‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 70 sur 552 · CATHÉDRALE D'ANVERS · texte numérisé non relu

CATHÉDRALE D'ANVERS

Dessin de Thér 'iorà essin de Thérond, d'après une photographie de M. Braun.

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encore sa statue ; pourtant Ortels est le géographe qui, par son Thealrum mundi, contribua le plus, depuis les livres de Strabon, à faire connaître la Terre; par la publication des meilleures cartes qu’on eût encore vues, « Ortels à fait autant pour les progrès de la géographie que Christophe Colomb par ses découvertes". » C’est aussi à Anvers qu'a été gravée pour la première fois en entier la Table de Peutinger : cette gravure de 1598 est merveilleusement exécutée *,

Anvers a de beaux monuments : la Bourse, reconstruite en 1869 dans le même style ogival somptueux qu’un édifice précédemment détruit par l'incendie ; un hôtel de ville de la Renaissance, dont Leijs a décoré la grande salle échevinale de peintures historiques d’un puissant effet ; les maisons des anciens corps de métiers; de nombreuses églises riches en tableaux. Dans l'une d'elles, Saint-Jacques, est le tombeau de Rubens, placé au-dessous d'un tableau où le peintre s'est représenté lui-même avec toute sa famille sous des noms de saints. Mais le principal édifice d'Anvers est sa cathédrale, bâtie du quatorzième au seizième siècle : c'est la plus noble et la plus grandiose de la Belgique ; mais elle est trop à l'étroit dans le cercle de maisons qui l'entourent, et sa façade, avec les sculptures du portail et sa rosace, ne donne que sur une petite place, où se trouve un puits recouvert d’un dôme en feuillage de fer forgé au marteau, attribué à Quentin Metsys. La merveilleuse flèche percée à jour s'élance à 195 mètres de hauteur. La nef est simple et d’un effet saisissant; mais la gloire de l'église est dans ses tableaux, et surtout dans ceux de Rubens, que nulle part, si ce n’est à Madrid, on ne peut mieux étudier qu'à Anvers : le grand artiste s’y montre à la fois dans toute sa prodigicuse facilité d'exécution, dans la puissance de son émotion pathétique et dans la hauteur de sa pensée”, La cathédrale possède les plus connus de ses chefsd'œuvre, la Descente de croix et la Mise en croix, tandis que l’Adoration des Mages, le Coup de lance, le Christ à la paille, la Communion de saint François d'Assise se trouvent dans le musée, Cette collection, la plus riche de toute la Belgique, contient aussi des œuvres précieuses de Jan Van Eyck, de Quentin Metsys, de Van Dyck, de Jordaens, de Ruysdael, de tous les maitres flamands, et celles de beaucoup d'artistes inconnus dont l’anonyme même est une preuve de l'entrainement général qui dans ce pelit coin des Flandres donna jadis un si vif éclat à la peinture, D’ail-

! Wauwermans, Bulletin de la Sociélé de Géographie d'Anvers, fase, 3, 1877. * Ernest Desjardins, Noles manuscriles.

* Eugène Fromentin, Les Mailres d'autrefois; — Taine, De la philosoplue de l'art dans les Pays- Bas. — Montégut, Les Pays-Bas, impressions de voyage et d'art.

leurs, les arts sont toujours en honneur dans la ville de commerce qui se glorifie d’avoir été la cité de Rubens. Au musée est annexée une académie des beaux-arts très-fréquentée, héritière de l’ancienne académie de Saint- Lue, déjà fondée au milieu du quinzième siècle’.

Comme place de commerce maritime, Anvers à pris une importance extraordinaire depuis le milieu du siècle : le tonnage de son port a plus que sextuplé pendant les vingt dernières années * ; il a le troisième rang dans le continent d'Europe, et vient après Hambourg et Marseille”. Le mouvement maritime du littoral belge se fait pour les neuf dixièmes par le grand port de l'Escaut, et les échanges de ce port représentent le tiers du traffr de tout le royaume. Énumérer les marchandises et les denrées qui s nargent sur les navires d'Anvers et qui se déchargent sur les quais et dans les entrepôts serait dire tout ce qui sert à l'alimentation des Belges et à leur industrie, tout ce que produisent leurs champs et leurs fabriques. De nombreuses lignes de bateaux à vapeur, reliant Anvers non-seulement avec les ports d'Europe, mais aussi avec les pays d'outre-mer, ont leur point d'attache dans les bassins de l'Escaut ; quand le mouvement d’émigration vers le nouveau monde est considérable, Anvers en à sa bonne part’. Les ports intérieurs qui occupent la partie septentrionale de la cité, près de la citadelle du Nord, n'ont pas moins de 40 heciares, et l’Escaut luimème, qui doit être prochainement bordé de qu&is réguliers sur # kilomètres de longueur, sert de rade et de port à des centaines de navires. Mais, par un étonnant contraste, la ville que visitent chaque année tant de milliers d'embarcations de toute espèce, ne possède elle-même, par ses armateurs, qu'une bien modeste flottille de commerce”. Quant à l’industrie spéciale d'Anvers, elle se rapporte presque uniquement aux choses de la marine : construction, réparation, chargement, aménagement de navires.

* Élèves de l'académie d'Anvers : 1841, 445: 1850, 1 060 ; 1860, 1274; 1876, 1 661. è Mouvement du port d'Anvers en 1859 . su er Ÿ 728 345 tonnes. » 1877... , , , « . … , + 4900000 »

= Importations à Anvers en 1876 . par terre et par canaux, . . . . 84 212 000 francs. PAR EMOP En Ne ne à à 972 887 000

DOVE 6 4 50 es 1 057 099 000

Exportations d'Anvers, par terre et par canaux 4... . . . 78 850 000 par mer, . . . a NS ARE Lea 254 067 000

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4 Émigrants sortis en 1876 du port d'Anvers, 7 374, * Flotte commerciale d'Anvers en 1876 : 38 navires jaugeant 39 375 tonnes.

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entretien des équipages et des agrès; cependant elle comprend aussi la raffinerie du sucre et quelques métiers héréditaires, pour lesquels Anvers ne semble offrir aucun avantage particulier; ainsi les « roses » de diamants sont une spécialité des joailliers anversois : ils ne polissent pas la pierre comme les ouvriers d'Amsterdam, mais ils ont le talent de la sertir.

Il est rare que les places de guerre soient en même temps des cités commerciales; mais en Belgique Anvers est la seule ville qui, par le fait même de sa position géographique, puisse être le port principal et la citadelle par excellence‘, Les facilités qu'offrent les terrains bas des environs pour les inondations de défense, la base d'opérations que donne l'estuaire de l'Escaut, la convergence de toutes les voies naturelles de la contrée vers ce point stratégique, obligeaient les ingénieurs militaires à faire choix d'Anvers pour leur grande place d'armes. Mais de nos jours les facilités de l'attaque

‘ Communes flamandes et anversoises du bassin de l’Eseaut, ayant au moins 5000 habitants au le janvier 4877 :

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