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ABERDEEN, PETERHEAD, ELGIN, INVERNESS

Ness; Fraserburgh, qui appartient en entier à un seul propriétaire; Banff et sa voisine Macduff; Buchie, placée à l'embouchure de la rivière Spey, sont des ports très-fréquentés pendant la saison de la pèche des harengs, c'est-à-dire de la fin de juillet au milieu de septembre : leur population est alors à peu près doublée. En outre, ces ports arment pour la pêche de la baleine et du phoque, et une flottille spéciale de Peterhead est employée au transport de la eryolithe des mines d'Evigtok, sur la côte occidentale du Groenland. De nombreux navires allemands viennent prendre des eargaisons de harengs à Peterhead, et chargent aussi la cryolithe, qui sert à la fabrication de l'aluminium et à d'autres usages industriels !.

Elgin, chef-lieu du comté de son nom, n'est pas située au bord de ln mer, mais sur la petite rivière Lossie, à 8 kilomètres de son embouchure : c'est une ville pittoresque où l'on voit les ruines d'une cathédrale et un musée géologique intéressant, renfermant les fossiles des assises supérieures du vieux grès rouge, À l'ouest d'Elgin, Forres, Nairn sont des bourgs maritimes; mais la métropole de la contrée est la cité d'Inverness, située au bord d'un large firth et, comme son nom l'indique, à l'embouchure de la rivière Ness, Si tout à coup cette ville se trouvait transportée à dix degrés de latitude plus loin du pôle, sous un climat plus doux, nul doute qu'elle ne devint une des importantes cités du monde, grâce à son heureuse position à l'extrémité d'un golfe profond et à l'issue d'une coupure qui traverse tout le pays d’une mer à l'autre mer. Mais le nord de l'Écosse est trop froid, trop infertile, trop faiblement peuplé pour qu'Inverness ait pu devenir une cité considérable. Elle présente néanmoins une noble apparence et quelques navires se balancent dans son port. C'est là que vient aboutir le canal Calédonien, que, dès l’année 1775, le célèbre ingénieur Watt avait proposé de creuser et qui ne fut définitivement ouvert

! Mouvement total du purt de Pelerhead en 1877, sans les caboteurs sur lest : 1083 » n .. 93550 »

Flottille commerciale de Peterhead : 75 navires, jaugeant. + 10 360 tonnes. Districts de pêche du nord-est de l'Écosse :

Aberdeen . . . 349 bateaux. 2946 tonnes. 4792 personnes employées. Peterhead , . . 617 » 6196 » d 213 » »

Fraserburgh . . G48 » 6380 » 66135 » Û Banff, AT » 4200 » 2535 » »

Buckie . . . . 897 » 10711 » 6294 » »

Valeur totale de la pêche : 12 500 000 francs. Mouvement des ports de Banff et du district voisin en 1877, sans les caboteurs sur lest :

564 navires, jaugeant. . . 44 650 tonnes.

Flottille de commerce de Banff : 138 » » . . + 21620 »

75) NOUVELLE GÉOGRAPINE UNIVERSELLE,

que soixante-dix ans plus tard : il offre un passage aux navires d'un tirant ver d'eau de plus de 6 mètres', C'est à 6 kilomètres au nord-est d'Inverness s'a dar N° 100, == PETENNEAD ET PRASERBUNGH, | ne chi s! sûd 1} au | | se | 1 che | Du:

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! h} que s'étend la lande de Culloden, où le prince Charles-Édouard livra. en ; ie 1 | - . . , . , , ti 1745 la bataille qui décida à jamais de la déchéance de sa race. Des sou- 44 à ‘ il * Mouvement du port d'Inverness en 1877, sans les caboteurs sur lest :

4553 navires, jaugeant . . 503 000 tonnes. Û Flot ille commercisle d'Inverness: 124 » »n . . 10890 »

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Du

INVERNESS, THURSO, NIRKWALL, LERWICK, OHBAN, 191

venirs plus antiques se pressent dans les environs d'Inverness, car là s'accomplirent quelques-uns des évènements mis en action par Shakespeare dans son drame de Macbeth.

Les ports des comtés si faiblement habités de Sutherland et de Caithness ue peuvent avoir qu'une importance locale, Brora, située près du splendide château de Dunrobin, est le port du vaste domaine des Sutherland et possde des banes de houille et de terre à briques, activement exploités ; Wick, au nord duquel s'ouvre la bue de Sinclair, est peuplé de matelots qui se livrent à la pêche des harengs : ce bourg a remplacé Thurso comme chef-lieu du comté de Caithness', Entre Wick et Thurso, près du cap de Duncansby, s'élevait jadis, sur le promontoire extrème de li Grande- Bretagne, la maison de John O'Groats, où Taigh lun Crot Callow, dont le nom était devenu proverbial à cause de la position de l'édifice,

La côte sauvage de l'Écosse occidentale, au nord du fimth of Lomn, et les archipels, Orcades, Shetland, Hébrides, n'ont pas une seule ville populouse : les chefs-lieux de ces îles et des distiiets maritimes de la grande terre sont de simples bourgs de pêche et des ports d'abri pendant les tempêtes; une de ces bourgades, Kirkwall, capitale des Oreades, à du moins un remarquable édifice, la cathédrale de Saint-Magnus, qui date du douzième siècle et qui ressemble à l'église de Trondhjem en Norvège ; c'est un monument massif, mais de style pur et des plus intéressants comme représentant unique de l'architecture scandinave dans les Îles Brilanniques*. Le port principal des Shetland, Lerwiek, à moins d'imporlince que Kirkwall®; il expédie en quantités considérables des bas, des châles, des étoffes de laine diverses, tissées par les femmes du pays. Ntornoway‘, dans l'île de Lewis, est fort actif, surtout pour la pêche; mais que de marins périssent dans ces mers dangereuses! Tout un quartier de Stornoway, habité surtout par les femmes de pêcheurs, porte le nom de Widows’ Row ou « Rue des Veuves ».

Le port d'Oban, situé sur un golfe où vient déboucher au sud le canal Calédonien, et bien abrité à l'ouest par l'ile Kerrera, est un excellent havre

1 Mouvement du port de Wick en 4877, sans les caboteurs sur lest :

1824 navires, Jaugeant. . . . . . . . + « + < « . . 186 600 tonnes. # Mouvement du port de Kirkwall en 1877, sans les caboteurs sur lest :

2786 navires, jaugeant. . 4. + + . + . + « . . + . . 287 500 tonnes. $ Mouvement du port de Lerwick en 1877, sans les caboteurs sur lest :

438 navires, jaugeant, : . . , . . . .. . «81100 tonnes. * Mouvement du port de Stornoway, en 1877, sans les caboteurs sur lest :

4167 navires, jaugeant, + . 4 4. « + . + « « « « 182 10 lonnes.

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de refuge, n’aÿant pour les marins qu'un seul inconvénient, sa trop grande profondeur : à 200 mètres du rivage, la baie a déjà 36 mètres de mouillage'. Oban, placée presque en face du détroit de Mull, est le point de départ choisi par des centaines de navires qui se rendent dans les mers boréales et de nombreuses lignes de bateaux à vapeur se rattachent dans son port. En outre, Oban est une ville de bains et de guérison ; les promeneurs y viennent en foule pendant l'été pour visiter les lochs, les îles, ies châteaux des alentours.

La presqu'ile de Cantyre possède aussi sa petite ville maritime, Campbeltown, devenue fameuse par son whisky, que l'on y fabrique en très-grande quantité*; c’est un port d'embarquement pour l'Irlande”.

L'ile qui constitue le Royaume-Uni avec l'Angleterre et l'Écosse complète bien un ensemble géographique. Les deux iles, l’une de port si élégant, l’autre massive de contours et d’un tracé presque géométrique pour une moitié de ses rivages, s’équilibrent d’une manière harmonieuse. Après avoir été une même terre dans les âges antérieurs de la planète, la Grande- Bretagne et l'Irlande se sont séparées sans perdre leur air de famille. Les formations géologiques, ainsi que leurs prolongements sous-marins, montrent encore parfaitement l’ancienne continuité : la plus grande profondeur de la vallée intermédiaire est de 170 mètres, par le travers du golfe de Belfast ; mais en moyenne le chenal de séparation ne dépasse guère une centaine de mètres, et le banc sous-marin qui rattache les hauteurs du

1 Mac Dougall, traduction de la Chauvinière, Pilote des côtes ouest d'Écosse. * Mouvement du port de Campbeltown en 1877, sans les caboteurs sur lest :

1311 navires, jaugeant, . , . . . . , . . . . . . 115075 tonnes. 5 Villes de l'Écosse septentrionale ayant plus de 5000 habitants en 1871 : Dundee (Forfar). . . . : . . 119150 hab. ! Forfar (Forfar) . . . .. « 11050 hab. » cn 1876. . : 139195 » | Petcrhead (Aberdeen) . : . . . 8600 » Aberdeen (Aberdeen). .. 88900 » | Wick (Caithness) . . . . . . 89250 » » en1876. . 96500 » | Brechin (Forfar). . . . . 7950 » Perth (Perth) : . 25600 » | Banff (Ban). . . . . . . . . 7450 » Avbroath (Forfar) . . . . 20150 » | Elgin (Elgin). . . . . . . . 7445» Montrose » ... . . « « 44600 » | Campbeltown (Argyle) . . . . . 6700 » Inverness (Inverness) : 44550 » | Broughty-Ferry (Forfar). . . . . 5600 »

Blairgowrie (Perth) Pre 5250 habitants,

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nord-est de l'Irlande à celles de l'Écosse du sud-ouest ne se trouve qu’à 110 mètres au-dessous de la surface.

Baignées par les mêmes eaux et par la même atmosphère, la Grande-Bretagne et l'Irlande ont des populations dont les destinées ont été parallèles : d’une île à l’autre tous les grands évènements ont eu leur contre-coup et depuis des siècles le régime politique est le même pour les deux contrées, Cependant l'union intime entre les Irlandais et leurs voisins de la grande ile est encore loin d'être faite : au contraire, des sentiments hostiles s’'échangent de l’un à l’autre côté de la mer d'Irlande. Les rapports de peuple à peuple ne sont pas ceux d’une égalité parfaite : les Irlandais se regardent comme une nation distincte conquise par la force, lésée dans ses droits, et c’est avec haine que nombre d’entre eux parlent de leurs maîtres. Ceux-ci, conscients de leur puissance, rendent mépris pour colère ; ils tournent en dérision leur pauvre compatriote Paddy, se moquent de sa misère et de ses défauts, se servent à son égard de proverbes malveillants et de comparaisons désobligeantes. Bien plus, ils cherchent à lui prouver qu'il n’a point à se plaindre de l'oppression, puisqu'il était le plus faible. « Le droit d’un peuple à l'indépendance consiste simplement dans le pouvoir de se défendre! » Tel est le principe politique placé par Froude en tête de son histoire de la domination anglaise en Irlande‘. Diversité d’origine, différence de religion, de mœurs, de traditions nationales, tout contribue à nourrir l’inimitié de vainqueur à vaincu.

L'Irlande a été souvent nommée la « Pologne de l'Angleterre ». Cependant depuis deux siècles elle n'a jamais pu se redresser en ennemie déclarée et revendiquer ses droits sur les champs de bataille : pour de pareils efforts, les Irlandais étaient trop divisés ; ils avaient parmi eux des groupes trop nombreux dont l'origine, la position, la fortune ou le culte religieux faisaient les alliés naturels des Anglais. Toutes les tentalives d’insurrection faites en Irlande, même celle de 1798, où L'u: vit des armées de révoltés évaluées à 30 000 h:mmes, ont été promptement réprimées et la plupart des conspirations ont avorté avant d’avoir même pu arriver à un commencement d'exécution. Mois si l'Angleterre n'a guère eu à lutter contre une rébellion ouverte, elle n'x vas moins eu à souffrir du malaise continuel entretenu par la sourde hostilité de la plupart des habitants de l'ile sœur ; même son action politique à l'extérieur en a été génée, et plus d’une fois les millions d'Irlandais émigrés aux États-Unis ont créé de sérieuses difficultés à la diplomatie de la Grande-Bretagne.

4 The Enghsh m lreland.

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Les Anglais sincères doivent reconnaître que le régime imposé par eux aux populations de l'Irlande est loin d’avoir produit de bons résultats économiques : c'est précisément à côté de l’île la plus riche du monde que vivent les hommes les plus misérables de l'Europe, et nulle part sur le continent la famine n'a fait autant de ravages que sur le sol fécond de l'Irlande; nulle part, un nombre proportionnel plus considérable de malheureux n'a dû s'enfuir de la patrie pour chercher de l'autre côté de l'Océan un pays hospitalier. Quoique presque aussi peuplée que la France, relativement à son étendue, l'Irlande l’est beaucoup moins que la Grande- Bretagne ; mais elle lui est surtout très-inférieure par l’agriculture, l'industrie, le commerce, la richesse matérielle !.

Dans son ensemble, llrlande, dont l'altitude moyenne, d'après Leipoldt*, est d'environ 125 raètres (122",88), à la forme d’un disque aux bords légèrement relevés sur une grande partie de son pourtour. La plupart des masses géographiques distinctes, îles, presqu'iles ou trones continenlaux, ont près du centre de figure, ou du moins dans une position dominante, une « épine dorsale » de montagnes dont les ramifications se prolongent au loin vers les extrémités de la contrée, En Irlande, il n’en est pas ainsi. Toute la partie centrale de l’île est occupée par une vaste plaine dont la plus grande hauteur au-dessus de la mer ne dépasse pas 75 mètres’. De chaque côté de cette dépression, le sol se relève vers les massifs de collines ou de montagnes qui se dressent près du littoral de manière à former une sorte de rebord circulaire ébréché çà et là. La plaine, qui comprend à peu près la moitié de l’île, est composée de calcaire carbonifère disposé en assises régulières, presque toutes horizontales, et les groupes montagneux du pourtour appartiennent pour la plupart à des formations plus anciennes, granit, schistes cambriens et siluriens, vieux grès rouge, L'Irlande et l'Angleterre présentent un contraste remarquable au point de vue géologique : tandis que dans l’île orientale toute la série des terrains se succède régulièrement et mesure, pour ainsi dire, le cycle des âges depuis la formation des premières roches stratifiées , l’île occidentale semble avoir été presque complètement achevée dès l’époque de la houille et des calcaires du même âge. Les formations dites

4 Superficie de l'Irlande. Population en 1871. Population kilométrique. 82 240 kilomètres carrés. 5 409 760 habitants, 66 habitants,

2 Ueber die mittlcre Hühe Europa's

3 Edward Hull, The Physical Geology and Geography of Ireland.

ar eux aux als éconoonde que art sur le fécond de le de male côté de la France, a Grande- Lure, l'in-

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est de l’île, dans la région volcanique qui sépare le lough Neagh de la mer d'Écosse, Considérée comme un tout, l'Irlande est beaucoup plus ancienne

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