‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 128 sur 545 · BULGARES ET GREC · texte numérisé non relu

BULGARES ET GREC

Bulgares ne veulent plus ètre gouvernés par un clergé qui ne se donne même point la peine de parler en leur langue et qui prétend les soumettre à une nation aussi différente de la leur que le sont les Hellènes, Sans vouloir opérer de schisme religieux, ils veulent se soustraire à l'autorité du patriarche de Constantinople, comme l'ont fait les Serbes et même les Grecs du nouveau royaume hellénique : ils veulent constituer une Église nationale, maitresse d'elle-même, Malgré les protestations du «Phanar », le Vatican de Constan- Unople, malgré la mauvaise grâce du gouvernement, qui n'aime point à voir ses peuples s'émanciper, la séparation des deux Églises est à peu près opérée; le clergé grec a dù se retirer, même s'enfuir de quelques villes en toute hâte, L'événement se serait accompli béaucoup plus tôt st les femmes, plus attachées que les hommes aux anciens usages, n'avaient prolongé la crise, le moindre chingement dans le rite ou dans le costume du prêtre leur paraissant une hérésie lamentable.

Quoique opérée contre les Grecs, cette révolution pacifique n'en est pas moins d'une grande portée contre les Tures eux-mêmes. Les Bulgares, du Danube au Vardur, ont agi de concert dans une œuvre commune; en dépit de leur sujétion, ils se sont essayés, sans le savoir peut-être, à devenir un peuple. C'est lun fait qui, en donnant plus de cohésion à la population de langue slave, ne peut que tourner au détriment des maîtres osmanlis. Ceux-ci sont relativement très-peu nombreux dans les campagnes du pays ulgare qui s'étendent à l'ouest de la vallée du Lom; mais dans les villes, surtout celles qui ont une grande importance stratégique, ils forment des communautés considérables, En outre, la plus grande partie de la Falgarie orientale, entre le Danube et le golfe de Bourgas, est peuplée de Tures et de Bulgares qui se sont tellement identifiés aux conquérants par la langue, le costume, les habitudes, la manière de penser, qu'il est impossible de les distinguer et qu'il faut les considérer en bloc comme les représentants de la nation turque. On n’y voit pas même un seul monastère chrétien, tandis qu'il s'y trouve plusieurs lieux de pèlerinage musulmans, en grande odeur de sainteté. C'est là que se trouve le plus solide point d'appui des Osmanlis dans toute là Péninsule; partout ailleurs les maîtres du pays ne sont que des étrangers.

Après l'élément ture, celui qui a le plus d'importance dans les pays bulgares est l'élément hellénique. Sur le versant septentrional des Balkhans, les Grecs sont peu nombreux, et leur influence dépasse à peine celle des Allemands et des Arméniens établis dans les villes. Au sud de PHæemus, quoique en très-faible proportion relative, ils sont beaucoup plus répandus. On en voit dans chaque village un ou deux, qui vivent de négoce et prati-

quent tous les métiers : ce sont les hommes indispensables de Ha localité ; ils savent tout faire, sont prêts à lout, mettent toutes les affaires en train, animent toute la population de leur esprit. Solidaires les uns des autres et formant dans le pays une grande franc-maçonnerie, toujours curieux de savoir, ils ne manquent jamais d'acquérir une influence bien supérieure à leur importance numérique : à peine sont-ils deux ou trois, qu'ils exercent déjà le rôle d'une petite communauté, D'ailleurs ils forment aussi çà et là quelques groupes considérables au milieu des Bulgares. Hs sont nombreux à Philippopoli et à Bazardjik; dans une vallée du Rhodope, ils possèdent à eux seuls une ville assez populeuse, Stenimacho : nt Ture ni Balgare n'ont pu Sy établir. Les vestiges d'éditices antiques et le dialecte spécial des habitants, qui contient plus de deux cents mots d'origine hellénique et cependant inconnas au romaique moderne, prouvent bien que’depuis plus de vingt siècles au moins Stenimacho est une cité grecque ; jugeant d'après une inseriplion en mauvais état, M. Dumont pense que ce serait une colonie de FEubée,

Le rôle d'initiateurs qu'ont les Grecs dans les pays buluares du Midi, Les Roumains le remplissent partiellement dans le Nord. En aval de Tehernasoda, el jusqu'à la mer, li population de rive droite du Danube est en grande majorité composée de Valaques, devant lesquels reculent peu à peu les Tures de ces contrées. EU tandis que de ce côté Félément roumain ne cesse de S'aceroitre à Fappel du commerce, les avantages qu'offrent à l'agriculture les plaines situées à la base septentrionale des Balkhans attirent aussi dans ces régions de nombreuses colonies venues d'outre-Danube. Quoique les Bulgares eux-mêmes soient de bons agriculteurs, cependant les Valaques ne cessent d'empiéter el de gagner sur eux, comme ils le font aussi sur les Serbes, les Magyars et les Allemands dans les contrées voisines, Plus actifs, plus intelligents que les Bulgares, à li tête de failles plus nombreuses, les cultivateurs valaques € roumanisent » peu à peu Îles villages dans lesquels ils se sont installés. Les indigènes se Taissent assimiler facilement, et dans Fespace d'une génération toute li population se trouve transformée de langue et de mœurs.

Bulgares et Tures, Grecs et Valiques, et çà et des colonies de Serbes et d'banais, des communautés d'Arméniens, des groupes assez nombreux dé dus Npamioles », comme ceux de a Bosnie et de Kalonique, les contmerçants européens des cités, des colonies de Roumains Zinzares et des bandes errantes de Tsiganes, répulés musulmans, lont de la contrée des Balkans un vémitable chaos de nationss néanmoins a

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