MŒURS DES ROUMAINS
sol, fuyant leurs terres où la vue de la souffrance les eût gènés, allaient vivre au loin dans l'intrigue et la débauche, dépensant sur les tables «le jeu des cités occidentales Fargent que des intendants, Grecs en majorité, leur envoyaient après avoir largement prélevé leur part. Quant à la masse asservie de la population, elle était paresseuse, parce que la terre, du reste si léconde, ne lui appartenait point; elle était méfiante et menteuse, parce que la ruse et le mensonge sont les armes de l’esclave; elle était ignorante el superstilleuse, parce que toute son éducation lui avait été donnée par un clergé ignare et fanatique. Leurs popes étaient en mème temps magiciens el guérissaient Les maladies par des incantations et des philtres sacrés. Parmi les moines, les uns, grands propriétaires de serfs et possédant la sixième partie des terres de la Roumanie, étaient des boyards en robe, non moins àpres à la curée que les seigneurs temporels; les autres, vivant d'aumônes, n'étaient guère que des paysans ayant échangé lesclavage pour la mendicité.
Dépourvus de toute instruction, si ce n’est de celle que leur transmetlient les doënas où chants des aïeux, gouvernés comme îls létaient par les anciennes coutumes, les Roumains devaient à une époque récente rappeler les populations perdues dans li nuit du moyen âge; maintenant encore plusieurs coutumes de leurs ancêtres subsistent dans les campagnes. Ainsi, lors des enterrements, les pleureuses à gages poussent des cris déchirants auxquels les parents mélent leurs adieux. On place dans le cercueil un bâton dont le mort se servira pour traverser le Jourdain, un drap dont il se couvrira comme d'un vêtement, une pièce de monnaie qu’il donnera à saint Pierre pour se faire ouvrir les portes du ciel; on n'oublie pas non plus le pain et le vin dont il aura besoin pendant son voyage. Mais si le défunt avait les cheveux rouges, il est fort à craindre qu'il ne tente de revenir sur la terre sous forme de chien, de grenouille, de puce ou de punaise, et qu'il ne pénètre la nuit dans les maisons pour sucer le sang des belles jeunes filles. Alors il est prudent de elouer fortement le cercueil, ou, mieux encore, de traverser d'un pieu la poitrine du cadavre.
De pareilles hallueinations cesseront bientôt, sans aucun doute, de hanter l'esprit des campagnards. Depuis que le paysan cultive sa propre terre, les progrès intellectuels et moraux de la nation ont au moins égalé ses progrès matériels, et ceux-ci sont vraiment considérables. Libéré officiellement en 156, mais encore retenu longtemps par les liens d'un demi-servage, le paysan à fini par posséder au moins une partie du sol. Tant que le seigneur resta l'unique possesseur de la terre, il fut aussi le € maître du pain »
et l’ancien serf m'avait qu'une Bberté presque illusoire, Entin la loi de
IS62, plus où moins bien appliquée pendant les années suivantes, remit à chaque chef de famille agricole une parcelle des terrains qu'il eultivalt, variant de 5 à 27 hectares ; et, depuis cette époque, les paysans, devenus plus libres, ont aussi gagné singulièrement en dignité eLen amour du travail. Leur terre, Si fertile, quoique st mal labourée par a vieille charrue romaine el privée de tout engrais, produit des quantités énormes de céréite les, dont le prix, soldé en beaux écus sonnants, réjouit le cultivateur et Pencourage à une plus grande activité. La Roumanie est désormais une des principales contrées d'exportation pour les blés ; et, dans les années favorables, quand les sauterelles d'Orient ne sont pas venues S'abattre sur ses campagnes, quand Îles violences d'une température extrême n'ont pas tué les plantes, elle est mème pour l'Europe occidentale un grenier plus riche que li Hongrie, En moins de dix ans, l'exportation des céréales, blé, mais, orge, seigle, à doublé, et li somme annuelle qu'elle vaut au pays varie de cent à deux cents millions de franes. Malheureusement, le paysan ne mange guère le froment qu'il produit; garde pour lui le mais, qui lui sert à préparer Sa bouillie ordinaire où mamaliqe et à fabriquer ltmauvaise eau-de-vie qui le console de ses cent quatre-vingt-quatorze jours de jeûne annuel, La eulture de la vigne, jadis absolument négligée, S'aceroit aussi chaque année, et les collines avancées qui forment les contre-forts des Carpathes, produisent d'excellents crus". Le tempsirest plus où, par suite du dégoût que le travail inspirait au Roumain, le nom de Valaque était dans tout FOrient synonyme de berger”, Toutefois les terrains improduetifs S'étendent encore sur plus d'un quart de la Roumanie, et le système de culture, qui est Fassolement triennal, laisse chaque troisième année le sol en jachère. 1 parait que,
1 Agriculture de la Roumanie :
Terrains, Production moyenne légions incultes. 0. + 9,N00,000 heet. {Mais 0. , . . 20,000,000 hectohitr, Prairies et paturages.. . 9,890,000 » Froment. . .. ., 15,000,000 » Forèts.. .. . . , , . . 2,000,000 » Orue.. . . . . Le #,000,000 » Terrainsculüves en céréales, 2,29%5,000 » Pneus 8 re us 1,000,000 « Vignobles. . ne Heu 100,000 h | Jardins, ele. 2. 20,000 0 |
12,025,000 hect.
2 Animaux domestiques en EATA :
Buts et vaches, ele dat a fo 2 ,900,000 PUCS RARES er RÉ Ut ren 100,000 Chevaus., re de Lt DT Re ete D CO 0e à 500,000 Porcs. D GS 3 et ae ti se a LE 1.200.000 Brebrs —- M à 2.000.000
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