‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 323 sur 552 · CAMPAGNES ET POPULATIONS DU YORKSHIRE · texte numérisé non relu

CAMPAGNES ET POPULATIONS DU YORKSHIRE

bler de la même manière, en y déversant les eaux torrentielles descendues des hauteurs. Maintenant les campagnes du littoral sont encore désignées sous le nom de marshes où « marais », mais le sol n'en est pas moins ferme que celui des terres avoisinantes. Ce qui manquait le plus à cette côte, c'était l’eau pure; des puits artésiens en ont abondamment fourni. Sur tout le littoral, dans un espace d'environ 80 kilomètres de long et de 15 à 20 kilomètres de large, une couche d'argile, dont l'épaisseur moyenne est de T1 à 12 mètres, s'étend au-dessous du sol superficiel : dès que les instruments de forage l'ont traversée, un jet d'eau pure et permanente s'élève de la bouche du puits, en quelques endroits à 5 mètres de hauteur, presque partout à plus d'un mètre,

Pendant le cours du dix-neuvième siècle, la physionomie des villes et des villages a singulièrement changé dans une grande partie du bassin du Tumber, notamment dans la région occidentale du Yorkshire. Les hameaux tranquilles, les ruisseaux courant en liberté ont disparu des campagnes : les usines ronflent dans chaque vallée ; le moindre filet d’eau est enfermé pour faire mouvoir des roues et des turbines ; la terre des chemins est noire et l'air est empli de flocons charbonneux. La population à décuplé, centuplé même dans quelques districts ; des villes de manufactures ont surgi de terre là où ne se trouvaient que des landes ou des bois au commencement du siècle. La cause de ce changement est, pour les bassins de l'Ouse et du Trent, la même que pour toute l'Angleterre : comme la plupart des autres comtés, ceux que domine la chaîne Pennine ont appris à utiliser les trésors qu'ils possèdent dans leurs roches, charbon, fer, chaux, pierre à bâtir; mais ils l'ont fait avec une singulière âpreté de gain. avec une sorle de fureur que l'on attribue au caractère spécial des habitants. Les gens du Yorkshire ont une réputation d'industrie, d'activité, d'intelligence en affaires, supérieure même à celle des autres Anglais : « Pour l'argent, dit un proverbe, ce sont des chiens à la poursuite du gibier! » Tenaces, ainsi que le prouve la fidélité avec laquelle ils ont jusqu'à maintenant conservé leur dialecte, ils n’en ont pas moins changé apidement de mœurs en passant de la vie agricole à la vie manufacturière, et cette périlleuse évolution sociale, enrichissant des individus par milliers, en a fait tomber d'autres, par centaines de mille, dans la vie précaire et misérable du prolétariat. Quelle différence entre l'ouvrier de fabrique du West-Riding et ses ancêtres, qui célébraient comme leur héros national le vaillant redresseur de torts dont la flèche ne manquait jamais le but, le

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