‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 378 sur 552 · ÉCOSSAIS DU MIDI · texte numérisé non relu

ÉCOSSAIS DU MIDI

qu’en Angleterre; les cours des universités sont suivis avec un zèle dont ne se montrent point capables les étudiants d'Oxford ou de Cambridge, et les études y sont plus fortes; dans les écoles ordinaires, il n'est pas rare de voir des élèves studieux jusqu’à la passion, et les logements des ouvriers et des paysans ont souvent une petite bibliothèque choisie qui ferait honneur à de riches bourgeois anglais. Cependant il ne manque pas non plus de jeunes gens pressés, qui se hâtent d’en finir avec les études afin d'obtenir plus vite les diplômes qui leur sont nécessaires pour gagner leur vie. Ceux-ci travaillent avec acharnement, mais le but vers lequel ils visent n’est pas l'instruction, c’est le gain. Le temps manque aux étudiants d'Édimbourg pour se livrer aux exercices de force et d'adresse qui pour tant d'étudiants d'Oxford et de Cambridge semblent être le but principal de la vie‘, Par un singulier contraste, ces Écossais si pratiques, si pleins de bon sens, parfois si gais dans leurs saillies, dont ils savent rehausser l'esprit par un air sérieux, ont un amour extraordinaire pour le surnaturel : ils se plaisent aux récits terribles, aux histoires de fantômes. Si habiles comme artisans de leur propre fortune, ils sont pourtant fatalistes, et les sectes religieuses auxquelles appartiennent la plupart d’entre eux se distinguent par leur ferveur à défendre le dogme de la prédestination. Des millicrs de paysans, tout de noir habillés comme des hommes d'église, sont de véritables théologiens et savent discuter les points de leur foi avec

un grand luxe de textes : ainsi que le dit Emerson, «ils se laissent faci-

lement entraîner à toute l’insanité de la dialectique ». On sait que dans aucun pays le « sabbat » n’est observé avec plus de respect : ce jour-là, le service est interrompu sur presque tous les chemins de fer écossais; le silence se fait dans le pays. Des propriétaires d'immenses domaines vont jusqu’à tabouer leurs montagnes ce jour-là et les promeneurs qu’on y trouve sont poursuivis avec loute la rigueur des lois comme violateurs de la propriété.

Après avoir franchi l'Esk et l'un de ses petits affluents au nord de Carlisle, le premier village que l’on rencontre est celui de Gretna-Green : c’est là que naguère un maréchal-ferrant, héritier d’un privilège appartenant à sa profession dès une époque immémoriale, unissait en mariage, et sans autre formalité que le paiement des honoraires, tous les amants qui st présentaient devant lui. En moyenne, trois cents couples anglais, échappé:

1 Demogeot ct Montucci, De l'Enseignement supérieur en Angleterre et en Écosse.

à A ue on x it D 2 or

à la poursuite de leurs parents, réussissaient à traverser la frontière, et devant l’enelume de Gretna-Green étaient déclarés époux légitimes. D'ailleurs, en vertu de la loi écossaise, le consentement des époux devant témoins suffisait à établir le mariage.

Plusieurs rivières d'Écosse descendent vers la baie de Solway. Près du pont-viadue qui traverse l'estuaire, s'ouvre l'embouchure de l'Annan, ayant sur ses bords le petit port de même nom, et sortie de la charmant Annandale, dans laquelle sont les bains d'eau minérale très-fréquentés de Moffat. Un autre cours d’eau plus considérable, le Nith, coule plus à l'ouest et passe devant la cité de Dumfries, considérée jadis comme la capitale de l'Écosse du sud-ouest : une de ses églises renferme parmi ses tombeaux celui du poète national Robert Burns. La marée, qui remonte jusqu'à Dumfries, lui amène des navires de cabotage du port de 120 tonneaux. Kirkeudbright, capitale de comté comme Dumifries, est aussi un petit port maritime. À l’ouest, au bord de la baie de Wigtown, sont les deux bourgs de Creetown, dont les carrières fournissent le granit nécessaire aux constructions de Liverpool, et de Wigtown, capitale du comté qui forme la partie sud-occidentale de l'Écosse‘. La seule ville importante de cette contrée est Stranraer, bâtie à l'extrémité d'un golfe allongé méritant presque le nom de lac, — loch Ryan, — qui lui a été donné; les navires \

sont dans un bassin naturel, parfaitement abrité de tous les vents?, De

l'autre côté de la péninsule appelée Rhinns of Galloway, sur le rivage tourné vers l'Irlande, est le havre de Port-Patriek, situé à 40 kilomètres seulement de la côte irlandaise. C’est un des points d'attache pour les baleaux à vapeur qui vont et viennent entre l'Irlande et la Grande-Bretagne. Le gouvernement y à fait entreprendre de grands travaux pour la construction de bassins et de jetées ; mais la côte, semée d'écueils, est restée fort périlleuse et les navires cherchent à l'éviter par les gros temps.

Avr, la capitale du comté de ce nom, est aussi un port de mer et l’un des plus animés de tout le littoral; mais 1] ne peut recevoir de navires d'un fort tonnage”, La ville, très-industrieuse, est déjà dans le cercle d’attraction de Glasgow et possède de nombreuses fabriques : c’est dans le voi-

1 Mouvement du port de Wigtown en 1877, non compris les caboteurs sur lest : 980 navires, jaugeant. . , . , . . . . . . . . . . . . 60450 tonnes. % Mouvement du port de Stranraer en 1877, non compris les caboteurs sur lest : 1316 navires, jaugeant, . . . . . 4... « « + 209 450 (onnes, 3 Mouvement du port d'Ayr en 1877, non compris les caboteurs sur lest :

3160 navires, jaugeant. . . . . . . . . . .« , + . + + 316850 tonnes. Flotte de commerce du port d’Ayr en 1877 : 41 navires, jaugeant 41 120 tonnes.

DUMFRIES, WIGTOWN, STRANRAER, AYR 657

Alu!

el sinage que se trouve le lieu de naissance de Robert Burns, visité en pèle- LU 'ail- rinage par les admirateurs du poète. Au nord de la rivière d'Ayr coule vant une rivière parallèle, l'Irvine, dont le port maritime porte le même nom; les marins préfèrent le mouillage bien abrité de Troon, situé entre

s du Irvine et Ayr, près d'un bourg, bâti en entier sur les terres du grand pro-

van! priétaire foncier de la contrée". La

ant ville principale de Ja vallée de l'Ir- "16 ns or Gattowat Er PORT DE STRANRAER,

s de k vine est Kilmarnock, enrichie par de

us nombreuses manufactures d'étoffes

e de et de tapis. On se trouve déjà dans

CUX la région houillère et les groupes

un- d'usines se montrent de tous côtés.

cud- Des villages, des hameaux, prennent

nari- | chaque année une importance crois-

urgs sante. Dalry est un de ces villages

aux transformés en villes industrielles,

le la La rivière Clyde, devenue si fa-

celle meuse malgré Ja faible quantité

'us- d'eau qu'elle apporte à la mer, n’est

us que le troisième fleuve d'Écosse par

. De la superficie de son bassin ; elle est

vage dépassée par la Tay et par la Tweed *;

Btres mais près du tiers de la population

s ba- de l'Écosse est renfermée dans son

une. territoire d'écoulement, La rivière

Lruc- 1 reçoit ses premières eaux du massif s |

fort des Louther-Ilills. Pour entrer dans RUE la plaine, en amont de Lanark, elle ë =

l'un Es se précipite par une uite de degrés APS 2 (AE A Es

vires à inégaux, d’une hauteur totale de Bee SC IEUL

d’at- 710 mètres sur une longueur de l

voi- | 4800 mètres : l’une des cascades ou linns a 25 mètres de chute verticale ; L j:! des roches superbes, des arbres touffus, ajoutent à la beauté de la scène. LA

* Mouvement du port de Troon en 1877, non compris le scaboteurs sur lest : 1

RMS navires, jaugeant, . . . . . . . . . . . . . . . 455395 lonnes. ? Fleuves principaux de l'Écosse, non compris leurs estuaires :

Superficie du bassin. Longueur de cours. ‘Débit probable. Re Tay. . . . 8925 kil. carrés. 205 kilomètres. 123 mèt. cub. (K. Johnston) KE Twecd. . . 4840 » » 169 » 75 » » ie Clyde , . . 3620 » » 169 » 70 » » ù

+ Les —

Cette région pittoresque est une des plus célèbres dans l'histoire de l'Écosse : c'est là que vivait Wallace, à qu'eurent lieu, à la fin du treisème siècle, ses premiers faits d'armes pour la libération de sa patrie. C'est là aussi que le Gallois Robert Owen fonda au commencement du sièel: l'usine prospère de New Lanark, qu'il croyait devoir être le point de dépar! de la suppression de la misère, et qui eut du moins une importance considérable comme expérience première d'association, La capitale du comté, Lanark, est une ville industrielle entourée de vergers : la plaine qui l'entoure est un des jardins de l'Écosse,

Lanark et New Lanark sont déjà dans le cercle de manulaetures dont Glasgow est le centre : la houille et le minerai de fer ont fait surgir des usines dans toute la contrée, et des bourgs jadis peu importants, Airdrie, Coatbridge, Wishaw, Hamilton, Motherwell, Rutherglen, sont devenus des

villes populeuses, Après le Yorkshire, c'est l'Écosse qui occupe le premier

rang dans l'industrie métallurgique de la Grande-Bretagne, Le plus connu de ses minerais de fer est la «couche noire » (black band), ainsi nommé parce qu'on le trouve par bandes au milieu des couches de charbon’, Ainsi mélangé naturellement à la houille, ce minerai peut être grillé sans addition de combustible et constitue une matière des plus riches, très-facile à fondre et à réduire : aussi la « couche noire » at-elle fait la fortune des maîtres de forges écossais et maint palais moderne élevé sur les hauteurs témoigne de l'importance de leurs ventes à l'étranger. Le château ducal de Hamilton, bâti au bord de la Clyde, dans un pare admirable, est l'édifice le plus remarquable de la contrée : il possède un musée où se trouvent des œuvres de choix des grands peintres, — malheureusement, on peut le dire, — car c’est en bien petit nombre que les artistes et les hommes de goût peuvent aller visiter ces tableaux dans le somptueux château qui les enferme. Les arbres d’un pare voisin abritent encore, à l’état presque sauvage, un troupeau de « bétail blanc », que l’on croit représenter le type des bœufs primitifs de la contrée. Près de Hamilton, le château historique de Bothwell est au milieu de belles campagnes, où s'élèvent de nombreuses maisons de plaisance appartenant aux négociants de Glasgow.

Cette ville, la cité la plus populeuse de l'Écosse et la première de la Grande-Bretagne après Londres, n’est pas même la capitale d’un comté ; pourtant au milieu du quinzième sièele elle était déjà plus importante que son chef-lieu de justice, le bourg de Lanark : elle avait alors 14 000 habitants. Glasgow, située loin de la mer, sur la rivière Clyde, qui, à cette

© Houille exportée da bassim de la Clyde en 1872 : 285 650 tonnes.

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