GAND
à Gand : on a vu parfois le cinquième de la population dépendre de la charité pour son existence.
Les principaux établissements industriels de Gand sont des fabriques de lin, de coton et de laine; une des filatures, celle de la Lys, est une des plus vastes de l'Europe : la nuit, on voit briller de toutes parts les mille scintillements des fenêtres d'usines‘. Gand dit être devenue la « Manchester belge », mais il lui faudrait un « Liverpool » plus rapproché qu’Anvers : de là les efforts de son commerce pour obtenir des communications faciles avec le port hollandais de Terneuzen. Et ces efforts n'ont pas été vains : l'ancien canal, dont la profondeur était seulement de 4",20, recevait déjà, d'année en année, un nombre croissant de navires chargés de bois, de lin, de charbon’; il donne accès aux bâtiments de 6 mètres de tirant d'eau : on à vu un navire de 655 tonneaux amené dans le bassin de Gand, devenu maintenant le troisième port de la Belgique. Mais, outre ses manufactures et son commerce maritime, la ville flamande possède une industrie spéciale dans la culture des plantes d'ornement ; plus encore que Bruxelles et que les autres cités de la Belgique, Gand mérite de porter le nom de « Ville des Fleurs ». Son jardin botanique est admirable ; ses expositions florales sont des merveilles ; c’est une fête de se promener sur le marché aux fleurs ou dans les serres des amateurs et des jardiniers”.
Dans le district de Gand et dans les plaines de l’Escaut jusqu'aux murs d'Anvers, les grandes communes sont nombreuses. Au sud, Ledeberg, sur l'Escaut et à la jonction de plusieurs chemins de fer, n’est qu'un faubourg avancé de la ville, de même qu’à l’est le bourg de Mont-Saint-Amand (Sint-Amands-Berg); au nord-ouest, Eecloo, situé sur le faîte à peine apprécable qui sépare de l'Océan l’Escant moyen, est une petite ville industrielle; Somerghem, Everghem, Calcken, sont des centres agricoles; Wetteren, sur la rive droite de l’Escaut, est connue des buveurs pour son excellent aitzet ou forte bière brune; Lokeren, au nord de l’Escaut, est une ville manufacturière, ayant de grandes blanchisseries, de même que les communes voisines, Zele et Moerbeke-lez-Lokeren ; Stekene, près de la frontière
! Filatures de coton à Gand, en 1875 . 480 000 broches,
» de lin » RO et que ÿ ï 100 000 »
Ouvriers des fabriques A ne TE MEN EN TR EP 9 GS 45 000 * Mouvement du port de Gand à l'entrée :
1841. 241 navires jaugeant . . 30 102 tonnes. Jaugeage moyen. . 125 tonnes 18717. 493 » n Cf 4158 050 » » » VE 521 »
3 Capital industriel des jardiniers de Gand (plus de 400 serres) . . . . . 75 000 000 fr.
Exportation annuelle des fleurs. . a SANT EUE EN ... « + 40000000 » (Bauduin, Ons Vlaumsche Vaderland.)
hollandaise, est un entrepôt de commerce entre la vallée de l'Escaut et le port zélandais de Hulst; Waesmunster est une des riches communes du fertile pays de Waes, dont Saint-Nicolas-Waes peut être considéré comme le marché principal ; Beveren-Waes fabrique beaucoup de dentelles ; Boom, la ville des briqueteries, sur le Rupel et à l'issue du canal de Willebroeck, est l'entrepôt de navigation entre Bruxelles et Anvers; Hamme-lez-Termonde, situé au nord de Termonde, est un bourg plus populeux que la ville qui lui a donné la moitié de son nom; Tamise (en flamand Tempsche), sur la rive gauche de l'Escaut, a de l'importance comme lieu de passage : c’est entre cette ville et Bornhem que se trouve le dernier viaduc sur le grand fleuve belge. En aval de Tamise, Rupelmonde, dont Basele n'est guère qu'un faubourg, regarde, ainsi que l'indique son nom, le large confluent du Rupel et de l'Escaut. Ce bourg, entouré de briqueteries, est la patrie du célèbre de Cremer, qui, sous le nom latinisé de Mercator, publia en 1569 la carte à méridiens parallèles, si utile aux géographes, absolument indispensable aux marins'. Heureusement pour les progrès de l'humanité, Mercator, accusé d'hérésie en 1544, avait pu échapper au bûcher. Rupelmonde lui a récemment élevé une statue.
Anvers, en flamand Antwerpen, la deuxième ville de la Belgique par sa population, la première par son commerce et la seule grande place militaire du royaume, existe depuis douze siècles au moins; mais à l’époque où son nom est prononcé pour la première fois, ses avantages pour le trafic étaient loin de pouvoir se comparer à ceux qu'elle possède aujourd'hui. Elle se trouvait, il est vrai, à l'extrémité d’un estuaire, vers lequel convergeaient l'Escaut et ses deux affluents, le grand Schyn et le petit Schyn, plus considérables autrefois qu'ils ne le sont actuellement *; mais l'estuaire où se déversaient ces eaux fluviales ne s’ouvrait pas directement sur l'Océan : c’est au quinzième siècle seulement que le détroit du Hont ou de l'Escaut oriental devint facilement navigable, transformant ainsi en cité maritime le bourg d'Anvers, auparavant perdu dans l’intérieur. Le pays environnant était couvert de marécages, non encore asséchés et transformés par la culture. Enfin, le golfe du Zwyn, dont la ville de Bruges occupait l'extrémité, était beaucoup mieux situé pour le commerce extérieur que l'estuaire de l'Escaut, et c’est là, dans le voisinage immédiat de la région la plus industrieuse des Flandres, qu'avait dà s'établir le grand courant dutrafie. En 1444, Anvers n'avait pas plus de quatre marchands, et toute sa flotte se composait de six bateaux pour
1 Van Raemdonck, Gérard Mercator, sa vie et ses œuvres. ? Wanwermans, Notes sur les variations de l'Escaut au seizième siècle, Bull. de la Soc. de Géogr, d'Anvers, fase, 2.
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