LITTORAL DE L'EUROPE
nations peuvent faire passer Londres au second rang. Peut-être, ainsi que les Américains le prédisent, la civilisation, dans sa marche continue vers l'Ouest, remplacera-t-elle Londres par quelque cité des États-Unis ; peutêtre aussi, par suite d’un mouvement de retour vers l'Orient, le genre humain prendra-t-il Constantinople où le Caire pour centre de commeree et lieu principal de rendez-vous.
Quoi qu'il en soit, les changements si considérables qui se sont accomplis pendant la courte période de vingt siècles, dans l'importance relative des péninsules et des îles de l'Europe, prouvent bien que la valeur des traits géographiques se modifie peu à peu avec le cours de l'histoire. Les priviléges mêmes dont la nature avait gratifié certains pays peuvent se changer avec le temps en de graves désavantages, Ainsi les petits bassins étroits, les ceintures de montagnes, les innombrables dentelures des côtes, qui avaient à itrefois favorisé le développement des cités grecques et donné au port d'Athènes l'empire de la Méditerranée, éloignent maintenant l'Hellade de la masse du continent et ne permettront pas de longtemps qu'elle se ratlache au réseau des voies de communication européennes. Ce qui faisait jadis la force du pays fait aujourd’hui sa faiblesse, Aux temps primitifs, avant que l’homme püt encore se confier aux barques pour tenter les périlleux chemins de la mer, les baies, les mers intérieures étaient un obstacle infranchissable à la marche des peuples; plus tard, grâce à la navigalion, elles devinrent le grand chemin des nations commerçantes et favorisèrent grandement [a civilisation ; actuellement, elles nous gênent de nouveau en arrèlant nos routes et nos chemins de fer.