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LANARK, GLASGOW

époque, était navigable seulement pour les faibles embarcations, ne pouvait guère prendre à cette époque un développement plus considérable, Avant l'union de l'Écosse et de l'Angleterre, le port de la Clyde, de nos jours si prodigieusement actif, était presque absolument privé de commerec avec l'étranger. Séparée du continent d'Europe par toute l'épaisseur de la Grande-Bretagne, Glasgow ne pouvait entrer en concurrence avec les ports de la côte orientale pour les échanges avec l'Allemagne et les Flandres ; les grands marchés d'Angleterre accaparaient le trafic avec la France, et les relations directes avec les colonies anglaises du Nouveau Monde leur étaient interdites. Mais dès que l'acte d'Union eût assimilé les ports de l'Écosse à ceux de l'Angleterre, Greenock et Glasgow, qui était alors € un bourg très-propre, composé de quatre rues », essayèrent de prendre leur part des richesses de l'Amérique. Elles s'occupèrent surtout de l'imporlation des tabacs de la Virginie et du Maryland, et se firent les intermédiaires de ce commerce entre le Nouveau Monde et une grande partie du continent d'Europe.

Ce fut le commencement de progrès rapides pour Glasgow; quand cette spécialité d'échanges lui fut enlevée, la ville s'était déjà créé d'autres industries. En 1801, elle avait près de 80 000 habitants. Depuis cette époque, la population a septuplé; malheureusement, c'est par l'immigration, et non par l'excédant des naissances sur les morts, que s'est fait cet énorme accroissement. Quoique Glasgow ait de beaux pares, de vastes pelouses, les statistiques constatent que sa mortalité est supérieure à celle de Bombay et de Calcutta, la & mère des fléaux ». La foule des immigrants faméliques est si pressée, la saleté, l'obscurité de leurs tanières sont si épaisses, que la mort trouve dans la grande ville industrielle une pâture plus abondante que dans la plupart des autres cités du monde : ses wynds ou ruelles humides sont le séjour de la phthisie et de la fièvre. Des Irlandais sans ouvrage, et des Écossais, émigrés des vastes domaines des Highlands et des Hébrides, viennent incessamment fournir un nouvel aliment aux épidémies meurtrières; mais pendant les dix années qui se sont écoulées de 1866 à 1876, plus de 31000 personnes ont été expulsées du centre de la ville par le percement des rues nouvelles.

Les cent dix mille maisons de la ville occupent les deux bords de la Clyde, mais le quartier de la rive gauche est de beaucoup le moins étendu : c'est de ce côté que s'élèvent presque tous les monuments, d’ailleurs noircis par la brume et la fumée. La cathédrale de Glasgow, au-dessous de laquelle s'étend une fort curieuse crypte ogivale, la plus

belle de la Grande-Bretagne, est, avee une église des Oreades, le seul édifice catholique de l'Écosse qui ait échappé à la destruction lors de la Réforme : l'ordre de démolition avait été donné, mais les bourgeois de la ville, fiers de leur vieille église, lo défendirent contre le zèle iconoclaste des ministres protestets, Il est curieux de voir, par l'emplacement même de cette cathédrale, comment la ville n'a cessé de s'agrandir dans la direction de l'ouest, c'est-à-dire de marcher en même temps au-devant de l'air pur et à la rencontre des navires qui lui viennent de la mer, Dans la plupart des villes à croissance normale, les plus anciens édifices sont restés le noyau de la cité : à Glasgow, la cathédrale est encore à la lisière même de la campagne : toute la population s'est portée dans le même sens que le courant de la Clyde,

L'ancien collège ou l'Université de Glasgow, qui se trouvait à l'est de la ville depuis le milieu du quinzième sièele, époque de sa fondation, s'est aussi déplacé pour s'établir à ouest, près du beau pare de West End, sur la colline de Gilmore. L'édifice moderne, que domine une tour superbe de 90 mètres de hauteur, contient des laboratoires de physique, de chimie, de médecine, deux bibliothèques et le musée Hunterien, belle collection de manuscrits, de monnaies, de médailles, de peintures, d'histoire naturelle, de préparations anatomiques, léguée par le célèbre chirurgien Hunter et constamment enrichie depuis sa mort. Les cours de l'Université sont fréquentés par un millier d'élèves en moyenne ; mais Glasgow possède encore une autre grande école, l'Andersonienne (Andersonian University), établissement libre, dont les cours, presque gratuits, ont parmi leurs deux mille auditeurs des centaines de jeunes gens avant à gagner leur vie pendant une partie de la journée : le musée de paléontologie, de géologie, d'anatomie, appartenant à l'Andersonienne, n'est guère inférieur aux collections du musée Hunter, et le laboraloire de chimie pratique est un des meilleurs de l'Europe’. Par une clause bizarre du testament qui fonda cette université en 1796, elle doit être régie par neuf fois neuf curateurs, dont neuf portant le nom d’Anderson.

Glasgow est surtout une ville d'industrie. De toutes les constructions qui la dominent, les plus hautes sont deux cheminées, l’une de 132 mètres, l’autre de 142 mètres, appartenant à des usines de produits chimiques, sans égales dans le monde : ces énormes colonnes de briques vomissant la fumée sont l'orgueil de la cité. L'industrie de Glasgow est remarquable par

# Demogeot et Montuccr, De l'Enseignement supérieur en Angleterre et en Écosse.

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