‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 39 sur 552 · ARLON · texte numérisé non relu

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son cours, La ville de Gand, menacée par les inondations de l'Escaut et de la Lys, n'a cessé depuis plus de neuf siècles de faire creuser des canaux d'écoulement vers le bas Escaut, pour se débarrasser de lexcédant des eaux, et les Hollandais, de leur côté, maîtres du golfe de sortie, ont fréquemment obstrué ces fosses, obligeant ainsi les Gantois à creuser sur d'autres points en accroissant le labyrinthe des canaux. L'estuaire principal de VEseaut suivait aussi une tout autre direction; depuis les temps historiques, il n'a cessé de s'incliner vers l'ouest, Autrefois le Hont ou Escaut occidental, qui est devenu la grande voie commerciale d'Anvers et de toute la Belgique, n'était qu'un simple marigot sans profondeur, puisque en 1058 des processions entières, voyageant de village en village, longeaient la côte de Flandre et passaient sans peine dans Pile de Walcheren !. S'il faut en croire les anciennes chroniques, c'est en 1175 que les dunes des Flandres et de Walcheren, emportées sur une très-grande étendue, luissèrent passer largement les eaux de la mer dans l'Escaut ? : on connut d'abord ce nouvel esluaire sous le nom de Dollart ou de « Furieux », comme cet autre golfe de la Frise dans lequel se jette la rivière Ems”. Avant cette invasion de la mer, le fleuve allait se perdre dans la Meuse par le bras de TEscaut oriental, en passant dans le voisinage de Bergen-op-Z0oom et de Tholen; en 1867, ce détroit était assez rétréci pour qu'on ait pu y jeter un viaduc de chemin de fer, et maintenant il est définitivement obstrué par les sables,

Lorsque les eaux marines pouvaient entrer librement dans l'Escaut, toute sa partie inférieure, d'Anvers à l'estuaire proprement dit, avait plutôt l'aspect d'un golfe que celui d’un fleuve. Son courant se déplaçait facilement au milieu des vases, suivant la pression des marées et des tempêtes: à l'heure du flux, l'eau se répandait à perte de vue par des schorrens ou « schorres » qui reparaissaient de nouveau à l'heure du reflux, parcourus dans tous les sens par des canaux au lit changeant. Même en amont d'Anvers, l'Escaut, gonflé par la marée, était un fleuve assez large pour que des flottes ennemies pussent s'y livrer des combats. C'est ainsi qu'en 1502 les mariniers de Malines, en guerre avec le due de Brabant, furent défaits par les troupes dece prince sur la vaste nappe d'eau qui se trouvait au confuent du Rupel, et qui est de nos jours remplacée presque en entier par les polders de Hingene.

* Alphonse Belpaire, De la plaine maritime depuis Boulogne jusqu'au Danemark.

3 Stessels, le Port d'Anvers.

5 Carte de la Flandre par Mercator ; — Wauwermans, Bulletin de la Société de Géographie d'Anvers, tome F, b° fasc 1877,

si ‘ 64 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,

; Mais dès le onzième siècle les riverains se mettaient à l'œuvre pour endi- Ù guer ces schorres de l'Eseaut et pour les transformer en terrains de eulpe . NO OUT, — LE BAS ESCAUT AU COMMEXCEMENT DU ONZIÈME SIÈCLE,

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Lure + au douzième siècle, les chroniques mentionnent déjà expressément

la construction des digues: en 1124, il est question du polder de Lilo, en

aval d'Anvers! M. É. de Laveleye évalue à plus de 50,000 hectares le de-

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& Runner, Annales des travaux publics de Belgique, M, 184.

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maine agricole dont s'est accrue la Belgique depuis le treizième siècle pa l'endiguement des polders; depuis 1815, le gain a dépassé 8000 hectares, et le territoire de culture peut encore s'augmenter beaucoup, puisque l'es

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