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trouver dans un pays où les agriculteurs se servent principalement de la bêche; mais ces animaux sont presque indispensables pour le charroï des denrées agricoles et les travaux de l’industrie. On emploie surtout les gros animaux de la race flamande, fort appréciés comme bêtes de trait, même par les Anglais, qui pourtant possèdent des chevaux d'une si grande force. Au moyen âge, c'est dans les Flandres, le Brabant et le Hainaut que. les chevaliers, couverts de leurs lourdes armures, envoyaient acheter leurs plus vigoureux destriers. Quant aux chevaux ardennais, dont on ne trouve plus maintenant qu'un petit nombre de représentants purs de race, ilssont parmi les meilleurs’ de l'Europe par leur force de résistance : on dit qu'à la suite de la campagne de Russie, ils furent, avec les petits chevaux bretons, ceux qui supportèrent le plus vaillamment ‘outes les fatigues et les privations de la retraite‘.
Les ânes et les mulets sont très-peu nombreux sur le territoire belge, onze à douze mille à peine, et ne se rencontrent guère que dans les communes limitrophes de la France, où ils servent au transport des denrées entre les deux pays. Mais les bœufs et les vaches ont même plus d'importance que les chevaux dans l'économie générale de la Belgique. Au nombre de plus d’un million, ils paissent dans les riches prairies du bas pays et sur les pâturages des collines. Les variétés de l'espèce bovine présentent en Belgique un contraste analogue à celui des chevaux : il n'est pas rare de voir des vaches ardennaises n'ayant qu'un poids vif de 150 kilogrammes, tandis que celles de la plaine ont un poids quatre fois supérieur*. Le gros bétail à cornes n'est guère utilisé par les Belges que pour l'engraissement et pour la production du lait : on l’emploie exceptionnellement pour le trait5. Le pays de Herve, plateau très-accidenté qui s'étend entre la Vesdre et la Meuse, est une des contrées les plus riches en bétail: ce n’est qu’un vaste pâturage d'herbe fine, partout ombragé par des arbres fruitiers. On y fait d'excellents fromages et du beurre, non moins apprécié que celui de la Campine.
De même que l'Allemagne et la plupart des pays d'Europe, la Belgique voit diminuer, de décade en décade, le nombre de ses brebis, en même temps que décroit l'étendue de ses terrains vagues. D'ailleurs, le pays n’a jamais produit de laines fines; les toisons des brebis indigènes ne peuvent être employées que pour la fabrication des étoffes com-
! Levder, Patria Belgica, 1. I.
# Production de la viande bovine en Belgique (1873), d'après Leyder : 46 000 000 kilogrammes, soit plus de 9 kilogrammes par tête,
5 Production du lait en Belgique (1873) : 5 695 000 litres par jour, 1 550 000 000 litres pas an.
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ANIMAUX DOMESTIQUES, INDUSTRIE DE LA BELGIQUE, ÿ7
munes'. La division du territoire en parcelles de plus en plus petites a contribué aussi à réduire en nombre les troupeaux de brebis; mais, en échange, elle a fait augmenter le nombre des chèvres, l'animal domestique du prolétaire?, Le pore est aussi de plus en plus nombreux dans les petites fermes de la Belgique, et la race en a été singulièrement améliorée depuis le milieu du siècle*, Les Flamands sont aussi éleveurs de lapins et de poules'. Le nombre des ruches d’abeilles diminue, à cause des grands défrichements qui se font dans les landes des Ardennes et de la Campine ; cependant le revenu que procurent aux campagnards les 140 000 ruches recensées en 1866 peut être évalué à 2 millions de francs.
L'industrie de la Belgique est, comme son agriculture, une des plus actives de l'Europe; quelques-uns de ses distriets sont couverts de villes et de villages formant d'interminables agglomérations d'usines. C'est que le pays a non-seulement les traditions du travail, les procédés industriels Tégués par le passé, une position centrale et des voies de communication pour lexpédition des produits ; il possède aussi en quantité les mines de houille, aliment principal des fabriques modernes. Le Liégeois, et surtout les districts de Charleroi et de Mons dans le Hainaut, ont la plus large part de ces richesses souterraines qui placent la Belgique au quatrième ou cinquième ang parmi les pays producteurs de houille*, Depuis 1850, la quantité du combustible extrait des mines à plus que sextuplé, et maintenant Va valeur marchande du combustible, dont près d’un quart est exporté en France,
1 Récolte annuelle de la laine en Belgique, d'après Leyder : 1 200 000 kilogrammes. Production annuelle du lait de chèvre en Belgique, d'après Leyder : #5 000 000 litres. Production de la viande de pore en Belgique, d'après Leyder : 25 000 000 kilogr.
* Animaux domestiques de la Belgique :
Chevaux. . . . 4 977 511, soit 6 par 100 hab, ; 983 163, soit G par 100 hab. Bœufs et vaches. 1957 649 929 » 1249 44 26 »
Brebis, moutons, . . 589 480 142 » 586 097 12 D Chèvres . . . . . 410 060 2,9 » 197 178 4 »
Pores. | 458 AIS 10 ; ° 659 501 15 »
Lapins. . . . : ? S7S 000 18 Û Poules, . . . . . . ? 4 410 000 90
5 Production de la houille en Belgique, en 1874 :
Hainaut, . . . . , ER 10 698 000 tonnes.
Liège. . . . Lee. 3681000 »
Belgique entière... . . . . . 14669 000 tonnes.
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pl RE s'élève à 340 millions de francs dans les années d'activité commerciale", ie telles que 1873. Mais les années pendant lesquelles le travail est ralenti sont désastreuses pour les ouvriers agglomérés autour des puits de mine et privés de tout autre métier que celui auquel ils ont été dressés dès l'enfance, D'ailleurs, en tout temps l'industrie houillère, telle qu'elle est pra- HU tiquée, contribue d'une manière déplorable à l'appauvrissement physique et moral de la race. Encore en 1877, le quart des travailleurs
ft employés dans les fosses se composait de garçons et de filles, et beaucoup
de ces malheureux n'avaient pas plus de dix ans; à l'air libre, près du
\ tiers des «bras » employés étaient ceux de femmes et d'enfants. D'après fa une loi nouvelle, obligatoire le 1" août 1878, il est interdit de faire travailler dans les mines et les carrières souterraines les garçons et les filles n'ayant pas atteint respectivement les âges de douze et de treize ans; mais cette loi ne s'applique pas aux enfants des deux sexes qu’emploient déjà les entrepreneurs de mines”. La concurrence des houilles allemandes du bassin de la Ruhr explique en partie les souffrances qui pèsent maintenant sur la population du Borinage et des autres régions
4! houillères de la Belgique. Les couches de Westphalie, plus épaisses et plus | ‘approchées de la surface que celles de Liège et du Hainaut, sont en consé-
quence plus faciles à exploiter. Naguère on craignait d'utiliser cette houille 4 AE à : ; : ; ri | allemande pour les besoins de la marine : on en redoutait la combustion
hi Liu dal spontanée. Cependant l'expérience a demontré que ces craintes étaient | ARE exagérées : maintenant la marine militaire et les navires marchands eme fl , ‘ . + 2% n ñ | :4f ploient la houille de la Rubr, qui s'expédie aussi dans tous les pays voi- (4 1e FAN] sins et va même en Belgique disputer la clientèle des usines au combus- LA ) ÿ4 à x :
| ; dif Lt üible de Mons et de Charleroi.
h: | ANCIENS Le sol de la Belgique, bouleversé dans une grande partie de son étendue | D À " . . . . # L Fi] par les mineurs et les carriers, fournit aussi des porphyres et des marbres”, t; | des ardoises, des silex et des phosphates, des argiles plastiques de toute | j } sa 1 Production de la houille en 1830 . . . x 9 513 000 tonnes. là M » , 1840... . . . . 4000000 »
Û Re i. AND: ..:. . D800000 »
à eu » , 1860... . . . . . 9600000 »
f sil » en ABB à 5 0 0 HONTE »
js 4 » , 1876... ... . 14529600 »
f 4] # Valeur du charbon extrait en 1876. . 194 119 000 fr. l NOR 224 | Frais de production » 163 558 000 » £ il 5 Moyenne des houilleurs tuës chaque année en Belgique par les accidents de toute espèce : 227.
4 Emile Tandel, Notes manuscrites.
| SR Vischers, Patria Belgica, W.
5 Nombre des carrières en Belgique en 1875 :
2307. Valeur des produits : 38 644 529 francs.
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