, des pelouses, qui s’inclinent vers les bords de la Cam, toute parsemée d’embarcations aux banderoles joyeuses. Cambridge n’a pas un ensemble de monuments aussi considérable que celui d'Oxford : toutefois quelques-uns de ses édifices sont plus vastes et plus splendides que ceux de l'université rivale, et la pierre, « plus dure, plus résistante, a gardé, sous la grandeur du dessin, toute la finesse des détails! ». Le Collège du Roi (King's College) est somptueux, et sa chapelle, qui domine toute la ville de Cambridge de sa haute nef et de ses quatre tourelles d’angle, est un des plus admirables monuments du style ogival au quinzième siècle. Le Collège de la Trinité, le plus riche et le plus fréquenté de tous ceux que possède l'Angleterre, forme à lui seul une partie considérable de la ville. Il est vrai que Cambridge reste l’inférieure d'Oxford pour les bibliothèques : elle n’a point d'établissement qui puisse se comparer à la « Bodléienne » ; toutefois la bibliothèque de l’université n’a pas moins de 220 000 volumes et de 5000 manuscrits, et chacun de: collèges renferme aussi sa belle collection de livres dans la plus somptueuse de ses nefs; mais toutes ne sont pas facilement accessibles. Le musée géologique de Cambridge, dirigé par l'illustre Sedgwick, est l’un des plus remarquables de l'Europe, et de grandes découvertes ont été faites dans l'observatoire, sous la direction de M. Adams. L'origine de l’université de Cambridge se perd dans les ténèbres du moyen âge; une de ses écoles, celle de Saint-Peter, qui existe encore, se fondait en 1257, neuf ans après l'établissement de la plus ancienne d'Oxford, et, depuis cette époque, l’université de la Cam n'a cessé de grandir, d'ajouter collège à collèges, fondation à fondations. De même qu’à Oxford, les étudiants sortis tiennent à honneur d'enrichir l’école où ils ont été élevés, en lui envoyant des livres, des objets d'art, ou même en ajoutant à ses revenus par des titres de rente. Sauf les noms, l'organisation générale de l’université se ressemble beaucoup dans les deux villes, si ce n’est que Cambridge compte seulement dix-sept collèges et qu'il s’en est fondé récemment deux nouveaux pour les dames, qui ont reçu le droit de passer des examens aussi complets que ceux des hommes, mais séparément. À Cambridge, bien plus encore qu’à Oxford,
! Demogeot et Montucci, De l'Enseignement supérieur en Angleterre et en Écosse. [LA 71
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ce sont les professeurs, les fellows et les étudiants, au nombre d'environ 2000 personnes, qui font la prospérité de la ville : quand ils se retirent, à l'époque des vacances, le silence se fait aussitôt dans Cambridge, comme dans une cité morte, Mais pendant la saison des cours quelle animation dans les rues des collèges, dans les prairies où l'on joue au cricket, à la lutte, à la course, et quel mouvement d'embarcations sur la Cam, où s'exercent les rameurs pour essayer de remporter, contre leurs rivaux d'Oxford, ce prix de vitesse qui passionne l'Angleterre plus que ne le ferait un conflit entre deux nations !
A une vingtaine de kilomètres au nord-est de Cambridge est une autre ville qui par elle-même serait sans aucune importance; mais, grâce à une prairie voisine, dont le sol est à la fois élastique et résistant, grâce aux écuries qui l'entourent, cette ville est une de celles dont le nom est le plus souvent prononcé en Angleterre : c'est Newmarket, où sont entrainés les jeunes chevaux pour le derby d'Epsom. Quatre grandes courses y ont lieu chaque année; Newmarket est la ville des jockeys et des gentlemenriders.
En aval du confluent de la Cam et de l'Ouse, se montre, au sommet d'une butte jadis insulaire, la cathédrale de l'ancienne ville d'EIs, On se trouve déjà dans la région des Fens, et les grands changements qui se sont accomplis dans la contrée par le déplacement des canaux navigables ont eu pour conséquence de modifier aussi l'importance relative des villes qui entourent le bassin marécageux. Au sud-est d'Ely, sur la rivière Lark, est l'ancienne ville déchue de Bury Saint-Edmunds, jadis siège d'une puissante abbaye devant laquelle se dressait une potence, symbole d'autorité, Sur la petite Ouse, au confluent du Thet, est une autre ville dont la déchéance est plus complète. Aux temps de l'heptarehie, Thetford était la capitale du royaume d'Est-Anglie, et longtemps après avoir perdu son rang politique, elle resta puissante comme métropole religieuse : sous Édouard HE, c'était encore une ville épiscopale n'ayant pas moins de vingt églises et de huit monastères. Actuellement, ce n’est plus qu’un bourg de marché pour les ecultivateurs des environs. Mais la ville de King's Lynn ou de Lynn Regis, située sur l’ancien canal de Wiggenhall-Eau, dans lequel à été versée la rivière Ouse, à gardé son importance comme ville de commerce !: à marée basse, il n’y a guère plus de 1,50 sur la barre du chenal; mais les grandes marées s'élèvent jusqu'à plus de 7 mètres au-dessus du niveau de basse
? Mouvement du port de Kings’ Lynn, sans les caboteurs sur lest, en 1877 : 1853 navires, jaugeant . . . ue à ee à à + 288450 tonnes.
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