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de M. Mézières, les Tures « plantent des arbres pour en avoir l'ombre, les Grecs pour en avoir le profit » : d’un côté sont les cyprès et les platanes, de

l’autre les vergers et les vignobles. D'après quelques auteurs, les Koniarides ñ seraient venus en Macédoine et en Thessalie dès le onzième siècle, appelés à | en qualité de colons par les empereurs d'Orient. Ils se gouvernent eux-mêmes Es par des assemblées républicaines et sont respectés de tous à eause de leur LA probité, de leurs mœurs hospitalières, de leurs vertus rustiques. k À Inférieurs aux cullivateurs tures par leurs qualités morales, les Grecs leur ‘4 sont de beaucoup supérieurs par leur vive intelligence et leur activité. Au 1 dix-septième siècle, ils eurent même une sorte de Renaissance, analogue à 1 celle de l'Europe occidentale, et l'amour des arts se développa suffisamment : parmi eux pour faire naître une école de peinture dans les villages de 4 l'Olympe. Fidèles à leurs traditions de lantiquité et à leurs instincts de À race, les Grecs de la Thessalie, comme ceux de tout empire, ont cherché à î se constituer en communes autonomes, en petites cités républicaines, ) auxquelles manque seulement l'indépendance politique. Dans les kephalo- 4 khori ou villages libres, ils élisent leurs propres chefs, organisent leurs È

écoles, choisissent les professeurs qui leur conviennent et, grâce à leur intime

cohésion, grâce aussi à leurs sacrifices pécuniaires, ils trouvent le moyen

de désintéresser les pachas de tout souci d'administration dans leurs cités.

Comme aux temps où leurs aïeux payaient le tribut aux Athéniens ou à

d'autres Grecs, ils acquittent les impôts exigés par le Ture ; mais pour tout le reste, ils $'administrent eux-mêmes, ils sont des citoyens libres. Le contraste est grand entre ces communes autonomes et les tchifliks où les propriélaires musulmans ont parqué les Grecs en qualité de métayers. Chose curieuse, grâce à la liberté des cultivateurs, ce sont précisément les terrains les plus âpres, les champs les plus froids et les plus rocailleux qui donnent le plus de produits et entretiennent la population dans la plus large aisance !

Le principal soin des Grecs de Thessalie, et c'est en cela surtout qu'ils font preuve de sens et d’une noble ambition, est de veiller à linstruetion de la génération naissante. Les villages grecs les plus misérables des montagnes du Pinde entretiennent à leurs frais des écoles que fréquentent les Jeunes gens jusqu'à l’âge de quinze ans. Pour donner une idée de l'esprit pratique des Thessaliens, on doit signaler ce fait remarquable que, dès le siècle dernier, les tisscrands d'Ambelakia, ville charmante située au milieu des arbres fruitiers et des vignobles, sur les hauteurs qui dominent au sud la vallée de Tempé, s'étaient associés par petits groupes participant aux bénéfices les uns des autres. Cette grande association, qui avait eu la

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