N° 52, — LA SERRA D'IVREA ET LES ANCIENS LACS GLACIAIRES DE LA DOIRE
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et même à 690 mètres au-dessus de Ta vallée où se promènent aujourd'hui les eaux de la Dora Baltea; une Simple moraine latérale, le Clôture » ou Serre d'Ivrea, aux talus revêtus de châtaigniers, se développe sur une longueur de 2$ kilomètres à l'est du fleuve, pareille à un rempart incliné, d'une régularité parfaite, À Fouest, la grande moraine dite colline de Brosso, est moins remarquée, parce qu'elle est moins haute et qu'elle se profite sur un massif avancé des grandes Alpes; mais au sud, le rempart ébréché de la moraine frontale se développe en un demi-cerele encore #1
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pe. parfait. Dans les débris amoncelés au pied de l’ancien glacier, les roches r st écroulées du mont Blanc se mêlent à celles qui firent autrefois partie du mont Cervin. Et pourtant ce prodigieux courant de glau, celui que les || ES ER géologues Guyot, Gastaldi, Martins, d’autres encore, ont le plus étudié Dia dans tous ses détails, le cédait en importance aux glaciers jumeaux du Tessin et de PAdda qui, du Simplon au Stelvio, S’'épanchaient au sud vers
les bassins occupés actuellement par les lacs Majeur et de Como, emplissaient
LS | par des branches latérales la tortueuse cavité du lac de Lugano, puis, après un cours de 150 et de 190 kilomètres, se déversaient dans les plaines de la Lombardie; les branches nombreuses de leur delta entouraient, comme des îles, les divers contre-forts les plus avancés des Alpes. À Pest de ce réseau de glaciers, celui de l'Oglio où du lac Isco, long de T0 kilomètres à peine, et dont les moraines terminales, mesurées par M. de Mortillet, n'ont pas moins de 500 mètres de hauteur, pouvait sembler un courant secondaire; mais immédiatement au delà venait Pimmense fleuve glacé de la vallée de PAdige, le plus considérable de tons ceux des Alpes méridionales. De son origine, dans le massif de PŒtzthal, à ses moraines lerminales, au nord de Mantoue, ce fleuve solide avait près de 280 kilomètres de développement, Un de ses bras, ’avançant vers Pest dans la vallée de Ta Drave, descendait jusque dans les plaines où se trouve aujour- N ie d'hui Klagenfurt, tandis que la masse principale suivait au sud la dépresfi 4 1 sion où coule PAdige, puis se divisait en deux courants autour du Monte x Fu0 AIS Baldo, emplissait la cavité du lac de Garde et poussait devant lui un véri-
j348 table rempart semi-cireulaire de hautes moraines. Quant aux autres ‘1h NS glaciers, situés plus à lorient, ceux de la Brenta, de la Piave, du Tagliamento, ils se trouvaient forcément renfermés dans des limites plus étroites, à cause de la faible étendue relative de leurs bassins.
Les blocs erratiques, dont quelques-uns étaient gros comme des maisons, is ne sont plus très-nombreux. Les maçons les exploitent en carrières, et si on { fl ne prend soin d'en conserver des échantillons comme propriété nationale, 1} ils auront bientôt disparu. À Pianezza, à l'issue de la vallée de Suze, on f al voit un bloc de serpentine dont la partie saillante, déjà fortement en- | EUX lumée par la mine, n'a pas moins de 295 mètres de long sur 12 de large 1h ‘10 et 14 de haut, et un volume approximatif de 2,500 mètres cubes ; il porte une chapelle à Fune de ses extrémités, On voit aussi de magnifiques pierres voyageuses dans les montagnes qui s'élèvent entre les deux branches du lac de DD 0) |. Como, et de grandes colonnes ont pu y être taillées d’un seul bloc pour les
églises et les palais des alentours. Enfin, le versant des collines de Turin
lourné vers les Alpes est également parsemé d'un grand nombre de pierres