BUSNIAQUES MUSULMANS ET CHRÉTIENS
el Tures, repoussé comme désobligeant par les Osmanlis du reste de l'empire, )es ne sont pas moins Slaves que les Bosniaques des deux confessions chrént tiennes, et comme eux ils ne parlent que le serbe, quoiqu'un grand (TES nombre de mots tures se soient glissés dans leur idiome. Ge sont les descenle dants des seigneurs qui se convertirent à la fin du quinzième siècle, et de surtout au commencement du seizième, afin de conserver leurs priviléges sé. féodaux. Parmi leurs ancôtres, les €Tures » de Bosnie comptent aussi Je, nombre de brigands fameux qui se hâtèrent de changer de religion pour ns, continuer sans péril leur métier de pillards ; enfin les serviteurs immédiats - des chefs durent se convertir de force. L'apostasie donna aux seigneurs urs plus de pouvoir sur le pauvre peuple qu'ils n'en avaient eu jusqu'alors; la haine de caste s’'ajoutant à la haine religieuse, 11 dépassèrent bientôt ivi- en fanatisme les Tures mahométans et réduisirent les paysans chrétiens iti- à un véritable esclavage : on montre encore, près d'une porte de Serajevo, de le poirier sauvage où les notables de Pendroit allaient de temps en temps oug se donner le plaisir de pendre quelque malheureux raya. Beys ou spahis, ire, les Bosniaques mahométans forment lélément le plus rétrograde de la nes vieille Turquie, et maintes fois, notamment en IS51, ils se sont révoltés nSe ; pour maintenir dans toute sa violence leur ancienne tyrannie féodale. ime : Comme eité musulmane, Serajevo, placée directement sous la protection de il ‘ la sultane-mère, jouissait de priviléges exorbitants : elle format un État
des : dans l'État, plus ennemi des chrétiens que la Sublime Porte. ent à Encore de nos jours, les musulmans bosniaques possèdent beaucoup me ; plus que leur part proportionnelle des propriétés foncières, Le sol est diup j visé en spahiliks où fiefs musulmans, qui se transmettent, suivant l'usage les ; slave, non par droit d'ainesse, mais indivisiblement à tous les membres de no- à la famille; ceux-ci choisissent pour chef, soit le plus âgé d’entre eux, soil “le 4 le plus brave, lorsqu'il s'agit de marcher au combat. Quant aux paysans que 1 chrétiens , ils sont obligés de peiner pour Ha communauté musulmane, ita- î non plus comme sers, mais comme journaliers travaillant au mois ou à ué. \ la tâche; les plus fortunés ont une certaine part dans les bénéfices de uns | l'association, mais ils en ont à supporter proportionnellement les plus CS, d. grandes charges, Il est done tout naturel que beaucoup de chrétiens, comme lé: 4 les Juifs en d’autres pays, aient fui l'agriculture pour se livrer au trafic; Ile- presque tout le commerce se trouve entre les mains des catholiques grecs rvi- et romains de Pferzégovine et de leurs coreligionnaires étrangers de Fa l'Autriche slave. Les Juifs espagnols, groupés en communautés dans les de La villes principales, font aussi leur trafic ordinaire de petit négoce et de
prêts sur hypothèques. De tous les Israélites réfugiés d'Espagne ce sont
probablement ceux qui se sont le moins laissé entamer par le m ‘eu qui les entoure : ils parlent toujours espagnol entre eux et prononcen: le nom de leur ancienne patrie avec une tendresse de fils.
Actuellement le nombre des musulmans de Bosnie n’est guère que le tiers de la population tétale; il parait que l'élément mahométan reste stationnare, Si mème il ne diminue, tandis que l'élément chrétien ne cesse d'augmenter par la fécondité plus grande des familles. D’après quelques auteurs, la rareté relative des enfants dans les maisons musulmanes devrait être attribuée aux avortements, qui se pratiquent sans remords dans les familles de Bosniaques converties au Coran. Il semble étonnant que cette pratique déplorable puisse être assez commune pour expliquer la grande différence d'aceroissement qui existe entre les deux groupes de population. On se demande Si ne faudrait pas voir plutôt dans ce phénomène l'effet du bienêtre relatif des musulmans et de la prudence que leur impose leur condion de propriétaires!
Du reste, les Bosniaques de toute secte et de toute religion possèdent les mêmes qualités naturelles que les autres Serbes leurs frères, et tôt ou tard, quelle que doive être leur destinée politique, ils S'élèveront, comme peuple, au mème niveau d'intelligence et de valeur, Is sont francs et hospitaliers, braves au combat, travailleurs, économes, portés à la poéste, solides dans leurs amiliés, constants en amour; les mariages sont respectés, el même les Bosniaques musulmans repoussent la polygamie que leur permet le Coran; ceux de lHerzégovine ne tiennent pas non plus leurs épouses enfermées, et dans nombre de villages toutes les maisons ont une porte de derrière, afin que les femmes puissent « voisiner » sans passer dans la rue; est vrai que dans la Bosnie du Nord les musulmanes sont tellement empaquelées dans des linceuls blancs qu'elles ressemblent à des fantômes; leurs yeux mêmes sont à demi voilés, de sorte qu’elles voient au plus à trois pas devant elles, En dépit de leurs bonnes qualités, que de barbarie, que d'ignorance, de Superstitions et de fanatisme subsistent à la fois chez les chrétiens et les mahométans! D'incessantes guerres, Lx tyrannie d’un côté,
la servitude de autre, ont ensauvagé leurs mœurs; le manque de routes,
! Population de la Bosnie en 1872 (d'après Blau) :
Bosnie. Herzégovine. Rascie, Ensemble :
pate { Catholiques grecs... 560,000 130,000 100,000 590,000 l » romains, . 122,000 42,000 — 164,000 Musulmans... . . . , . . . . 500,000 55,000 23,000 518,000 Tsiganes ee En re no 8,000 2,500 1,800 12,500 JUS: 5 mere. 6 tale due 5,000 500 200 5,700 TOTAL. « « « . . … 1,150,000
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