MONS, TOURNAY
ivra la terrible lutte, à 16 kilomètres au sud-ouest du Malplaquet belge. À l'ouest de Mons, les Français, commandés par Dumouriez, remportèrent en 1792 la grande victoire de Jemappes.
Entre Mons et Charleroi, les centres les plus importants du bassin houiller sont la Louvière et la ville pittoresque de Binche, à l’ouest de laquelle, au château d’Estinnes, le roi Dagobert eut longtemps sa résidence; Anderlues, Morlanwelz, Carnières, Houdeng-Aimeries et Houdeng-Gœgnies, sont aussi des communes populeuses de cette région; de l’autre côté de Mons, vers Tournay, Péruwelz est une commune fort industrieuse, de même que Baudour, située au nord-ouest, non loin des sources de la Dendre.
Tournay ou Tournai, la ville la plus vénérable de la Belgique par son antiquité, dépasse toujours le chef-lieu du Hainaut en nombre d’habitants. Habitée d'abord par les Nerviens, puis ville gallo-romaine et résidence des chefs d'un royaume franc salien, Tournay a de tout temps gardé l’importance que lui donnait sa position sur les deux rives de l’Escaut, au point de convergence de plusieurs chemins naturels de commerce. Aux larges quais de la ville sont toujours amarrés de nombreux bateaux, pour la plupart chargés de houille. La cathédrale de Tournay est un édifice roman, construit presque en entier pendant la dernière moitié du douzième siècle ; le chœur ogival est des commencements du quatorzième siècle. Cette église, dominée par cinq tours, — de là le surnom que l’on donne à Tournay, « ville aux choneq clotiers, » — est le monument du moyen âge le plus remarquable et le plus original de la Belgique : sur les mille chapiteaux de ses colonnes et de ses colonnettes, il n’en est pas deux de semblables, tant les sculpteurs ont suivi leur fantaisie’; l’école de sculpture qui existait à Tournay au milieu du quatorzième siècle était alors la première en Europe. Le beffroi de Tournay, récemment restauré, est le plus ancien de la Belgique : il date de la fin du douzième siècle; en outre, la ville possède deux maisons particulières de la même époque, et l'on sait combien peu d'édifices privés ont échappé aux incendies et aux dévastations de toute espèce qu'ont subis les cités d'Europe depuis le moyen âge. La principale industrie locale est celle de la bonneterie et des tapis : c’est encore une industrie que le Tournay du moyen âge a léguée à la ville moderne, mais elle a passé par une longue période de décadence, et les procédés de fabrication, de même que les produits, ont dû se modifier fréquemment, suivant les caprices de la mode et la concurrence des cités rivales. La plus grande partie des tapis et des objets de bonneterie sont tissés à domicile, et l'artisan jouit ainsi de plus
!Buls, Patria Belgica, II.
d'indépendance dans son travail. Dans le monde commercial, Tournay est aussi devenue célèbre par ses jardins : le sol des environs, profond et de nature argilo-calcaire, est très-favorable à la culture des poiriers et des autres arbres de la même famille. Plusieurs variétés de « fruits de dessert » ont été créées dans le pays même. On exporte beaucoup de chaux des collines environnantes".
Audenarde (Oudenaard), située également sur l’Escaut, entre Tournay et Gand, n’a pas maintenu son rang parmi les communes de Flandre; elle n'est pas même aussi populeuse que Renaix ou Ronsse, ville moderne de filatures, bâtie au sud, dans les campagnes éloignées du fleuve, qui déjà se relèvent en pe ‘‘?s collines. Mais Audenarde a gardé les édifices qui témoignent de son svwrisnne gloire : l'hôtel de ville, du seizième siècle, est un monument ogivai de style fleuri, surmonté par une tour couronnée et renfermant une vaste si, ornée d’une admirable porte sculptée de la Renaissance. Deux églises, en partie romanes, furent construites, l’une au douzième siècle, l’autre au treizième siècle, et souvent les tireurs d’are d’Audenarde, qui remportèrent tant de prix sur leurs rivaux dans les fêtes populaires, vinrent y faire consacrer leurs trophées. La ville a perdu l'industrie des tapis de haute et basse lisse, qui faisait son importance au milieu du seizième siècle et à laquelle travaillèrent de 12 000 à 14000 personnes”. Autour d’Audenarde, des terres noyées rappellent les sièges fréquents qu’eut à soutenir la ville et les inondations qui la défendaient mieux que ses murailles.
La rivière Lys, qui va rejoindre l’Escaut dans la cité de Gand, entre en Belgique en baignant les quais de plusieurs villes populeuses. Elle sépare
! Communes du bassin de l’Escaut, dans le Hainaut, ayant plus de 5 000 habitants au 1°" janvier 1877 :
TOURAINE TE Le 32150 | Péruwelz. , . , . , , . , . ,, 7 950 MORE ET 24300 | Binche. . . . . . . . . . . . . 7 850 Quaregnon . . . . . . . . 12150 | Soignies . . . . . . . . . . . 71750 Wasmes-en-Borinage . 41700 | Braine-le-Comte . . . . . . . . . 6 950 ë Jemappes. . . . . . . . . 10800 | Lessines . . . . . . . . . . . . 6 700 2 Pâturages. : . . . . . . . ADO | OUR. 6 00 nus 6 300 ë Frameries . . . . . . . . 9950 | Morlanwelz . . . . . . . . . . . 6 200 5 DR Ne ees dU an TR 9850 | Baudour . . . . . . . . . . . . 5 800 2 Boussu-lez-Mons . . . . . . 8650 | Houdeng-Aimeries . . . . . . . . 5 650 OEM HOME ren ee peut 8106 | Seneffe, . . . . . . . . . . ss 5 600
Cuesmes . . . . . . . . . 6700 | Carnières, . . . . , , . . . . . 5 500
La Bouverie. . . . . . . . 6300 | Ellezelles, . , . . . . . . . . . 5 450 La Louvière. . . . . . . . . . . 10200 | Anderlues . . , . . , . . . . . . 5 300 An enr e le ure t ANEN 8850 | Ecaussines d'Enghien, . . . . . . . 5 200
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