‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 154 sur 545 · GRICULTURE ET COMMERCE DE LA ROUMANIE · texte numérisé non relu

GRICULTURE ET COMMERCE DE LA ROUMANIE

dans l'ensemble, les terres de Tai Moldavie sont beaucoup mieux cultivées que celles des plaines valaques. Gel tient surtout à ce que nombre de grands propriélaires moldaves, bien différents à cet égard de leurs voisins, les boyards de Valachie, vivent sur leurs terres et tiennent à honneur d'en diriger euxmêmes l'exploitation; mais de proche en proche les améliorations se répandent dans toute Pétendue de la Roumanie, et déjà les batteuses à vapeur fonedonnent dans la plupart des grandes proprictés. Les bonnes méthodes de culture gagnent aussi peu à peu parmi les petits propriétaires; d'ailleurs ceux-ci ont, en maints districts, l'intelligence de associer pour exploiter en commun de vastes étendues. Souvent des communes entières afferment des terrains d’une étendue considérable; chacun des participants paye une taxe proportionnelle à la surface des champs qu’il cultive.

ays essentiellement agricole, la Roumanie n'exploite guère que les richesses fournies spontanément par kt nature, Les veines de métaux divers, Si nombreuses dans les Carpathes, sont laissées sans emploi à cause du manque de routes d'accès ; les fontaines de pétrole coulent sans utilité, et la plupart des couches de sel gemme restent en réserve sous le sol pour des âges futurs. Quatre salines seulement sont exploitées pour le compte du gouvernement, deux par des ouvriers libres, deux autres par des condamnés qui passent leur vie dans les profondeurs de la roche : chaque année, la production du sel, qu'il serait facile de centupler, ‘élève à plus de 00,000 tonnes, La pêche est aussi Pune des industries de la Roumanie. Les riverains du bas Danube salent el expédient les poissons qui se trouvent en abondance dans le fleuve et les lacs avoisinants et préparent le caviar que leur donnent les grands esturgeons. C'est à peu près tout : Ta Roumanie ne peut avoir d'industrie manufacturière que dans le voisinage des grandes dilles; elle n'a même de véritable spécialité que pour les confitures, triomphe de ses ménagères.

Néanmoins son commerce ne cesse de s'accroitre!. Naturellement, elle n'avait autrefois qu'un débouché pour ses produits, celui des « chemins qui marchent ». Le Danube était la seule porte ouverte au grand mouvement des échanges, et presque toutes les marchandises devaient s'entreposer à Galatz, située précisément à l'angle du fleuve où viennent converger, par le Sereth, les principales routes de la Valachie et de la Moldavie. Long-

! Commerce de la Roumanie en 1R72 :

hnportation. 106,000,000 fr.

Exportation. 4. 4. 167,000.000 »

Transit. 3 504 5 5 à rs 3,000,000 »

Total... ; 276,000 ,000 fr.

temps encore le Danube restera la grande voie commerciale, du moins pour les marchandises; de même, le Pruth, que les bateaux à vapeur remontent jusqu'à Seuleni, à une faible distance au nord de Jassy, continuera de rendre de grands services aux expéditeurs de denrées; la Bistritza el les autres rivières descendues des Carpathes seront les grands véhicules des trains de bois; mais les chemins de fer ont donné à la Roumanie d'autres issues vers l'extérieur. Par Jassy et la Bukovine, le delta du Danube se relie à la Pologne, à l'Allemagne du Nord et aux rivages de la Baltique ; par la ligne de Jassy au Pruth, elle se rattache à Odessa, à la mer Noire et à tout le réseau russe; par le pont de Giurgiu, qui n'aura pas moins de 5 kilomètres de longueur de lune à Fautre rive du Danube, et qui rejoindra le chemin de Varna, les plaines valaques seront en communication directe avee la mer Noire, et bientôt d'autres voies ferrées iront rejoindre à travers les Carpathes, par les défilés de la Tour-Rouge (Turnu-Roch) et du Chi, les hautes vallées transylvaines et les plaines de la Hongrie. Comme le Piémont et la Lombardie, les campagnes moldo-valaques ne peuvent manquer de devenir, grâce à l'horizontalité du sol, une des régions les plus importantes de l'Europe pour la jonction et les croisements des chemins de fer, Mais ce n'est point sans appréhension que Moldaves et Valaques voient s'approcher cette ère commerciale. [Is se disent que les chemins de fer d'outre-Carpathes profiteront surtout aux Autrichiens, juifs où teutons, comme leur ont profité déjà la voie ferrée de Czernovitz à dassy el les bateaux à vapeur du Danube ; ils comprennent fort bien à quels dangers politiques les expose cette prise de possession commerciale par les Allemands, surtout sous une dynastie germanique ; mais c'est à eux de montrer Si leur force de cohésion est suffisante pour qu'ils puissent maintenir, en dépit des nouveaux venus, une solide individualité nationale !

Les Roumains se plaignent fort de ee que le traité de Paris n'ait pas complété leur territoire, du côté de la mer Noire, en lui donnant une des rives de la Soulina. Jadis le delta danubien appartenait à la Moldavie, ainsi que le prouvent les ruines d'une ville construite par les Roumains en face de Kilia, sur la rive méridionale du fleuve, Jusqu'à la fin du siècle dernier, le préfet moldave d'Ismail avait juridiction sur le port de a Soulina et s'occupait du eurage de la passe. Néanmoins les puissances occidentales, attribuant la possession du delta tout entier à li Turquie, n'ont laissé aux

1 Bateaux à vapeur du Danube, en IS72. 29, d'un port de 7,620 tonneaux.

Grandes routes... ,. . . . en INT). 4,266 kilomètres Chemins de fer, . . . . ., » : : 1,235 »

Télégraphes. , . . . . . . » 4,000 »

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