LACS ET FJORDS DE L'ISLANDE
cachées. Les lacs sans émissaires visibles qui sont épars en multitudes dans certaines régicns de l'Islande ne sont point salés, soit parce que les eaux s'en écoulent souterrainement, soit parce que les laves modernes qui les contiennent dans leurs vasques résistent à la destruction et que l'eau ne peut ainsi leur enlever de particules salines'.
Sur le pourtour de l'Islande, les lacs se rapprochent en maints endroits des fjords extérieurs dont ils faisaient autrefois partie, et même çà et là on voit quelques nappes d'eau qui semblent appartenir en même temps à la terre et à la mer, Ainsi les voyageurs Olafsson et Pälsson parlent d'un lac qui se trouve au nord du Snæfells-Jôkull, sur les bords de l'Olafs-Fjürdr, et où l’on pêche encore, à côté de poissons d'eau douce, plusieurs poissons de mer, la morue ordinaire, la morue noire, le flétan et la raie, lous de plus petite taille que ceux du large, mais très-appréciés à cause de l'excellence de leur chair. En hiver, les habitants percent des trous dans la glace du lac afin de pouvoir pêcher ces poissons à la ligne. I n'y a probablement pas d’exemple”sur la Terre d'un golfe d’eau salée changé en réservoir d’eau douce, où la naturalisation des espèces marines se soit accomplie pour autant de poissons. Les mêmes explorateurs islanduis citent aussi, parmi les lacs à demi maritimes, le Diupalôn, situé près de l'extrémité du promontoire du Snacfells-J6kull. Ce lac est séparé de la mer par un rempart de laves, mais il communique avec elle, puisqu'il s'élève et s'abaisse avec le flux et le reflux. Cependant l'eau du Diupalôn est douce; le flot marin agit donc souterrainement à la manière de l’eau qui soulève le niveau des « puits à maréyage » creusés sur le bord de la mer. En pénétrant dans les fissures profondes, la marée se glisse au-dessous des eaux plus légères du lac et les fait monter peu à peu ; puis, en s’enfuyant, elle les laisse retomber : en moyenne, l'effet du flux et du reflux marin se fait sentir dans le lac avec une heure de retard,
Les côtes de l'Islande sont découpées de fjords nombreux ; la péninsule nord-occidentale, s'avançant dans la mer en forme de bois de cerf, présente surtout le plus curieux exemple de rivages dentelés. Cependant l'île, prise dans son ensemble, est moins bizarrement tailladée que la Norvège, le Groenland, l'Écosse seplentrionale, les Hébrides. La cause en est probablement aux fréquentes éruptions volcaniques et à la distribution plus rapide des alluvions qui en est la conséquence. Les cendres rejetées par les volcans, les crues soudaines produites par la fusion des glaces aux alentours des cratères, les courants de laves ont comblé la plupart des
4 Richard Burton, Ultima Thule!
Gjords sur la face méridionale de l'Islande ; il n'en reste plus que des estuaires où même des marigots déjà séparés de la mer par des flèches de sable, La plaine des Geysirs était jadis un fjord et l'on peut encore en reconnaitre les contours, Au nord des iles de Vestmann, non-seulement
N° 209, — DÉNINSULE DUTNONDOUEST DE L'ISLANDE,
23°40° 0. de Gr