TERRITOIRE DES ROUMAINS
En laissant de côté les Valaques du Pinde, on reconnait que le territoire latin des régions danubiennes S'arrondit autour du massif oriental des Carpathes en un cercle presque parfait; mais une moitié seulement de ce cercle est constituée en pays autonome : le resté appartient à lt monarchie austro-hongroise, Si le vœu des Roumains pouvait se réaliser et que la patrie lout entière se trouvàt réunie en un seul corps politique, le centre naturel de la Roumanie ne serait plus dans les limites actuelles du pays; 1 faudrait le chercher à Hermannstadt, la Sibiu des Valaques, où dans telle autre ‘ile de la haute vallée de POlto, sur le versant septentrional des Carpathes, ot elle se trouvait autrefois. Mais, réduite comme elle Fest au versant etérieur des Carpathes, entre les Portes de Fer et les hauts affluents du Pruth, la Roumanie à pris une forme bizarre et mal équilibrée; elle a dû se scinder en deux parties dont a frontière commune, désignée par le cours du Sereth et d'un petit affluent, réunit PFéperon le plus avancé des Carpathes orientales au grand coude du bas Danube, Au nord de cette Hnite est la Moldavie, ainsi nommée d'un affluent du Nereth; au sudouest et à Pouest S'étend la Valachie, où € plaines des Velches », e'est-àdire des Latins, Cette plaine, la tsarea Roumaneseas où terre Roumaine proprement dite, est interrompue de distance en disfanee par des cours d'eau parallèles qui constituent des limites secondaires, el coupée par la rière Ollo en deux parties 5 à Pest la Grande, à Fouest li Petite Valache. Le Danube sert ausst de frontière politique dans toute ax zone mférieure de son cours. C'est qu'en aval des Portes de Fer il est trop large, trop Sinueux, trop bordé de es, de Torêts et de marécages pour que les peuples en marche et les conquérants aient pu en faire leur grand chemin, comme en Autriche eten Bavière; au contraire, ceux qui vouluent continuer leur marche vers Foccident, cherchaient à éviter le leuve, en passant par les défilés des montagnes. Le Danube est une formidable barrière, que, mème de nos jours, de puissantes armées ne peuvent enter de franchir sans de grands dangers. D'ailleurs le brusque méandre que le bas Danube décrit vers le nord, et le large étalement de son delta servent, pour ainsi dire, de bouclier aux plaines valaques, et jadis obligeaient les courants de migration à se détourner vers les” Carpathes. Les cours parallèles du Dnieper, du Boug, du Dniester, du Pruth, protégeaient aussi, bien que dans une moindre mesure, les terres de Ta basse Moldavie.
Néanmoins c'est un phénomène vraiment étrange, et qui témoigne d'une singulière ténacité chez le peuple roumain, qu'il ait pu maintenir ses traditions, sa langue, sa nationalité, au milieu des chocs violents qui n'ont pas
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manqué de se produire sur son terrioire entre les ravageurs de toute race, Depuis la retraite des armées romaines, tant de bandes détachées du gros des envahisseurs goths, avares, huns et petehénègues, tint doppresseurs Slaves, bulgares et tures ont successivement opprimé Tes paisibles cultivas leurs du pays, que leur disparition, comme race distinete, aurait pu sembler inévitable. Mais, en dépit des inondations et des remous de peuples qui ont, à diverses époques, recouvert a population des Daces Taitinisés, ceux-ci, urâce syis doute à la culture plus haute qu'ils tenaient de leurs ancêtres ct qu'ils gardaient à Fétat latent, ont toujours fini par émerger du déluge dans lequel on lee erovait engloutis. Les voie maintenant qui, dégagés de out élément étranger, se présentent au nubeu des autres peuples el réelament leur place, comme nation indépendante TS justifient amplement leur vieux proverbe 2 Romoun no pere Le Roumain ne périra pas Daileurs leur nombre Saccroil rapidement, peutétre de quarante à em quante mille personnes par an.
Les Alpes transilvaines sont aux Roumains, puisqu'ils en occupent les deux versants mais, de partet d'autre, les hautes vallées en sont à peine habitées et Fon peut voyager pendant des journées entières sans renconrer une seule demeure, See rest une butte de bergers. La frontière politique, tracée entre FustroHlongrie et te Roumanie sur a principale arète des monts, est done une Simple Hgne idéale traversant a solitude des forêts tnmenses, Sauf dans le voisinage de li grande route, encore unique, et des sentiers qui passent de Fan à Fautre versant, les hautes Alpes sont restées une nature vierge, où les forêts sont dans leur beauté première, où le chasseur va poursuivre le ehamoiss où naguère vivait encore le bison, ligure sur le blason de la Moldavie. Le Tsigane S\ rend aussi pour aller capturer les ours bruns où noirs qu'il fera danser de village en village. séduit Fanimal en cachant près de sa retraite une grande jarre pleine d'éau-desie et de miel puis quand Fours etsa famille sont tombés ivresmorts, le Tigane parait et les enchaîne.
Sur le versant extérieur des Carpathes, la configuration physique de Ta Roumanie est dune grande Simplicité, En Moldavie, les chaines basses, pue rallèles aux grandes montagnes, se prolongent du nord-ouest au sudeest, el, séparées les unes des autres par des vallées de la Bisteitza, de Ta Moldava, du Nereth, Sabaissent insensiblement pour aller mourir dans les plunes du Danube. En Valachie, les chainons des Alpes transylvaines se ramitient au sud avec une remarquable régularité, et les torrents qui en descendent se ressemblent par leur direction générale, Toutes les rivières,
celles qui naissent dans les vallées méridionales, et les cours d'eau plus
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