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MONTAGNES ET PLAINES DE LA HAUTE ÉCOSSE. üN7
nière inégale dans les diverses parties de l'Écosse. Mais le phénomène le plus récent est celui d'une élévation graduelle de la contrée. C'est crice au soulèvement du sol, accompli depuis la fin de la période glaciaire, que l’on à pu reconnaître sur les rivages la part qu'avaient eue les £laciers de la Norvège dans la formation de l'Écosse actuelle. Sur toutes les côtes, on remarque d'anciennes plages soulevées el couvertes encore de coquillages marins, les unes aussi régulières que si la mer venait de les abandonner, les autres déjà ravinées par les eaux et çà et là recouvertes de débris. À 15 mètres au-dessus des plages actuelles du loch Lomond on voit de ces rives délaissées par le flot à une époque où le loch n'était pas un lac d’eau douce, mais un golfe d'eau salée communiquant avec la mer d'Écosse par le détroit de Dumbarton'. En quelques endroits du littoral marin, les blocs erratiques laissés sur les anciennes berges sembleni de loin des rangées de pingouins perchés sur les terrasses des escarpements, Sur le littoral d'Aberdeen et de Caithness, la hauteur de ces urèves délaissées varie de 2 mètres et demi à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer; mais dans l'ensemble l'altitude des terrasses diminue peu à peu dans la direction du nord, preuve que l’exhaussement du sol s’est fait d'une manière inégale, comme de nos jours sur les côtes de la péninsule scandinave *. Cette élévation du sol s’est-elle produite seulement à la fin de l'époque glaciaire, s’est-elle prolongée pendant la période historique pour se continuer peut-être jusqu'à nos jours ? On pense que le soulèvement principal a eu lieu à une époque plus froide que la période actuelle, car les bancs de coquillages situés sur les hautes lerrasses apparliennent à une faune plus septentrionale dans son ensemble que celle des parages environnants. Quoi qu'il en soit, on cite quelquefois le nom d'un petit village du comté de Ross, Kinlochewe, en témoignage du soulèvement graduel du sol depuis que l’homme s’est établi dans la contrée. L'appellation gaélique de ce village signifie « Bout du Loch Ewe » ; or le golfe ou « loch » Ewe se termine de nos jours à 24 kilomètres en aval et communique seulement par une rivière avec le Loch Maree, le pittoresque lac dont Kinlochewe occupe l'extrémité orientale. Ainsi, depuis que le village a été fondé par des Gaëls, un seuil est apparu entre le Loch Ewe et le Loch Maree, et cet ancien golfe s’est transformé en un réservoir d'eau douce. C’est là ce qui fait dire plaisamment aux Gaëls que leur langue existait même avant la naissance des lacs. 1 James Gcikie, The Great Ice Age.
#S Laing, Nature, 1877.
5 Smith, Memours of the Wernerian Society, NI, 1,
Dans l'intérieur de l'Écosse, on voit sur les pentes de maintes collines d'anciennes plages lacustres semblables aux grèves abandonnées du littoral marin, et si larges, si régulières, qu’on peut même Îles distinguer à plusieurs kilomètres de distance. Les plus célèbres de ces rives soulevées sont les « routes parallèles » de Glenroy, situées à des hauteurs correspondantes sur les pentes opposées du glen où coule la Rov, un des torrents qui descendent vers la dépression de Glenmore. Les routes, parallèles et horizontales, sont de chaque côté au nombre de trois, aux altitudes de 262, de 526 et de 550 mètres. Les indigènes expli-