‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 498 sur 552 · ETES PER · texte numérisé non relu

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nation. Mais, on le sait, cette richesse est fort inégalement répartie : l'Angleterre est le pays des immenses fortunes, mais aussi de la misère extrème. Plus de neuf cent mille personnes, la trente-sixième partie de la population, dépendent absolument des paroisses psour leur entretien, et la plupart de ces malheureux sont enfermés en des dépôts où le régime n'est pas moins sévère que dans les prisons. Outre ces pauvres officiels, il faut tenir compte de deux millions d’indigents qui demandent à leurs paroisses des secours temporaires. Depuis le‘ règne d'Élisabeth, le droit à l'assistance est reconnu par les lois anglaises, mais c’est au lieu d'oriyine seulement que le pauvre peut trouver l'aide qui lui est nécessaire : un repas fortuit, un gite d’une nuit, c’est tout ce qu'il peut espérer d'obtenir en dehors de la commune natale. C'est vers 1850 que la taxe des pauvres pesait le plus lourdement sur les finances de l'Angleterre: elle représentait alors une somme annuelle de 225 millions de francs et le nombre des misérables allait toujours croissant. Des paroisses furent même obligées de faire banqueroute, de vastes étendues de terrains tombèrent en friche; les propriétaires ne trouvaient plus de locataires pour alfermer les domaines sur lesquels pesait la taxe. Dans la paroisse de Sunderland, où l'on comptait à cette époque environ 17000 habitants, 14000 étaient inscrits sur les rôles de la bienfaisance publique". À la suite d’une sévère enquête, on décida que les secours à domicile, qui étaient alors la règle, deviendraient une exception, et que l'entrée du workhouse serait désormais la condition première pour les pauvres faisant appel à la charité de la commune. Cependant les quatre cinquièmes des pauvres sont encore de nos jours assistés à domicile : les mœurs l'ont emporté sur la loi. De mème que pour la plupart de leurs autres intérêts, les Anglais ont créé pour l'assistance publique une circonscription spéciale, différente du comté, de la municipalité, de la paroisse : ils lui ont donné le nom de poor-law union (union charitable) ; en moyenne, chacun de ces districts comprend 25 paroisses ou townships. Chacune est administrée par un conseil que l'on appelle « bureau des Curateurs » (board of Guardians) et qui se compose de membres de droit, en vertu de leur richesse et de la valeur de leurs propriétés, et de membres électifs, nommés par les contribuables et renouvelés annuellement. Le principal coût de l'assistance des pauvres pèse sur l’ensemble des unions, afin d’équilibrer les charges sur toute l'Angleterre. En Irlande, l'administration du fond des pauvres se fait à peu près de la mème manière que dans les

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