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LE PIÉMONT, LA LOMBARDIE, VENISE ET L'ÉMILIE

La grande vallée du PÔô, que on appelle quelquefois Haute-ltalie parce qu'elle orcupe la partie septentrionale de la Péninsule, devrait au contraire être désignée sous le nor de Basse-ltele, puisqu'elle est située à une élévation moindre que les autres groupes de provinces. C’est une région nettement délimitée, car elle est encore comprise dans le tronc continental, et, du côté du sud, tes Apennins la bornent de leur long rempart. De nos jours, c'est une plaine fluviale, mais elle était certainement encore à l'époque pliocène un golfe de la mer. Ce golfe a été peu à peu comblé par les alluvions qu’apportaient les fleuves et soulevé graduellement par la poussée des forces intérieures, tandis que plus haut les érosions des torrents agrandissaient la plaine en rongeant la base des montagnes. C'est ainsi que, par le long travail des siècles, le bassin du Pô à pris une déclivité des plus régulières. À l’époque où les eaux de l’Adriatique pénétraient dans les vallées, entre les racines du mont Rose et du Viso, l'Italie ne tenait que par le mince pédoncule des Apennins de Ligurie, à moins toutefois que la mer n'eût pas encore détruit l’isthme de montagnes qui rattachait la Corse et la Sardaigne aux Alpes continentales.

Aucune autre région d'Europe n’est plus admirablement entourée d’une enceinte de montagnes, et bien peu de contrées dans le monde peuvent lui être comparées pour la magnificence des horizons. Au sud, les Apennins s’élèvent au-dessus de la zone des bois et, par leurs rochers, leurs forêts, leurs

1 Superficie de l'Italie... . . . SN 296,014 kilomètres carrés. Population en 1874. , . . . . . . . 26,800,000 hab. Population kilométrique. . . . . . . 90 »

VALLÉE DU PO ET CERCLE DES ALPES, ol1

pâturages, contrastent avec l’immense plaine uniforme; à l'ouest et au nord, du vol de Tende aux passages de l’Istrie, ce sont les grandes Alpes chargées de glaces qui se dressent dans leur sublimité. Au-dessus des campagnes de Saluces, le Viso, ainsi nommé de la beauté de son aspect, domine toute la crête de sa haute pyramide isolée et déverse des petits lacs de ses pâturages le ruisseau mugissant qui prend le nom de Pô; au nord-ouest de Turin, le Grand-Paradis s'appuie sur d'énormes contre-forts, aux immenses glaciers; non loin de ce massif central apparaît la Grivola, peut-être la pointe la plus élégante et la plus gracieusement sculptée des Alpes; à l'angle de tout le système des Alpes, le dôme du mont Blanc se hausse comme une île audessus de la mer des autres montagnes; la masse énorme du mont Rose, couronnée de son diadème à sept pointes, allonge ses promontoires en

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Les hauteurs sont centuples des longueurs

avant de la Suisse; puis viennent le groupe du Splugen, l'Orteler, l'Adamello, la Marmolata et tant d’autres cimes, ayant toutes une beauté qui leur est propre. Quand, par une claire matinée de soleil, on voit, du haut du dôme de Milan, la plus grande partie de l'immense amphithéâtre se dérouler autour de la plaine verdoyante et de ses villes innombrables, on peut s'applaudir d’avoir vécu pour contempler un tableau si grandiose.

Dans leur ensemble, les Alpes qui enceignent l'Italie peuvent être considérées comme appartenant géographiquement aux contrées limitrophes. La même raison qui à donné un si grand charme au versant italien des montagnes, a fait de ces hauteurs une dépendance naturelle des Gaules et de la Germanie. Du côté méridional on saisit d’un seul regard toute la déclivité des Alpes; on contemple à la fois les campagnes plantées de vignes et de müriers, les forèts de hètres et de mélizes, les pâturages, les rochers nus, les glaces éblouissantes ; mais le cultivateur ne se hasarde dans

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ces pays difficiles que poussé par la misère, Sur l'autre versant, plus allongé, et d'ailleurs tourné vers le nord, le spectacle offert par les monts esten général beaucoup moins varié, les terres sont moins fertiles, mais les habitants des hautes vallées et des plateaux ont Favantage de pouvoir franchir facilement la crête, pour redescendre sur les pentes méridionales. Indépendamment des Lentations que la vue des plaines de Ptalie faisait naître chez des mon-

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