‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 528 sur 552 · ALMANNAGJA, FLEUVES DE L'ISLANDE · texte numérisé non relu

ALMANNAGJA, FLEUVES DE L'ISLANDE

laves de la plaine. Trois de ces fissures se réunissent de manière à isoler presque complètement un énorme bloc de lave revêtu de gazon : ce bloe, qu'un isthme étroit rattache au reste de la coulée, est l'Alping, forteresse naturelle que le peuple islandais avait choisie pour en faire le siège de son parlement. Une butte qui s'élève vers l'extrémité septentrionale de la péninsule rocheuse était le lieu de délibération des juges, le Lôgberg, la « Montagne de Ja Loi ». Lorsque, par un beau temps, on contemple du haut du Lôügberg le panorama de la vallée, on se demande s’il se trouve dans le monde entier un seul paysage qui offre tant de grâce charmante mêlée à tant d’austère grandeur. C'est là que pendant des siècles s'assemblèrent les délégués du peuple. L'Homme de la Loi prenait place sur le degré le plus élevé des laves ; les assesseurs du haut tribunal, assis sur des degrés inférieurs, se groupaient autour de lui; des sentinelles gardaient l'isthme de l'entrée, et de l'autre côté “e la fissure s’étagcait le peuple, écoutant la lecture des résolutions et les sentences prononcées par le congrès du haut de la montagne. Les criminels étaient précipités dans le gouffre après la proclamation des juges, tandis que les magiciens et les sorcières étaient brûlés sur un bûcher dressé sur une pointe de roc. Au bord de la rivière, dans les basses prairies, s'élevait une ville de tentes pour la population de l'ile. Le ping n’était pas seulement la grande assemblée politique, c'était aussi le marché annuel où pendant huit jours se faisaient les échanges de toute la nation : de là le nom de l’Almannagjä, la « Cluse de Tous les Hommes ». Maintenant l’Albing n’est qu’un maigre pâturage souvent désert,

Lorsque le printemps a descellé les dalles glacées des lacs et fondu les neiges des plaines et des collines, l'Islande est abondamment arrosée ; les eaux coulent de toutes parts, si ce n’est dans les régions où les cendres couvrent le sol en couches épaisses, car l'humidité provenant de la neige ou de la pluie s'enfuit auss:tôt dans ces matières sans cohésion, et la contrée reste stérile, sans ver lure aucune : telle est, au centre de l'ile, immédiatement à l’ouest de l'Odada Hraun, la région connue sous le nom de Sprengisandr, ou de « Sables qui erèvent », parce que les chevaux des voyageurs qui traversent cette solitude risquent d'y périr : on n’a osé qu'en 1810 traverser ces solitudes pour la première fois ‘. Quelques-unes des rivières qui naissent autour de ce désert et sur les pentes du Vatna- Jôkull sont de véritables fleuves par la masse liquide. La djorsé, qui naît

4 Watts, Aoross the Vatna Jükull,

au nord du Skaptar-Jükull et qui reçoit toutes les eaux de la région de l'Hékla, l'Olfusa, où s'écoulent, avec la Hvitä, les tièdes ruisseaux des Geysirs et lémissaire du Pingvalla, sont, au sud-ouest de l'ile, les deux grands cours d'eau de l'Islande historique; au nord et au nord-est, quatre rivières abondantes descendent du plateau glacé de Vatna, le Skjälfjandifliét, les deux Jokulsä ou les « Eaux du Glacier », et le Lagarfiôt. La Jokulsä de l’ouest, qui limite à lorient le pays du soufre, est le fleuve le plus considérable de l'Islande et l'une de ses chutes est le fameux Dettifoss, qui plonge d'un mur perpendiculaire de basalte en une nappe de 60 mètres de hauteur et de plusieurs centaines de mètres de largeur. Ce cours d’eau puissant est difficile à traverser, même là où ses eaux sont contenues entre deux berges régulières ; mais combien plus dangoreux est le passage, lors de la fonte des neiges, quand les flots débordés se répandent au loin sur un sol incertain, qui fuit sous les pas des chevaux! Sur le versant méridional de l'Islande, les crues, descendant par une pente rapide, arrivent soudainement et recouvrent à droite et à gauche les terres basses du littoral : aussi les torrents glaciaires sont-ils presque infranchissables ; leur régime change constamment de saison en saison et d'année en année, Les indigènes de la côte orientale qui se rendent à Reykjavik préfèrent contourner au nord tout le massif du Vatna-

Jükull et allonger ainsi considérablement leur voyage, que de s'exposer

aux rivières changeantes et chargées de glaces qui s'échappent de la base méridionale du plateau. Ils redoutent surtout les Skeidärar-Sandr ou € Nables Tremblants », qui s'étendent sur plus de 1000 kilomètres carrés au sud du Vatna-Jükull.

L'Islande n’a pas un seul lac de grande étendue : ses nappes d’eau les plus vastes sont, au sud le bingvalla, au nord le Myvatn, celui-ci parliellement comblé de 1724 à 1750 par les cheires sorties des volcans de Krafla et de Leirhnükur; mais l’île a des centaines, des milliers de bassins de moindres dimensions, du lac proprement dit à la simple vasque. Comme dars l'ile d'Érin, on peut de mainte colline apercevoir à la fois des Jacs sans nombre, les uns brillant à la lumière, entre des berges vertes, les autres ternes et comme sans vie, visibles à peine entre les roches sombres des alentours. Comme en Irlande aussi, un grand nombre de lacs sont en suspension, pour ainsi dire, dans les mousses des lourbières, et se trouvent retenus, non-seulement dans les dépressions des vallées, mais sur les pentes des collines : en diverses régions de l'Islande, on peut voyager pendant des journées entières, par monts et par vaux, en

cheminant sans cesse sur le sol élastique des tourbes, au-dessus des eaux

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CLUSE D'ALMANNAGIA.

Dessin de Sorrieu, d'après une photographie.

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