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FÂROER, ISLANDE, JAN MAYEN

LES FÂRÔER

Les « Iles des Brebis » ou des « Navigateurs », — car les étymologistes ne sont pas d'accord sur le sens probable du nom Fürôer, — sont une dépendance politique du royaume de Danemark; mais, géographiquement, elles n’appartiennent point au groupe des terres scandinaves. Archipel isolé au milieu de l'Atlantique, elles sont entourées par des abimes de plusieurs centaines de mètres de profondeur : le plateau sousmarin qui les porte forme dans l'Océan une sorte de piédestal quadrangulaire, et c’est précisément à l’orient, dans la direction de la Scandinavie, que s'ouvre la fosse la plus profonde. Les Färôer sont deux fois plus rapprochées des archipels calédoniens, Shetland, Orcades, Hébrides, que du littoral norvégien le moins éloigné, et c'est également aux Hébrides que le banc des Färôer se rattache par un seuil sous-marin. À en juger par l'orientation générale des terres, il semble que les l'ärüer sont le débris d'une ancienne chaîne de montagnes dont Rockall est un autre fragment, et que cette chaîne se développait parallèlement aux arètes des îles calédoniennes et de la haute Écosse, Par ses roches, son climat, sa flore et sa faune, l'archipel des Färôer ressemble également aux îles voisines de l'Écosse ; mais, par l’histoire de leurs habitants, ces terres sont, les unes et les autres, scandinaves et non britanniques.

Comme les Shetland et les Orcades, les Färôer se composent de grandes iles faiblement peuplées, d’ilots mhabaités, mais offrant quelques pâturages pour les brebis, et de rocs stériles, autour desquels les oiseaux

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tourbillonnent en nuées!, Presque partout le sol est montueux et se redresse en promontoires et en collines : dans les îles de Stromô et d'Osterô, plusieurs sommets dépassent la hauteur de 600 mètres : le Slattaretindur, au nord d'Osterô, se dresse à 840 mètres, Les roches, recouvertes d’une mince couche de terre végétale, sont gazonnées où moussues, et du rivage de la mer aux cimes les plus élevées se succèdent les nuances délicates des herbes et des bruyères, Les maisons, éparses pour la plupart, sont de la même couleur que les collines, à cause des mottes de gazon qui en forment la toiture : même à une faible distance, il est difficile de les reconnaître ?, De même que les rochers de l'Écosse et de la Scandinavie, ceux des Färüer sont striés par les glaces : en maints endroits, on reconnait nettement à des lignes tracées dans le sens de l’est à l’ouest et du nord au sud que l'archipel, alors à peine émergé des flots, était parcouru par des trainées de glaçons flottants tombés des glaciers norvégiens.

Les formations de l'archipel sont en grande partie d’origine volcanique : ce sont principalement des basaltes superposés en terrasses et délités à l'extérieur, de sorte qu’un peu de mousse se montre çà et là sur les colonnades et qu'en hiver on aperçoit des strates de neige blanche sur la roche noire, € semblables aux pièces de toile étendues sur les collines autour des villes de manufactures » ; mais quelques promontoires, surtout dans Osterë ou l'Ile Orientale, offrent des rangées de piliers droits et superbes comme ceux de Rathlin et de Stalfa. Ces basaltes datent probablement de l'époque miocène : des terrains sédimentaires, que l’on rencontre dans l'Ile du Sud (Suderë) et dans les ilots Mygenäs et Tindholm, et qui renferment du charbon, sont probablement du même âge. Blocs séparés d'un ancien massif, les roches de l'archipel se correspondent de falaise à falaise, mais la mer qui les a rompues promène entre eux ses marées et ses courants par de profonds détroits. Quelques-unes des falaises sont percées de grottes et de cavernes : une île même, Nalsô, près de Thorshavn, est percée de part en part comme une aiguille, — ce qui lui à valu son nom, — et l’on peut la traverser à marée basse sous une voûte de 500 mètres d'épaisseur *. Quelques-unes des falaises du nord des îles, eoupées à pie par le heurt des vapeurs de l'Atlantique, se dressent presque verticalement à des centaines de mètres de hauteur. Tel est le promontoire

1 Superficie approximative des Füroër. Population en 1876. Population kilométrique, 1533 kilomètres carrés, 10600 habitants. 8 habitants,

# Wyville Thomson, Depths of the Sea.

* Tracings of Iceland and the Feroe Islands.

Charles Forbes, Iceland, its Volcanoes, Geysers and Glaciers.

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