POPULATIONS DIVERSES DE LA BULGARIE
entre le Bas-Danube et la mer, Là des Tartares Nogaïs, de même origine que ceux de la Crimée, viennent s'ajouter aux représentants de toutes les races qui se trouvent en Bulgarie, Ces Tartares, non mélangés comme le sont leurs frères de sang les Osmanlis, ont assez bien conservé leur type astatique, Quoique agriculteurs, ils ont encore des goûts nomades el se plaisent \ parcourir les collines et les plaines, à la suite de leurs troupeaux. Un Khan héréditaire, soumis à Pautorité du sultan, les gouverne comme aux temps où ils vivaient sous la tente,
Après la guerre de Crimée, quelques milliers de Nogaïis, compromis par l'aide qu'ils avaient fournie aux alliés, quittèvent leur beau pars de montagnes el Vinrent se grouper en colonies à côté de leurs compatriotes tartares de Li Dobroudja. Par contre, environ dix mille Bulgares de Ta contrée, S'effrayant à la vue de ces Nogais de la Crimée qu'on teur avait dépeint, bien à tort, comme des êtres abominables de vices et de férocité, Senfuirent de leur pays pour aller se niettre sous a protection du tsar, et les domaines qu'on leur assigna furent précisément ceux des Tartares émigrés, Ce fut un échange de peuples entre les deux empires malheureusement, les fuvards des deux nations eurent beaucoup à souffrir, dans leurs nouvelles patries, de Facelimatement et de Ha misère; de part et d'autre, les maladies el le chagrin firent de nombreuses victimes. Bien plus lamentable encore fut le sort des Teherkesses et des autres imnnicrants du Caucase, qui, soit fuyant les Pusses, soit bannis par eux, \inrent, en ENG %et dans les années suivantes, demander un asile à la Porte! ÎS étaient au nombre de quatre cent nulle; ee ne fut done pas sans peine qu'on put leur préparer des villages de refuge en Europe et dans Ta Lurquie d'Asie. Le pacha que a Porte avt chargé de surveiller Prime cralion prit soin d'installer les nouveaux venus dans les régions de Ta Bulgarie situées à Fouest espérantains, mais en vain, rompre la cohésion ethnique des Serbes et des Bulgares. Naturellement, on força les €ravas » à leur céder des terres, à leur bâtir des villages et même des villes entières, à leur donner des animaux el des semences, mais on ne put aussi fietlement leur inspirer Famour du travail En Bulgarie, is ne trouvérent qu'une hospialité défiante, et bientôt désabusés, ls S'enfermérent dans leur insolent orgue et refusérent de S'assouplie au labeur. On raconte que nombre de chefs, en arrivant dans lt eontrée, plantérent leur épée dans le sol pour annoncer ain que a terre leur appartenait et que désormais a population Leur était asservie. La faim, les épidémies, le chat st différent de celui de leurs montagnes, les firent péri en multi des dès li première année, plus dun üers des réfugiés avait succombe.
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Quant aux jeunes filles et aux enfants, il s’en fit un commerce hideux, et les bénéfices qu'en retirèrent certains pachas permirent de se demander si l'on n'avait pas à dessein affamé tout ce peuple. Les harems regorgèrent de jeunes Circassiennes, qui se vendaient alors en moyenne pour le quart ou le huitième de leur prix ordinaire. Constantinople, encombrée, versail son excédant sur la Syrie et l'Égypte. Maintenant que les maladies, loisiveté, le vice ont prélevé leur proie, la population teherkesse s’est à peu près accommodée à son nouveau milieu. En dépit de leur communauté de religion avec les Tures, les nouveaux venus s'associent facilement aux Bulgares et deviennent volontiers Slaves par le langage. |
D'autres fugitifs, que la destinée n'a point traités aussi cruellement que les Cireassiens, ont trouvé un asile dans cet étrange massif péninsulaire de la Dobroudja. Ce sont des Cosaques russes, des Ruthènes, des Moscovites « Vieux-Croyants », qui, vers la fin du siècle dernier, ont dû quitter leurs steppes afin de conserver leur foi religieuse. Plus tolérant que la chrétienne Catherine 1, le padichah les recueilit généreusement et leur distribua des terres en diverses contrées de la Turquie d'Europe et d'Asie. Les colonies cosaques de la Dobroudja et du delta danubien ont prospéré : un de leurs établissements, qui borde les rives du Danube de Saint-Georges, est connu sous le nom de € Paradis des Cosaques». Leur principale industrie est celle de la pêche de Pesturgeon et de la préparation du eaviur, Reconnaissants de l'hospitalité qui leur à été donnée, ces Russes ont vaillamment défendu leur patrie adoptive dans toutes les guerres qui ont éclaté entre le tsar et le sul- Lan, mais ils ont eu d'autant plus à souffrir de la vengeance de leurs compalriotes, restés au service de la Russie. D'ailleurs ils ont conservé leur costume national, leur langage et leur culte, et ne se sont point mélangés avec les populations environnantes,
Une colonie de Polonais, quelques villages d'Allemands, situés sur la branche méridionale du delta danubien, un groupe de quelques milliers d'Arabes, enfin, Les hommes de toute race accourus de FEurope et de Asie vers le port de la Soulina, complètent cette espèce de congrès ethnologique de Ta Dobroudja. Mais li différence est grande entre les tribus diverses qui vivent isolées dans l'intérieur de li presqu'île et la population cosmopolite qui grouille dans la cité commerçgante et dont tous les caractères de
races finissent par se confondre en un mème t\pe.
Ce mélange qui se fait aux bouches du Danube, entre Grecs et Franes, Anglais et Arméniens, Maltais et Russes, Valaques et Bulgares, ne peut