BRUGES
à Bruges le luxe des étoffes à l’époque de sa prospérité. Longtemps avant les Vénitiens, et sans donner à ces costumes la même importance pittoresque, Memling, copiant simplement les robes à grands ramages des dames qu'il voyait autour de lui, a peint des étoffes à faire envie à Titien, à Véronèse et à Rubens !.
Les rivalités de Bruges et de Gand, les guerres extérieures, les révolutions intestines, la perte des libertés locales, confisquées par les dues de Bourgogne, qui avaient fait leur résidence de la eité flamande, expliquent en partie la décadence de Bruges; mais elle se serait relevée du désastre comme l’a fait Anvers, si la nature n'avait travaillé contre elle en comblant l'estuaire du Zwyn. Il est vrai que le chenal naturel a été remplacé par un canal artificiel, et la ville, rattachée par d'autres canaux à tout le réseau navigable de la Belgique, s’est en outre reliée au port d'Ostende par une route d'eau de 4,70 de profondeur, qui se ramifie par diverses branches vers l'Écluse, Blankenberghe, Nicuport. Bruges n'a done pas cessé d'être une ville maritime, et ses bassins reçoivent assez fréquemment des bateaux à vapeur jaugeant en moyenne 500 tonneaux et chargés de charbons anglais; mêmeen 1875, un navire de #80 tonneaux, de plus de # mètres et demi de tirant d’eau, à pu remonter le canal pour déposer sur les quais de Bruges son chargement de graine de colza ; mais que sont ces avantages commereiaux en comparaison de ceux que l'Escaut donne aux négociants anversois ? La Bruges actuelle est loin de remplir l'espace qu'enfermaient les murs, remplacés par des promenades. Il arrive même que la population brugeoise diminue d’un recensement à l'autre”, tandis qu'elle augmente rapidement dans l'ensemble de la contrée. Mais le fait le plus grave est que la misère, si lamentable dans toute la Belgiiue. ronge encore plus les Brugeois que les habitants des autres villes : le nombre de ceux qui dépendent de la charité publique y égala souvent celur des citoyens vivant régulièrement de leur travail; l'industrie dentelière, qui est celle de la plupart des Brugcoises pauvres, est loin de suffire à leur entretien. D'ailleurs, même aux temps de sa prospérité, la fière cité commerçante avait pour habitants plus de déshérités que de riches. À côté des édifices somptueux qui témoiunent du luxe et de l’orgueil des anciens marchands, on voit aussi les petites maisons basses d’une ville où vivait autrefois un peuple misérable”.
Le silence de la plupart des rues de Bruges rend d'autant plus saisissant,
par le contraste, l'effet que produisent les monuments : on se promène
UE, Montégut, Les Pays-Bas, impressions de voyage et d'art. * Population de Bruges en 1846 : #9 803 habitants ; au 31 décembre 1876 : 4 097 habitants. # Van Bemmel, Patria Belgica, 1.
dans la ville comme dans un musée, Tous les édifices remarquables se pres-
ta: T4 REC Dre LANCE ne. Jr NN sent dans un espace étroit, vers le centre de la cité : c'est là que se dresse, 4 : L VU e L “ La C | 4 au-dessus des halles, li « grande tour » du beffroi, légèrement penchée et | ï | découronnée par un incendie; là s'élèvent la cathédrale, l'église de Notre- 1 n ! « , . . , Q £ all | Dame, où l'on voit une vierge sculptée par Michel-Ange et le splendide | k d'| , See \ FER SIu tombeau de Marie de Bourgogne, la chapelle du Saint-Sang, où les pèlerins is | ; : K k À 4 . Û viennent en multitude, l'hôtel de ville, où les comtes de Flandre devaient lé déc de occ +. PR) N° 5. — HRUGES ET L'ANCIEN ZWYN. ñ “hou mêl sepl est | 1? époc [al de 1 (io de l la pi # Laisse gé plus glete ou le ï presq + 1 vires it appai il conct il du ml FE) enlev 4 Lan | “1 La va HOT | on n° { | E.deGr. 13°10 D'apres divers documents cha lp l : 225 i| Re me Ont pl is kil 0 5 10 0 ‘il ail ut Al prèter serment de fidélité aux franchises de la commune, le palais de aux | | justice, qui possède une admirable et colossale cheminée, chef-d'œuvre f il $ Hot n à 1 A de la Renaissance, l'académie, où se trouvent, parmi les tableaux, quel- Mot hi! + . Q #» A \ la ques œuvres de Jan Van Eyek et de Memling, du plus haut intérêt. L'h6- tal
pital de Saint-Jean, existant déjà depuis plus de cinq siècles, est le mo-
nument le plus visité, car il renferme plusieurs tableaux anciens, entre
autres les œuvres capitales de Memling, ses décorations de la Chdsse de Sn sainte Ursule et son Mariage de sainte Catherine. Sur les places, Bruges
a élevé des statues aux hommes qui ont fait sa gloire; l’un d'eux fut le
e presdresse, chée el
Notrelendide èlerins evaient
palais de {d'œuvre ux, quelt, L'hôt le mons, entre 'hdsse de s, Bruges ux fut le