‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 47 sur 552 · LES LEA LEE · texte numérisé non relu

LES LEA LEE

ace germaine qui vinrent s'établir au milieu des Wallons dans le bassin de la Meuse étaient trop inférieurs en civilisation pour ne pas apprendre la langue des habitants. Toutefois leur influence se retrouve dans les dialectes qui prévalent près de la frontière. Le Jiégeois, qui du reste est le langage wallon le plus riche par sa littérature et le plus soigneusement cultivé, sans doute à cause de l'importance de la cité où il se parle, a reçu un grand nombre de mots germaniques, même des tournures grammatica'#s d'origine tudesque, et se distingue par ses fortes aspirations. Le namurois, le montois, le tournaisien se rapprochent davantage des dialectes qui se parlent en France; même le tournaisien diffère peu du « rouchi » de Valenciennes": c'est dans le Hainaut, paraît-il, que l'allemand a eu le moins d'influence sur le dialecte wallon. Pendant tout le moyen âge, les Hennuyers n’ont reçu dans leur pays qu'un très-petit nombre d'immigrants germaniques*. Physiquement, le Wallon est facile à distinguer de son compatriote le Flamand. I a la figure beaucoup plus osseuse, les membres plus forts, le corps plus anguleux ; la chair est moins développée chez lui; il a rarement le teint frais et vermeil que l'on rencontre si fréquemment parmi les Germains de la plaine; il n’a ni éclat ni beauté, On rencontre parmi les Wallons plus d'hommes grands que parmi les habitants des Flandres : c'est dans les ;rovinces à type gaulois de Namur et du Luxembourg que la taille moyenne des conserits est toujours la plus élevée. Les Wallons ont aussi sur les Flamands l'avantage de vivre plus longuement et d'être plus exempis de maladies. Ainsi, tandis que dans les Flandres et dans la province d'Anvers on compte 90 décès pour 100 naissances, on n’en compte que 70 dans les quatre provinces wallonnes de Hainaut, Namur, Liège et Luxembourg. Cette immunité relative des Wallons doit-elle être attribuée à la race, ou plutôt à la plus grande aisance relative et aux meilleures conditions de salubrité? Ils ont plus de bien-être, habitent des régions plus hautes et plus saines et sont groupés en populations moins pressées : de là peut-être une durée plus longue de la vie’. Pendant le moyen âge, les Flamands, que favorisait d'ailleurs la position de leur pays, si heureuse pour le ecmmerce et l’industrie, étaient en moyenne supérieurs, sinon aux Liégeois, du moins aux autres Wallons, non-sculement par la richesse, mais aussi par la civilisation réelle et la pratique de la liberté, Les grandes révolutions dont la Belgique à été le théâtre et les lentes transformations qui se sont accomplies dans la masse du peuple ont fini par déplacer le siège de la puissance, * Alph. Leroy, Patria Belgica, W,.

# Beddoe : -— Vanderkindere, etc * Cuilland: — Bertillon; -— Meynne, ete,

ge É, nd 'ile ent g! :

nee

‘eçu

e le s, le nent Ger- Waldans ‘enne s Flamalars on qua- Cette utôt à brité?

nes el e plus orisait indus- $ aux à civiis dont 1cCOM-

ssance.

WALLONS ET FLAMANDS. x

De nps jours, ce sont les Wallons qui l'emportent par l'activité industrielle et la culture de l'esprit; mais les Flamands ont gardé leur supériorité dans les arts proprement dits : ce sont eux surtout qui donnent au pays ses peintres et ses musiciens. Quant au nombre des Belges de langue française, il est inférieur à celui des Flamands: mais plusicurs colonies wallonnes sont éparses en dehors du territoire national, dans les grandes villes de la Hollande et de la Germanie rhénane : on y vante leur amour du travail, leur persévérance, leur probité. Le caractère liégeois, pris en particulier, se distingue par quelque chose de méridional, la gaieté, l'entrain, la présence d'esprit, l'amour de la plaisanterie.

Les Flamands, devenus plus nombreux dans la plaine basse que les descendants des indigènes, sont des « étrangers », des ç fugitifs » : ainsi l'indique leur nom saxon, Fläminger ou Vlamingen', à moins que l'on ne veuille avee Meyer, dans sa chronique de Flandre, faire dériver eette appellation de vlae, marais*; d’après cette étymologie, les Flamands seraient les « hommes des marais ». Ils purent s'établir d'autant plus facilement dans les régions occidentales de la contrée que celles-ci étaient à peine habitées. De vastes marécages, des lacs formés par le débordement des rivières, s'étendaient en deçà des dunes, et presque tout le reste du pays qui est devenu la Flandre actuelle, la province d'Anvers et le Limbourg, était une plaine de sable aride. Enfin, une large zone de forêts, la grande silva earbonaria, qui vers le sud-est allait rejoindre l'Ardenne, séparait naturellement le pays wallon des terres où s’établirent la plupart des colons germaniques. Dans le Brabant, où des fragments considérables de l'antique forêt subsistent encore, tous les villages situés à l’est de ces bois sont restés wallons, tandis que les villages occidentaux sont flamands”. Mais là où les colons se trouvèrent en contact avec des îles de population romanisée, la distinction des races s’est longtemps maintenue, C'est ainsi qu'au moyen âge on oppose fréquemment les habitants de langue française du pagus mempiscus où « pays des Ménapiens » aux Flamands des alentours".

Dès l'époque romaine, les Germains arrivent en multitudes dans les plaines de la Belgique. Ainsi que le prouvent les terminaisons des noms de villages et plusieurs témoignages historiques, un grand nombre de ces étrangers étaient des Franks : ce sont des tribus de cette confédération qui ont fourni l'élément principal de la nationalité flamande. Cependant le nom

1 H. Leo, Angelsächsisches Glossur

Bauduin, Notes manuscriles.

Vanderkindere, Recherches sur l'ethnologie de la Belgique. Alph, Wauters, Revue trimestrielle, janvier 1867.

JV. 11

Le

même des Flamands doit être attribué aux immigrants saxons qui peuplèrent surtout le littoral, longtemps désigné d'après eux sous le nom de littus

Fr

saxonicum. Îls devaient être des parents très-rapprochés des Anglo-Saxons à qui peuplèrent l'Angleterre, à en juger par les terminaisons de muth, mude, Ê * qu'ils donnèrent aux embouchures de leurs rivières, et de ham que prirent l L plusieurs de leurs villages. Peut-être, ainsi que le pensent des histo- | riens, sont-ils aussi venus par mer en longeant les rivages de la Frise et de la Hollande. Ce qui rend cette hypothèse probable, c’est que l'influence des ; À “ Frisons occidentaux, établis en Zélande, s'étendit au loin sur tout le 4 littoral belge. Des traits de mœurs semblables à ceux du nord de la Hollande hs se retrouvent dans toute cette région, et la ville d'Ostence est même désignée k

par un ancien historien comme un port frison. Aux preuiers colons d'origine saxonne vinrent s'en ajouter d'autres, amenés de force dans le pays par 1 Charlemagne, à la suite de ses grandes guerres. L'existence de ces Saxons ul dans les Flandres donne peut-être la raison du nom de Sachsen porté par ies la colons flamands introduits au douzième siècle en Transylvanie. La plupart ik d'entre eux, venant surtout du littoral, exposé plus que les autres parties de : la contrée aux désastres des inondations, étaient en effet d’origine saxonne. Hi É Les grandes émigrations flamandes ne doivent pas être attribuées à l'amour “ du changement, au goût des aventures; elles ont toujours été imposées par . une dure fatalité : le Flamand est très-casanier, très-attaché à la glèbe Ho où il est né : Oost, acest, ’t huis best’. La disparition de ses champs sous les qh eaux de la mer ou des fleuves le chassait du patrimoine. Les guerres qui te vinrent si fréquemment ravager le pays forcèrent aussi une multitude d’ha- LL Û bitants à prendre le métier de soldats et à se donner comme mercenaires | 14 au plus offrant. 2 même les compagnies de « Brabançons » et les régi- a ments « wallons » parcouraient l'Europe à la solde des rois. cl Les Flamands purs ont, comme les Wallons, un type très-distinet. Ils ont ” les yeux clairs, la chevelure blonde ou châtaine; leur teint est d’une grande ba fraicheur et le sang se porte facilement à la peau au moindre mouvement PAe k de colère. Les contours du visage soñt fréquemment indécis, surtout chez la hs F Yi : nr. : à : d chi î femme, et se déforment de bonne heure : à la beauté donnée par l'éclat dre &. du teint, la richesse du sang, la douceur du regard, peut succéder parfois, que | presque brusquement, la bouffissure, la couperose et la laideur. Les ar-;ens pub ê tableaux, auxquels il faut toujours revenir pour l'étude comparée des types, its indiquent un trait spécial aux visages des Flamands et des Allemands du ts Nord, la séparation du menton et de la joue par un sillon très-fin*, ce qui 47 | A est, à l'ouest, — c'est chez nous qu'en est mieux ! Lie | # Nanderkindere, Recherches sur l'ethnologie de la Belgique. 1

rent httus xons ude, irent 1istoet de re des ut le lande signée rigine s par AXONS ar les lupart lies de xonne.

amour es par glèbe ous les es qui » d’hanaires s régi-

Ils ont grande ement hez la l'éclat arfois, r-'ens types, ds du ce qui

Page 1