‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 420 sur 552 · PAS · texte numérisé non relu

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c'est-à-dire à des paysans nobles, qui ne reconnaissent point de maitres; mais les Shetland, quelques-unes des iles Hébrides, et même la plus vrande de toutes, Lewis, n'ont qu'un seul propriétaire, qui possède en réalité tous les droits et qui dispose indirectement de la vie dè ses sujets, puisqu'il est le seul dispensateur du travail et qu'il peut à son gré forcer les habitants à s'expatrier. C'est ainsi que plusieurs iles, jadis trèspeuplées, telles que Rum et Barra, sont devenues presque déser‘es. Mais parmi les habitants qui restent, il en est encore de très-misérables, pour lesquels le carrageen, — la mousse islandaise du commerce, — est une délicatesse, et qui retirent de la mer presque tous leurs aliments, algues et poissons. Les maladies intestinales et surtout la dyspepsie sont très-communes par l'effet de la mauvaise nourriture, et c’est par la fréquence de ces affections, cause d'hallucinations nombreuses, que certains médecins expliquent les cas de « seconde vue » dont l'histoire des Highlanders fait si souvent mention. Les villages de Lewis sont peut-être uniques en Europe. Les masures ont l'air de roches et de branchages amoncelés. Les indigènes ramassent les pierres éparses dans le sol tourbeux et en bâtissent de grossières murailles concentriques dont l'intervalle, large de plusieurs pieds, est rempli de terre et de gravier, opposant au rayonnement de la chaleur un obstacle infranchissable. Un échalaudage de vieilles rames, de planches et de rameaux entrecroisés soutient un toit composé de couches épaisses de terre et de tourbe cet laissant sur la muraille extérieure un large rebord cireulaire où eroissent bientôt les herbes et qui devient la promenade favorite et le lieu d'amusement des enfants, des chiens et des moutons. Une seule porte donne accès dans l’informe réduit, où brûle constamment un feu de tourbe; la chaleur et la fumée sont parfois intolérables pour l'étranger, mais il faut entretenir le feu pour vaporiser l'humidité qui suinte à travers les terres des murs et du toit. Les chevaux, les vaches, les brebis, tous de petite taille, à cause du manque de nourriture, occupent une extrémité de la hutte, où les enfants portent des os, que les vaches aiment à ronger ; les poules juchent à côté des propriétaires ou vont percher près de l’issue par laquelle s'échappe la fumée : on dit que cette chaleur artificielle facilite la ponte‘. Telles sont les demeures de la plupart des habitants des Hébrides. Cependant les exigences du confort sont devenues beaucoup plus grandes dans l'archipel depuis le commencement du siècle, “poque à laquelle une jatte était une véritable curiosité.

4 Anderson Smith, Lewsiana.

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