ÉTAT SOCIAL DES ILES BRITANNIQUES
qui compte ##578 membres et dispose d'un capital de 6 878 650 francs. D'après M. Howell, les diverses sociétés locales ne sont guère moins de 3000; le nombre des sociétaires dépasse 1 250 000 et leur revenu annuel doit s'élever à près de 50 millions de francs.
De même que la misère, le crime a diminué, et dans une proportion telle qu'on ne saurait voir dans ce phénomène une simple fluctuation temporaire : ilest certain que les mœurs s’adoucissent en Angleterre ‘, Les attenlats contre les personnes, les violences, les meurtres y sont toujours plus nombreux qu’en France, mais ces crimes deviennent plus rares d'année en année : quant aux délits et aux contraventions, pour lesquels on observe une proportion inverse entre les deux pays, les juges anglais sont plus tolérants que la magistrature française, et il est difficile d'établir des comparaisons pour la statistique morale, puisque les éléments d’appréciation diffèrent*. L'Irlande fournit à la statistique des crimes beaucoup moins de cas que la seule ville de Londres; celle-ci représente à elle seule le tiers de la criminalité britannique. Un des vices les plus répandus dans la nation est l’abus des liqueurs fortes. En parcourant les rues des grandes villes d'Angleterre, on est frappé, surtout le samedi soir, Ju nombre considérable de femmes ivres que l'on rencontre. Pendant l'année 1876, la seule prison de Westminster a reçu 5588 femmes con- «lamnées pour ivresse publique. Les public houses sont remplies de buveurs. Aussi le nombre des malheureux atteints d’aliénation mentale et de délire alcoolique est-il très-fort et va progressant de décade en décade. Le vice de l’ivrognerie est une grande source de revenus pour le gouvernement anglais, à cause des droits de douane que l'État perçoit sur les spiritueux. L'Église anglicane, propriétaire de plusieurs centaines de cabarets fort bien achalandés, prend sa part de cet immense profit.
4 Criminalité anglaise :
Accusés. Condamnés. Accusés. Condamnés, Accusés. Condamnés. Angleterre et Galles. . 20818 15799 20091 15033 16078 12195 Écosse, . . . . . . 3384 2705 2490 2039 Irlande. . . . . . . 4550 2753 4146 2 344 Royaume-Uni. . . . ' 28005 20469 22714 16578
* Bertillon, Encyclopédie des Sciences Médicales 5 Consommation de bière, de vins et de spiritueux dans les Iles Britanniques, en 1873, d'après
Dawson Burns * 693 086 000 litres, représentant 33 000 000 litres d'alcool pur. Coût de la boisson dans le Royaume-Uni : 3125000000 fr., soit 95 fr. par tête.
4 Edward Jenkins, The Devil's Chain.
Les enfants du Royaume-Uni ne jouissent pas tous de l'instruction, puisque dans la capitale même on évalue à plus de 200 000 les places qui devraient être encore occupées sur les bancs des écoles; cependant les progrès de l'instruction publique ont été très-considérables dans ces dernières années. C'est en 1818 que le Parlement britannique intervint pour la première fois dans la surveillance des écoles, qui jusqu'alors avaient été laissées uniquement à l'initiative privée. En 1854, 1l accordait des subsides à divers établissements; quelques années après, il instituait un conseil privé d'éducation, puis il fondait des écoles industrielles, établissait des conseils d’examinateurs, réformait les grandes écoles de « grammaire » En 1870, l'instruction obligatoire, sous une forme indirecte, était votée pour l'Angleterre et le pays de Galles ; deux années plus tard, une loi analogue “tait appliquée à l'Écosse. Quant à l'Irlande, elle avait déjà depuis le milieu du siècle ses « écoles nationales », fondées par le gouvernement pour soustraire les enfants catholiques à la direction exclusive d’instituteurs anglicans. L'éducation publique ne s’est développée nulle part suivant un plan étudié à l'avance : elle a dà partout son origine à l'initiative des corps religieux ou des individus, et maintenant encore le Parlement n’intervient qu'avec réserve dans les écoles non fondées ou subventionnées par l'argent de l’État : il n’a pas même interdit les coups, et la « verge » est toujours en honneur chez les maîtres anglais. Actuellement 15 000 écoles sont, en Angleterre et dans le pays de Galles, sous la surveillance du gouvernement et plus du septième de la population pourrait y trouver place'. La proportion des Anglais complètement ignorants de la lecture et de l'écriture est un peu moindre que celle des Français illettrés ?. La région où les ignorants sont le plus nombreux est formée des comtés du centre occidental, le Staffordshire, le Lancashire, le pays de Galles : le Westmoreland*, la contrée dont les paysans ont su garder le plus longtemps leur
1 Écoles d'éducation élémentaire inspectées en Angleterre (1876) * 14870.
Nombre des places en 1878... . . . . . , . . 3 626 000
CET CCI EN CT PREMIER 2458274 soit 1 sur 10 hab. Écoles de l'Écosse en 1876. . . 2529 avec 302262 écoliers, » 4 » 12 »
» de l'Irlande en 1875 . . 79257 » 1006121 » » À » 5.3»
2 Proportion des illettrés en Angleterre, d’après Frederick Martin :
1841 à 1845. . . Hommes 32.6 pour 100. Femmes 48.9 pour 100. 1871 à 1875. , . » 185 » 25.2 »
3 Proportion des illettrès en 1875 :
Westmoreland , . . . . . . . . . . . 8 hommes, 8 femmes. Staffordshire, . . . . . . . . vhs ‘00 » 57 » Moyenne de l'Angleterre , . . 4 . , . . , 17 » 25 »