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HOTEL DE VILLE DE LOUVAIN

Dessin de Thér ÿ Û de Thérond, d'après une photographie de MM. Lévy et C:

LOUVAIN, MALINES. Lu E

déchéance par l'aspect même de ses places et de ses rues. Entourée d’un boulevard cireulaire transformé en une belle promenade, elle ne recouvre plus tout l’ancien emplacement, et des vergers, des champs, des pâturages, en occupent une bonne partie, les vastes places sont presque désertes, si

ce n'est vers le centre de convergence des rues principales. L'hôtel de ville

est un des plus beaux monuments de la Belgique, et de tous c’est le plus ” richement décoré de sculptures extérieures , on a comparé ce chef-d'œuvre * de Mathieu Layens, « maître maçon, » à une châsse, à un immense coffret

d'orfèvrerie. Les anciennes halles de Louvain renferment la bibliothèque,

et les églises, surtout celle de Saint-Pierre, possèdent quelques œuvres $ d'art, tableaux, sculpiures, boiseries. Vue du mont César, colline qui porte + les ruines du château des dues de Brabant, la ville, avee les hauts édifices \ qui la dominent, présente encore une apparence de grande cité,

Malines, la Mechelen des Flamands, située également sur la Dyle, mais en aval du confluent du Demer, ressemble à Louvain à la fois par son histoire et par son aspect. C'est aussi une ville déchue, ayant perdu la plus forte part de son industrie ; elle aurait eu parmi ses ouvriers plus de douze mille tisserands et fournissait jadis tous les Pays-Bas d'objets en métal, de chau- …drons et de cloches; ses cuirs dorés, dont on faisait des tentures, étaient expé- “diés au loin, et le « point de Malines », qui se distingue des autres dentelles par le fil plat dont sont entourées les fleurs, était apprécié dans toute l'Europe. De nos jours, quelques ateliers de femmes fabriquent encore de la « malines » dans la ville même qui a donné son nom à cette dentelle; la manufacture des tapis introduite à Malines produit de beaux gobelins »; mais cela ne suffit pas pour faire de la ville un centre ñ dustriel et les rues des anciens quartiers sont restées solitaires. Seul e nouveau quartier construit près de la gare est assez animé, car Malines a longtemps été, au lieu de Bruxelles, la station centrale des chemins de fer de la Belgique et les trains s'y croisent presque incessamment. Grâce sa rivière, que gonfle un reste de marée, el au canal de navigation qui l’unit Louvain, Malines est aussi un port fréquenté. Au quatorzième siècle, elle avait un important chantier de construction navale‘.

Malgré ces avantages commerciaux, la ville est une de celles qui sont e plus rongées par le paupérisme, et le nombre des indigents s’y est élevé barfois au tiers de la population?: c’est la charité, et non le travail, qui subpient aux besoins des faméliques, et la charité ne peut qu'entretenirla misère,

1 Ernest Van Bruyssel, Patria Belgica, I.

* Population de Malines en 1857 : 31156 habitants (39 p. 100 en 1877). Indigents secourus une manière permanente ou temporaire : 9969.

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non l’amoindrir. Mais la pauvreté d’un grand nombre des habitants n'empêche pas que les vieilles maisons, avec leurs étages surplombants et leurs pignons en escalier ne justifient le surnom de « Malines la Propre ». Les rivalités de cité à cité lui ont fait donner aussi l’injuste sobriquet de « Ville des sots » : Gaudet Mechlinia stulhs, répétaient autrefois les étudiants de Louvain. Métropole religieuse de la Belgique, depuis Philippe IT, qui institua l'archevêché, Malines a l’une des plus belles cathédrales du nord de l’Europe; mais la tour, de dimensions colossales et tout à fait hors de proportion avec le reste de l'édifice, est restée inachevée; pourtant elle s'élève à 98 mètres de hauteur. L'intérieur de l’église est d’un effet saisissant et l’on y voit quelques tableaux de prix. La plus précieuse des œuvres d’art que possède Malines se trouve dans une autre église, celle de Notre-Dame : c’est un triptyque de Rubens représentant la Pêche miraculeuse et peint pour la corporation des pêcheurs.

Les deux Nèthe, qui, réunies en un seul courant, vont s’unir à la Dyle età la Senne pour former le Rupel, arrosent le nord-est de la Belgique, la région la moins peuplée de la Campine. Quelques communes importantes se voient pourtant dans cette contrée. Telle est, dans le voisinage de la frontière hollandaise, la ville de Turnhout, qui possède des fabriques de draps et fait un assez grand commerce avec la Neerlande; telle est aussi, au confluent des deux Nèthe, Lierre (en flamand Lier), qui renferme aussi de nombreux établissements industriels, brasseries, raffineries et filatures, où l’on voit une église ogivale du quinzième siècle, l’un des édifices religieux les plus remarquables de la Belgique. Herenthals, dite la « capitale de la Campine », ct située à moitié chemin des deux villes, est beaucoup moins considérable et Moll n'est qu’un gros bourg. C’est dans le voisinage que se trouve la grande commune de Gheel, unique au monde par ses colonies d’aliénés vivant librement dans les familles des cultivateurs. Déjà en 1286 on avait fondé à Gheel un hospice pour les aliénés; mais depuis un temps immémoril les fous y étaient conduits pour toucher les reliques de sainte Dymphna, patronne des insensés. Quatre médecins sont chargés de la surveillance du district, où vivent environ 900 aliénés",

La petite rivière de la Senne, moins abondante que la Dyle et la Nèthe, a beaucoup plus d'habitants dans son bassin : c’est là que s'élève Bruxelles, devenue la capitale du royaume, et plusieurs autres villes importantes s’, rencontrent à de faibles distances les unes des autres. Seneffe, près des sources de la Sennette, rappelle de nombreux combats; Nivelles, qui fut jadis un

* Ramon de la Sagra, Voyage en Hollande et en Belgique; — Jules Duval, Gheel.

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