POPULATIONS DE L'IRLANDE
et les Celtes de l’île occidentale présente toute la variété des croisements, quoique le fond de la population reste essentiellement celtique ; mais les races distinctes se maintiennent longtemps à côté les unes des autres sans se mêler. Quelques villes de l'Ulster sont à la fois tiples et unes, comme jadis certaines eités de la Grèce et de l'Italie : ainsi Downpatrick à son quartier irlandais, son quartier anglais, son quartier écossais. Les Allemands sont aussi représentés en Irlande, des colonies de colons du Palatinat ayant été établies près de Galway au commencement du siècle dernier‘, Mais un phénomène ethnologique étonnant, et qui rappelle des faits analogues dans la flore et la faune de l'Irlande, est que jamais on n'a vu de Bohémiens où Gypsies dans cette île. Ces tribus errantes, dont on rencontre des représentants dans les autres contrées de l'Europe et de l'Asie, et même dans l'Amérique du Sud, n’ont point traversé l'étroit anal d'Irlande. Les Juifs, ce peuple omniprésent, sont aussi trop peu nombreux dans Pile nour y former des communautés religieuses.
Quelle que soit la part de l'élément vraiment irlandais dans la population actuelle d'Erin, l’ancienne langue, assez rapprochée du gaëlie des Highlands, dont un dialecte s’est maintenu dans l'ile de Rathlin et dans les Glens of Antrim, au nord-est de Pfrlande, n'a plus qu’une faible importance parmi les idiomes de l'Europe, et en Irlande même il ne se parle plus, concurremment avec l’anglais, que dans le Connaught, surtout dans le Galway, qui mérite son nom de € Pays des Galls », dans les comtés de Kerry, de Donegal, de Waterford et dans quelques districts écartés : en 1851, on évaluait à un million et demi d'hommes le nombre des Irlandais de langue celtique : en 1871, ils n'étaient plus guère que huit cent mille, soit quinze pour cent de la population totale *, L’erse, que l'on écrit toujours en vieux caractères gothiques, comme l’idiome bérla feini auquel il a succédé, ne suffit pas à l’expression de toutes les idées modernes, el l'anglais est désormais la langue de la civilisation en Irlande aussi bien qu'en Écosse et qu'en Angleterre, D'ailleurs, la littérature irlandaise, déjà fort riche, incessamment accrue pour le publie savant par de nombreuses publications, comprend en outre un très-grand nombre de documents manuscrits relatifs aux traditions de lirlande : pour la plupart, ces œuvres
*J.G Koh], Reisen in lrland.
# Nombre des Irlandais parlant encore la langue erse : 23,3 pour 100 en 1851, 19 pour 100 en 1861 ; 15,11 pour 100 en 1871.
(Ravenstein, Barthplaces of the people and the laws of migration.)
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témoignent de mœurs absolument différentes de celles de nos jours. Parmi les nombreux documents irlandais et les anciennes chroniques, la bibliothèque de Trinity-College, à Dublin, renferme les « sept fois einquante » histoires que les poètes racontaient pendant les fêtes devant les chefs et les rois. Ces récits, où se voit à nu l’ancien genre de vie des Irlandais, sont classés de la mamère suivante : Destructions, Massacres, Batailles, Inva-