‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 69 sur 552 · Ki · texte numérisé non relu

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navires entraient dans son port; plus de mille maisons étrangères v avaient des comptoirs. « On ne trouvait alors, hormis Paris, dit Guichardi:, ville deçà les monts qui en richesse et puissance la pût seconder. » Cette prospérité fut arrêtée soudain par les guerres, les massacres, la peste, et les meilleurs citoyens s’enfuirent pour éviter les tribunaux de l’Inquisition. La population d'Anvers, qui en 1568 s'élevait à plus de cent mille personnes, était réduite à moins de cinquante mille au milieu du siècle suivant. Les Hollandais, maîtres de l'embouchure de l'Escaut, en rendirent jalousement la navigation de plus en plus difficile, jusqu'à ce que le traité de

Munster l'eût définitivement fermée, Amsterdam hérita du ‘commerce d'Anvers”. Cependant la position géographique de la ville belge, sur un grand fleuve de 10 mètres de profondeur, est trop heureuse pour que son commerce n'ait pas profité de toutes les favorabies circonstances politiques. Elle est maintenant plus peuplée, plus active, plus riche qu'elle ne l'était au seizième siècle; et tant que la formation de bancs de sable, un changement de chenal, toute autre cause naturelle du même genre, ou bien la guerre avec la Hollande, ne fermeront pas le passage aux navires, il est probable qu'Anvers aura une part de plus en plus grande au mouvement général de la vie européenne. L'envasement du chenal à pris depuis le milieu du siècle de si grandes proportions, que des ingénieurs ont proposé de remplacer l'Escaut naturel par un Fscaut artificiel de 7 mètres de profondeur qui, passant uniquement par ie territoire belge, irait rejoindre la rade de Heyst. La conséquence inévitable du creusement de ce anal serait de remplacer Anvers par Bruges comme grand marché commercial de la Belgique. La roue de la fortune aurait tourné encore une fois*.

L'ancienne ville occupe, le long de la rive droite de l'Escaut, un espace de près de 2 kilomètres, limité au nord par des bassins encombrés de navires, au Sud par une gare de chemin de fer remplaçant une citadelle récemment démolie. Les remparts qui entouraient Anvers à l'époque des mémorables sièges de 181% et de 1852 ont été rasés et remplacés par de belles promenades. De nouveaux quartiers ont pu se développer librement dans l'ancienne banlieue, et s'étendent maintenant sur un espace beaucoup plus considérable que la vieille cité, quoique la population ne remplisse pas encore le vaste demi-cerele formé par les murs de l'enceinte actuelle : de grands faubourgs, Borgerhout et Berchem, constitués en communes distinctes, SY étendent à l'aise, La partie centrale de la ville a gardé ses rues irrégulières, ses places inégales, tandis que les quartiers de construction nouvelle sont percés de larges avenues et renferment de nombreux jardins, un des pares intérieurs les plus pittoresques et les mieux distribués qui se voient en Europe, un jardin zoologique devenu célèbre dans le monde par les succès qu'on y obtient pour la conservation et la reproduction d'une foule d'oiseaux rares, de fauves et d’autres bôtes. Anvers est une ville de statues. Elle à érigé un monument en l'honneur des anciens Belges qui lattèrent si vatllamment contre César, et Rubens, Teniers, Van Dyck, d'autres personnages encore, ont leurs effigies en bronze où en marbre sur les places de la cité, Un des plus illustres enfants d'Anvers, Abraham Ortels, attend

! Gaillard, Mémoires de l'Académie de Belgique, 1. VA, 1853. # Van Alstein; — Bauduin, Débordements el envasement de l'Escaul, Journal d'Anvers, 1872

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