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LANGUE ET MONUMENTS DE L'IRLANDE

Slieve, de Ben ou de Knock ; les collines, les monticules, les rochers seront toujours des Dun, des Carrick, des Croagh où Croghan, des Clogh, des Ken; les termes de Lough et d’Innish où Ennis s’appliqueront aux lacs et aux îles; ceux de Curragh à des plaines marécageuses, et d’Ana ou Anagh à des cours d’eau ; on reconnaîtra des paroisses ct des villes dan. les noms de lieux qui commencent par Aill et par Bally; More (Grand), Beg (Petit), serviront à représenter le contraste des dimensions entre les montagnes rapprochées, les fleuves, les marais, les indentations du rivage.

Les inscriptions « oghamiques » ou en écriture ogham, qui donnent licu à d'incessantes discussions entre les membres des sociétés savantes, ont été trouvées en beaucoup plus grand nombre sur le sol irlandais que dans l’île sœur. Cette écriture, que lon à pu déchiffrer grâce à des inscriptions bilingues de l'Angleterre méridionale et de Galles, où le texte latin se voit à côté du texte irlandais’, se compose des éléments les plus simples, c'est-à-dire de traits plus ou moins fins, placés verticalement ou obliquement au-dessus et au-dessous d’une ligne droite, soit isolés, soit groupés par deux, trois, quatre ou cinq. Plusieurs inscriptions, les plus récentes, paraît-il, doivent être lues inversement, de droite à gauche. D'après les anciens chroniqueurs, l'alphabet ogham aurait été introduit en Irlande par les Tuatha-de-dananns, bien des siècles avant l'ère vulgaire; il date certainement de l’époque païenne. IL est probable que les caractères oghamiques étaient employés avant les Romains, car on s'expliquerait difficilement la naissance d’une pareille écriture aux temps où l'alphabet latin, plus clair et d’un usage plus facile, était déjà connu *. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'au moins la plupart des pierres oghamiques ont été élevées du cinquième au huitième siècle de l'ère actuelle, et portent des inscriptions et des emblèmes d’origine chrétienne. Quant aux rapports de filiation ou de parenté qui peuvent exister entre les runes scandinaves et l'écriture oghamique, on ne les connaît pas encore.

Les mégalithes, autrefois presque toujours attribués aux Danois, sont très-nombreux en Irlande et l'on y remarque surtout beaucoup de raths ou tertres funéraires : en quelques districts, chaque sommet, chaque rocher porte le sien ; en gravissant les pentes d’une montagne on s'attend d'avance à voir un rath la terminer, Dans le Donegal, les pierres de Raphre, au nombre de 67, forment un temple pareil à celui de Stonehenge ; près de Londonderry, les vastes fortifications de Grianan recouvrent toute une colline; ailleurs, ce sont des dolmens qui s'élèvent en tables au

#* Samuel Ferguson, Proceedings of the R. lrish Academy, Aug 1874. # John Rhys, Proceedings of the R. lrish Academy, Dec. 187.

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