‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 429 sur 552 · N° 40, — HAUTEURS DE L'IRLANDE · texte numérisé non relu

N° 40, — HAUTEURS DE L'IRLANDE

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La distribution des massifs montagneux de l'Irlande et la configuration des côtes expliquent en partie la destinée du payée Quoique de forme arrondie et d'apparence assez compacte, l'Irlande n’a point d'unité géographique. Elle est divisée nettement en deux régions hautes par la vaste plaine,

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maintenant couverte de lacs et de tourbières, qui s'étend de la baie de Dublin à celle de Galway et qui jadis, lorsque les voies de communication manquaient, était en maints endroits difficile à franchir. Chacune des deux parties montagneèuses de l'Irlande se subdivise elle-même en deux régions naturelles. Au nord-est, l'espace compris entre les deux baies de Dundalk et de Donegal s’allonge en péninsule dans la mer d'Écosse et comprend des massifs complètement séparés du reste de l'Irlande : c’est la province de l'Ulster. Au nord-ouest, le Connaught est également occupé par un système indépendant de montagnes et de lacs. De même, le Munster, au sud-ouest, et le Leinster, à l’angle sud-oriental de l'Irlande, se trouvent nettement séparés l’un de l’autre par les plaines de Tipperary, tandis que la plus grande partie de la dépression centrale formait l’ancienne province du Meath. Chacune de ces provinces naturelles, devenues politiquement dislinctes, devait aussi par suite de sa position géographique modifier diversement ses éléments de population. L'Ulster était exposé surtout aux incursions des Écossais. Le Leinster et le Meath semblaient d'avance une proie destinée aux envahisseurs anglais ; le Munster, s’avançant au loin dans les eaux de l'Atlantique, ouvrit peut-être ses baies de débarquement aux Phéniciens, comme il les ouvrit plus tard aux Espagnols, aux Algériens, aux Français. Le Connaught se trouvait beaucoup plus à l'écart des invasions, et c’est là que les populations indigènes, refoulées par les conquérants étrangers, devaient le plus longtemps garder leur pureté primitive. En outre, chaque massif de montagnes, considéré isolément, était un refuge pour les populations vaincues des alentours. Ainsi le massif du Galtymore, dans le sud de l'Irlande, et les monts de Tyrconnell, dans la province de Donegal, ont souvent abrité des fugitifs dans leurs vallées et les anciennes mœurs s’y sont longtemps maintenues".

Les plus hautes montagnes de l'irlande, inférieures aux géants de Écosse et même au Snowdon de Galles, s'élèvent dans le comté de Kerry, a l’angle sud-occidental de l’île. Ce sont des chaînes parallèles, orientées un peu obliquement aux degrés de latitude : leur direction est précisément celle des baies profondes qui découpent cette partie du littoral. Les montagnes de Kerry sont disposées à la façon d’une étoffe rayée se ployant en gros plis, qui correspondent chacun à une raie distincte, Les montagnes sont formées de vieux grès rouge, tandis que les vallées dans lesquelles s’avancent au loin les baies marines s'ouvrent dans la roche carbonifère*?. Évidemment toute la contrée, monts et plissements intermédiaires, était autre-

! Sullivan, New lreland.

# Edward Hull. Physteal Geology and Geography of Ireland.

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LAC Dessin de Th. Weber, d'après une photographie.

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