‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 419 sur 552 · CET SE · texte numérisé non relu

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quand ils avaient besoin les uns des autres. Divers usages rappelaient que la propriété avait été jadis à tous, et la division des terres se faisait à certaines époques fixes entre les membres du lan, L'honneur de la tribu était aussi celui de chacun des membres : l'outrage fait à lun était fait au élan tout entier et tous avaient à le venger, Quand un roi avait à se plaindre d'un chef, il poursuivait la tribu, sachant qu'en avait tous les hommes pour ennemis : e'est ainsi qu'au dernier siècle le nom même des Mac-Gregor était imputé à crime; nul n'avait le droit de le porter, Les Highlanders ne déléguaient point la justice à des tribunaux, 1ls l'exergaient eux-mêmes en répandant sang pour sang. Divers monuments rappellent des actes de vengeance, et même en 1812 une famille fit orgucilleusement ériger, en souvenir d'un septuple meurtre commis par ses ancêtres, un trophée représentant sept têtes grimagantes !. Une grotte de l'ile d'Eig, dont l'entrée est étroite et basse, et qui pénètre à près de SO mètres dans l'intérieur du rocher, est parsemée d'ossements, vestes de tous les habitants de l'île, au nombre d'environ deux cents, qu'un laird ou seigneur du seizième siècle, un Mac-Leod, fit enfumer par vengeance, Ils sont encore là, groupés par familles sur le sol de la urotte, quoique beaucoup de fragments aient été transportés en différents musées ?.

Personne n'étant privé complètement de la propriété du sol, il n'y avait autrefois jamais de lutte entre les riches et les pauvres d'Écosse*; mais dès Ta fin du dix-huitième siècle les membres appauvris du elan, tout en se parant encore du titre de « cousins » des seigneurs, avaient cessé d'avoir le moindre droit à l'ancienne propriété; le domaine se trouvait en entier entre les mains du laird, devenu maitre absolu et prenant pour répondre aux réclamations de la tribu la devise des comtes d'Orkney : Sie fuit, est et erit! Déjà le maître du sol pouvait à son gré renvoyer de ses terres les anciens habitants et transformer leurs champs en pâturages où en terrains de chasse, On vit mème des propriétaires qui, pour se débarrasser des habitants du domaine héréditaire, firent brûler les cabanes de leurs tenanciers et les forcèrent ainsi à lexpatriation. Sur les terres de la duchesse de Stafford quinze mille tenanceiers furent chassés de IST à 1820. Parfois des villages entiers furent livrés aux flammes : on vit en une seule nuit flamber trois cents maisons : la population ce quatre paroisses se trouvait expulsée à peu près en masse par l'incendie.

! Ch. Dupin, Force commerciale de la Grande-Bretagne, U.

# Hugh Miller, Summer Ramble among the Hebries. 5 Aug. Thierry, Histoire de la Conquête de l'Angleterre par les Normands.

CULANS ÉCOSSAIS, GRANDS DOMAINES, 72h

nt que Depuis le milieu du siècle, environ 400 000 hectares de la haute Écosse isail à ont été dépeuplés d'hommes et de brebis et changés en pares pour la ù tribu hit fait

Là se

chasse {+ par un phénomène inverse de celui qui se produit constamment sous l'influence de la civilisation, les terres de la haute Écosse cessent

d'être cultivées et les animaux domestiques font place aux fauves. Le t tous

pays, jadis presque sans arbres, devient en maints districts une vaste même

INSEE

forêt, Plus de vingt-cinq mille cerfs peuplent les immenses parcs qui

Lis s'étendent en une mer de verdure presque continue de Black Mount, dans

x, ils le comté d'Argyle, à Marr-Forrest, dans le comté d'Aberdeen, Ensemble,

inerte tous les pays de chasse couvrent une superficie d'environ 800 000 hec- il Ile ht lures, et cette étendue ne cesse de s'accroitre, L'Écosse est devenue la ji La “Le contrée du sport par excellence, et maint vaste domaine n'est aménagé que 1 grotte pour la chasse, ce qui, du reste, grâce aux loisirs de l'aristocratie, rap- | 4 à près porte plus au propriétaire que s'il mettait ses terrains en culture. ii] ments, Certains amateurs n'hésitent pas à louer 10 000 francs une pêche au 1 cents, saumon, 2 000 francs une chasse au coq de bruyère, 100 000 et même { fumer 120 000 francs une forêt à cerfs. À ces prix, le saumon revient généra-

de la lement à 200 francs et le cerf à 1000 franes*.

lérents Bien plus encore que l'Angleterre, l'Écosse est un pays de grande pro-

priété, Environ le tiers du royaume appartient à 21 individus: la moitié

avait est entre les mains de 70 personnes, et 1700 en possèdent les neuf dixiè-

5 Mais mes, Un propriétaire, le duc de Sutherland, n'a pas moins de 530 000 hec- 4 tout lares, soit un quinzième de la surface de l'Écosse, et dans son propre cessé comté il possède le territoire presque en entier; mais, on le comprend, de ait en pareilles étendues ne peuvent être sérieusement cultivées ; une grande | pour partie de ces terres reste en friche ou se compose de marais et de landes,

kney : dont les petits laboureurs pourraient tirer parti, mais qu’un opulent perver de sonnage ne peut que laisser en bruyères, en pâturages ou en forêts. On

pâtu- évalue à moins de 5 francs par hectare les revenus du « royaume » de

, pour Sutherland, tandis que pour les terres d'Écosse cultivées par le possesseur ler les lui-même la moyenne s'élève à 125 francs. En 1878, l'étendue des champs

1. Sur labourés dans le domaine de Sutherland ne dépassait pas 10 750 hectares :

hassés j elle s’est récemment accrue et l'on ÿ voit des exploitations agricoles AREA: qui pourraient servir de modèles.

De Dans les Orcades une partie des terres appartient encore à des odallers.

endie .

! Hugh Miller, Sutherland as it was and is.

# Chasses louées en Écosse (1877) pour le coq de bruyère et le cerf : 2060, produisant 15 000 000 francs.

(Journal officiel, 16 novembre 1877.)

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