‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 44 sur 552 · CRE · texte numérisé non relu

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entretenues, est menacé d'une extermination prochaine. En échange des espèces éteintes, la Belgique à reçu deux rongeurs, le rat noir et le surmulot, venus en colonies immenses, le premier après les eroisades, le deuxième au siècle dernier, Ne sont-ce pas là des ennemis plus redoutables” pour l'agriculture que ne l'étient l'ours et le loup-cervier "?

L'Ardenne est naturellement la partie de la Belgique où l'ancienne faune a pu le mieux se maintenir, grâce à l'äpreté du sol et aux solitudes que l'homme y laisse encore, Le chevreuil S'y rencontre fréquemment, Le cerf, cet animal st commun jadis dans toute la contrée, se voit encore dans certaines forêts du Luxembourg, surtout aux environs de Saint-Hubert, la ville légendaire des chasseurs : du reste, lextermination complète du cerf serait bientôt accomplie si quelques grands propriétaires ne le protégeaient dans leurs pares pour le plaisir de la vénerie, Le sanglier, plus commun que le cerf, habite aussi les bois de l'\rdenne, d'où 11 fait des incursions, trèsredoutées des cullivateurs, dans le Condroz et jusqu'aux portes de Liège ; il n'est pas même détruit dans lEntre-Sambre-ct-Meuse. Le loup, dont la tôle est mise à prix, le renard, la martre, la belette, a fouime, le putois, le blaireau, le chat sauvage, Pécureuil, le Tièvre, le lapin et divers petits rongeurs, appartiennent aussi à la faune de la Belgique, de même que la loutre, qui pêche encore dans la Semoy, la plus poissonneuse des rivières de la Belgique”. Le petit coq de bruyère et la gelinotte gîtent sur les plateaux incultes. Toutes les bêtes qui vivent sur le territoire belge n'ont pas encore revêtu la livrée de la domesticité, D'après Houzeau, le dernier vestige de l'art chevaleresque de la fauconnerie se maintient à Arendonck, près de

Turnhout : on \ apprivoise le faucon pour la chasse,

On sait quelle importance les anciennes cavernes à ossements de la Bel. gique ont prise dans les études des archéologues; mais les précieux débris qu'on y a découverts ne sont pas seulement ceux d'animaux dont la race a péri: parmi les os épars se rencontrent également ceux des hommes qui habitaient anciennement la contrée, Telle grotte, comme celle de Goyet, dans laquelle on n'a pas trouvé moins de cent emquante «ours des evernes », est certainement fort curieuse; mais on regarde avec un intérèl bien plus vif le trou d'Engis, près de Liège, où Schmerling recueillait, 114 a bientôt quarante ans, un crâne humain, mélé à des ossements de rhino-

céros, d'éléphants et d'autres grands animaux aujourd'hui disparus. Cette

! Sélys-Longehamps, Patria Belgica, LA #0, Mouzeau, Essai d'une géographie physique de lu Belgique.

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AGES PRÉHISTORIQUERS, 75

heureuse trouvaille vint confirmer la découverte de l'homme fossile faite par Tournal, de Narbonne, en 1828; elle démontra victorieusement que l'homme avait été le contemporain de tous ces puissants pachydermes d'autrefois, qu'ilavait disputé la possession de ses antres aux ours d'espèces diverses, à l'hyène, au ion, à d'autres carnassiers, Les preuves fournies par Sehmerling étaient incontestables; cependant Ja routine maintint longtemps encore dans les écoles un enseignement contraire, jusqu'à ce que les découvertes futes dans la vallée de la Somme eussent établi définitivement la vérité,

L'homme le plus ancien du territoire belge est celui dont on à découvert le silex grossièrement tullé dans la tranchée de Mesvin, près de Namur. Contemporain des mammouths et des rhinocéros, n'avait qu'une industrie Loute rudimentaire, comme les hommes de li même époque vivant dans les vallées de la Somme, de la Seine, de La Tamise, I habitait surtout les plaines ; cependanton le rencontre aussi dans quelques cavernes des collines !.

La gracieuse vallée de la Lesse, qui S'unit à celle de la Meuse un peu en amont de Dinant, était rarement visitée naguère, malgré le fier aspect des falaises qui la dominent et les gouffres dans lesquels tournoie Peau eristalline du torrent, Elle devint tout à coup célèbre, en 16%, quand le géologue Dupont eut découvert une partie de ses immenses trésors préhistoriques. Près du village de Furfooz, les parois des rochers qui dominent là Lesse sont percées dun grand nombre d'anfractuosités, dont Fune est le trou des Nütons; la superstition populaire, alimentée peut-être par une vague tradition, y voit la demeure des farfadets, appelés € nutons » et € solais » dans le pays : c'est Roque demeuraient les indigènes aux âges de la pierre, Les troglodytes des bords de la Lesse connaissaient le feu, qu'ils se procuraient par le echec d'un silex sur un rognon de pyrite, Vivant exelusivement de Hi chasse, ils ne possédaient aucun animal domestique, pas mème le chien, Grands carnivores, ils utilisaient pour ki nourriture au moins quarante-huit espèces d'animaux, dont on trouve les débris dans les urottes, Étaient-ils anthropophages? Rien, d'après M. Dupont, n'aurait paru l'indiquer : cependant des ossementis humains fendus et portant des empreintes de dents permettraient de croire qu'au moins les habitants de la caverne de Chauvaux se nourrissuient de chair humaine, comme plusieurs ibus de leurs contemporains d'Europe. Les sauvages troglodytes tinatent beaucoup la parure, à en juger par les nombreux colliers

de coquilles et de dents trouées que lon à découverts sur le sol des

6, de Mortillet, Notes manuscrites.

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