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INDUSTRIES MÉTALLURGIQUE ET TEXTILE DE L'ANGLETERRE

des conquêtes autres que celle des métaux, il est certain que nulle n'a plus d'importance. En 1740, le traitement du fer, s'appliquant à une quantité de minerai quatre cents fois moindre que de nos jours, ne se faisait en Angleterre qu’à l'aide du charbon de bois. C'est peu de temps après que commencèrent les premiers essais pour fondre le minerai de fer au moyen de la houille, et en 1796 le travail au charbon de bois était à peu près complètement abandonné. Depuis, l'accroissement de l'industrie a élé rapide en Angleterre, — plus encore en Écosse, — et c'est par centaines de mille tonnes que le produit de la fabrication s’est augmenté chaque décade jusqu'à ces dernières années. Les hauts-fourneaux de l’Angleterre, construits pour la plupart de manière à utiliser tous les procédés nouveaux, pourraient produire au moins 8 millions de tonnes de fer et d'acier; mais le monde n'a pas assez de sécurité matérielle pour acheter tout ce que les usiniers offrent de livrer, et récemment près de la moitic des fourneaux ont éteint leurs feux’. L'industrie métallurgique souffre de cette situation d'attente, mais partout on voit surgir de nouveaux ateliers de machines, d'instruments, d'outils de toute espèce.

L’Angleterre est aussi le pays où, depuis la fin du siècle dernier, c'està-dire depuis l’emploi des machines à vapeur, la fabrication textile a pris le plus d'importance. En 1861, l'Angleterre tissait à elle seule exactement la moitié de toutes les cotonnades du monde; depuis cette époque, la : quantité des produits anglais s’est accrue, malgré de nombreuses oscillations*, mais la proportion relative de son travail est moindre, l’industrie ayant grandi plus rapidement encore sur le continent d'Europe et aux États- Unis. Si l'Angleterre a toujours plus de la moitié des broches et prime ainsi l’ensemble des nations industrielles par sa puissance de production, elle doit néanmoins, par l'effet de la concurrence générale, retarder, même arrêter partiellement le travail dans ses filatures : les tisseurs du continent d'Europe lui ont enlevé plusieurs marchés et fabriquent mieux certaines étoffes ; les États-Unis, dont l’industrie, protégée par des droits différentiels, prend un accroissement considérable, n’ont plus besoin d'acheter les cotonnades dans le Royaume-Uni, et même ont l’audace d'envoyer leurs tissus en plein Lancashire ; il n’est pas jusqu’à l'Hindoustan

£ Fourneaux allumés, 437 ; fourneaux éteints, 437. Ensemble, 968. # Nombre de broches et fabrication du coton dans les diverses parties du monde en 1877 :

Îles Britanniques . . . 39500000 broches. Coton employé 549090 000 kilogr. Continent d'Europe. . . 19603000 » » » 407130000 » États-Unis . . . . . . 10000000 » » » 285560000 » Hindoustan. . . . . 1245000 » 'RRRET 43134000 »

Nan NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

qui ne devienne le rival de l'Angleterre pour fournir aux indigènes leurs vêtements de coton",

La supériorité du Royaume-Uni existe aussi pour la fabrication des étoffes de chanvre, de lin, de jute; Belfast est, de toutes les villes du monde, celle qui tisse le plus de toiles, et Dundee est le centre principal de l'industrie des jutes, quoiqu'elle ait maintenant de puissantes rivales dans l'Inde, aux lieux mêmes de production”. C'est aussi dans la Grande- Bretagne, qui d'ailleurs est le” pays d'Europe fournissant le plus de laine’, que se tissent en plus grand nombre les draps, les serges et autres lainages, dont elle vend à l'étranger une quantité toujours croissante, principalement en tissus à bas prix et de faible qualité. À l'égard de cette industrie, l'Angleterre a toujours une certaine supériorité sur la France, surtout pour le nombre des tapis*; mais elle lui reste de beaucoup inférieure, à la fois en qualité et en quantité, pour la fabrication des soics, l'étoffe par excellence*. Outre les laines, les soies, les crins et les principales fibres textiles, l'Angleterre emploie encore leaucoup d'autres maté-

1 Commerce du coton en Angleterre :

Importation. Réexportation. Mise en œuvre.

45 045 000 kilogr. ,

809040000 » 164820 000 kilogr. 644 220 000 kilogr. 676980 000 » 92503000 » 584477 000 »

% Nombre des broches et des métiers pour la fabrication des étoffes de lin, de chanvre et de jute, en 1877, d'après Neumann-Spallart :

Îles Britanniques. . . . 1475050 broches, #5 111 métiers France 500 000 23036 » à vapeur. 64910 à la main. 414676 500 60 000 »

3 Production des laines dans le monde en 1877, d'après Neumann-Spallart : Iles Britanniques. . . . . . 68850 tonnes. ! Australie 160 000 tonnes. Russie 58900 » République Argentine. . . . 98400 » France 50050 » États-Unis. . . . . . . . . 66200 » Autres pays d'Europe . . . . 113550 » | Autres pays hors de l'Europe. 75050 » 4 Filatures de laine en Angleterre et en France en 1875 : Îles Britanniques. . . . 5348361 broches. 139090 métiers mécaniques. France. . . . . . . . 3305000 » 141650 » »

5 Industrie des soies en France et en Angleterre, 1876 : Importation des soies grège:. Exportation d'étoffes. 543 800 000 francs. 295 000 000 francs.

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