‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 110 sur 545 · CLANS ALBANAIS · texte numérisé non relu

CLANS ALBANAIS

pourraient bien se retourner contre les pachas et faire cause commune avec leurs ennemis héréditaires de la Csernagore.

On peut considérer les Mirdites comme le type de ces tribus indépendantes de l'Albanie du Nord. Habitant les hautes vallées qui se dressent en citadelle au sud de la gorge du Drin, ils sont peu nombreux, douze mille à peine, mais leur qualité d'hommes libres et leur valeur guerrière leur assurent une influence considérable dans toute la Turquie occidentale. Enfermés dans une enceinte de montagnes où l’on ne peut pénétrer que par trois gorges difficiles, les Mirdites commandent les défilés par lesquels doivent passer nécessairement les armées turques lorsqu'elles opèrent contre le Montenegro. Aussi la Sublime-Porte, comprenant combien il serait difficile de dompter ces redoutables montagnards, a-t-elle préféré se les attacher par des honneurs et par la reconnaissance de leur complète autonomie administrative. De leur côté, les Mirdites, quoique chrétiens, ont toujours combattu avec le plus grand dévouement dans les rangs de l’armée turque, soit en Morée ou en Crimée, soit dans l'empire même, contre leurs coreligionnaires de la Montagne-Noire. Militairement, ils se divisent en trois «€ bannières » de montagnes et en deux bannières de plaines; cinq autres bannières, celles du distrier de Lech ou d’Alessio, viennent se ranger à côté des bandes mirdites en temps de guerre, C'est le drapeau du clan d'Oroch, le moins nombreux, mais le plus réputé par sa vaillance, qui a l'honneur de flotter en tête.

La Mirditie où Mardita est constituée en république oligarchique se vouvernant par les anciennes coutumes. Le prince ou pacha d'Oroch est le premier par son litre, mais il ne peut donner aucun ordre; toutes les questions sont réglées par les anciens où vecchiardi de chaque village, par les délégués des différentes bannières et par les chefs de clans réunis en conseil; ceux-ci n'ont d'autorité réelle que grâce à l'influence morale qu'ils savent acquérir. Du reste les vieilles traditions du clan ont une force suflisante pour remplacer toute autre loi. La femme doit être enlevée à lennemi, et dans nombre de villages de la plaine les jeunes filles musulmanes s’attendent, sans trop d’effroi, à être ravies par les guerriers mirdites dans quelque expédition de maraude. La vendetta s'exerce d’une facon inexorable : chez ces hommes encore barbares, le sang ne peut être lavé que par le sang. La violation de l'hospitalité est aussi punie de mort. La femme adultère est ensevelie sous un tas de ailloux par son parent le plus rapproché, et la tête du complice est d'avance livrée au mari : telle est la justice sommaire des populations mirdites. Il va sans dire que l'instruction est nulle dans ce pays ; les écoles

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n'y existent point, En 1866, à peine cinquante chrétiens de la Mirditie et :

‘ “a. ‘ ‘ 0 e à ‘ . il en de tout le district de Lech savaient lire avec difficulté ; une dizaine signaient É ent

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