AGRICULTURE DE LA BELGIQUE
sol est le plus productif à égalité de surface : toutes proportions gardées, c'est là que l’agriculteur fait naître de la terre les produits en plus grande abondance, e’est là qu'il a le mieux su changer en campagnes d’une extrême fécondité des terroirs naturellement infertiles.
Les régions agricoles du territoire belge se confondent avec les régions uéologiques. Les anciennes formations de l’Ardenne, faite général de la contrée, sont aussi celles où le sol est exploité de La manière la plus primitive. Plus du quart de la superficie y est encore couvert de bruyères et de broussailles. Une autre partie des Ardennes, non divisée en champs
réguliers, n’est cultivée que tous les dix, douze où quinze ans, par le procédé de l’essartage, qui consiste à brûler le gazon de la surface pour amender le sol au moyen des cendres. À côté des « sarts », des champs sont cultivés seulement pendant trois années consécutives, puis laissés en jachère | durant une période au moins égale, En maints endroits, la propriété est indivise comme elle l'est encore chez les populations slaves de l'Europe orientale, et les animaux domestiques paissent ensemble sur le pâturage de la commune. Dans le Condroz, moins haut et de formation plus moderne que les Ardennes, la propriété est déjà partout divisée; les surfaces incultes sont rares, mais une grande partie du territoire agricole, un tiers ou un quart, reste chaque année en jachère. À la base des hauteurs, la région que recouvre le « limon » de la Hesbaye ne se repose plus; la culture vest déjà trèssavancée, et le sol, partout drainé, labouré profondément, v produit des récoltes différant chaque année. Enfin la région sablonneuse, qui forme plus d'une moitié de la basse Belgique, comprend encore, il est
vrai, de vastes étendues de landes et de forêts, surtout dans la Campine : mais c'est aussi dans cette zone que se trouve la Flandre, la terre la mieux culüvée de la Belgique, celle que la bêche à transformée en un immense jardin, donnant, non pas une, mais deux récoltes par an, Fait remarquable, la Flandre, qui est maintenant le pays le plus riche de la Belgique, est
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| petit 4 un de ceux que la nature avait laissés les plus stériles : ee territoire n'est ve : que le prolongement occidental de la Campine et de toute cette région de ont: Lo ; sables qui, de autre côté du Rhin, va former le geest du Hanovre et les
APRES
landes de Lüneburg. Pourtant, ainsi que le fait remarquer M, de Laveleye,
rose
quand on veut citer un pays fertile, on parle des campagnes plantureuses », des € grasses terres » des Flandres, L'expression ne trouve point de contradicteurs, le travail de Fhomme ayant suppléé à ce que n'avait pas la terre.
ayant fécondé par les engrais et les amendements un sol maigre et sablon-
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neux. De nos jours, l'agriculture flamande est un modèle par l'abondance et la grande variété de ses productions; c’est à bon droit que le pays de Waes a pris fièrement un navet d'argent pour blason. Mais aussi que de dépenses pour améliorer le sol et le maintenir dans toute son énergie de production ! On évalue à une moyenne de 80 à 100 francs par hectare la somme que le cultivateur flamand consacre chaque année à l'achat desengrais : ni en Lombardie, nien Angleterre, on ne fait des avances aussi considérables’. Peu à peu le mode flamand de culture empiète sur la Campine. D'abord les sables sont plantés en pins sylvestres ; puis les ouvriers du bois défrichent un petit coin de terre, élèvent quelques animaux ; la clairière de cultures augmente en dimension ; un nouveau lambeau de la Campine s'est rattaché à la Flandre :gricole. Vers le milieu du siècle, l’hectare de bruyères se vendait en moyenne une dizaine de francs; maintenant la valeur en a partout au moins décuplé. La surface des terrains incultes de la Belgique est certainement compensée par celle des champs où l’on obtient deux récoltes par an . en tenant compte de ces terres à double moisson, on peut évaluer à une superficie égale à tout le territoire, soit à 3 millions d'hectares, le sol belge en rapport pendant l'année”. Nulle part on ne rencontre en un tenant une pareille étendue de terrains représentant un capital aussi énorme, car c’est au moins à 15 milliards de francs qu’il faut évaluer la somme que représentent les cultures de la Belgique. La valeur des fermages s'est constamment et rapidement accrue : en 1856, l’hectare se vendait en moyenne 3171 francs ; en 1866, sa valeur était de 4175 francs, soit de près d'un tiers en sus; depuis, des accroissements correspondants ont eu lieu : les parcelles se vendent de plus en plus cher’.
Les cultures sont extrêmement variées dans la plaine de Belgique, car
!E. de Lavelese. Fatria Belgica, 1. 1.
* Superficie du territoire belge d'après le cadastre, en 166 :
Céréales et farineux . 967 155 hect. | Prairies et vergers... 365 805 hect. Légumineuses .. 217909 « | Jardins maraichers . . . . . 37330 Plantes industrielles . . . . 115 368 | Pépinières, bois, forêts, ete. . 446 130 Racines, fourrages artificiels. . 377 707 | Jachères, . . . ro T 53 892
Brusères, hroussailles, terrains vagues. 262 477 hect,
5 Valeur des terrains en Belgique, d'après Laveleye, en 1RG6 :
Valeur moyenne Valeur moyenne Population par vénale: locative. 100 hectares.
Zone des polders . # 458 fr. par hect. 195 fr, par hect. 109 habitants. Flandres .. à 087 112 274 Zone limonense 5 40 \ 127 Û 202 Campine …. 4205 Û 126 \ 197 Ù Condroz 59253 83 D 156 »
Ardenne 175ù RH] Ù 31 »