‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 193 sur 545 · MEL MELR TIRE · texte numérisé non relu

MEL MELR TIRE

ol NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE

dernier torrent a rivière Cismone, qu'un éboulement, semblable à celm du Pinei, avait détournée vers la Brenta, dont elle doublait le volume. Le Cordevole lui-même à eu à subir de grands changements à une époque toute récente, en 1771, En face de l'énorme paroi de la montagne de Cività, rayée de fissures verticales, les terrasses verdoyantes de Ta Pezza se mirent à glisser sur un plan incliné de schistes pourris, et, d'abord lentement, puis avec un élan soudain, vinrent S'abimer dans la vallée, Deux villages furent écrasés, deux autres noyés dans les eaux du Cordevole transformé en lac, Quand l'onde est tranquille, on voit encore les restes des maisons englouties de ancienne Alleghe, métropole de la vallée,

Le fleuve Brenta, qui nait sur le territoire ürolien, dans admirable val Sugana, à de tout temps donné aux Vénitiens les plus cruels soucis, à cause du désordre que ses eaux et ses alluvions causent dans le régime des Tagunes. Autrefois 1 se jetait, à Fusina, dans Pestuaire vénitiens mais ses atterrissements comblaient les chenaux etempestaient Fatmosphère, Tandis que les Padouans et les autres habitants des basses plaines avaient intérêt à faire couler le fleuve par la voie la plus directe vers les lagunes alin d'en abaisser ainsi le niveau et de n'avoir rien à craindre des inondations, les Véniliens au contraire tenaient à éloigner la Brenta pour maintenir la profondeur et salubrité de leurs lagunes. Ge conflit d'intérêts donna heu à maintes guerres, véritables luttes pour l'existence, La conquète du littoral de la grande terre devint pour Venise une question de vie ou de mort, et dès que la république des lagunes eut triomphé, elle se mit à l'œuvre pour déplacer la rivière, Au moyen d'un premier canal, a Brenta nuora où Brentone, puis d'un deuxième, la Brenta nuorissima, on dériva les eaux du fleuve de manière à leur faire contourner toute la lagune et à les jeter, avec celles du Bacchiglione et les petits cours d'eau du Padouan, dans le port de Brondolo, à quelques kilomètres au nord de la bouche de PAdige, Mais la Brenta, dont le cours se trouvait ainsi notablement allonge, dub exhausser son lien amont, et c'est à grand'peine qu'on à pu la maine lenir entre ses levées latérales, De IST à 899 le torrent avait vingt fois rompu ses digues, et la graduelle élévation du Bt menaçait de rendre ces malheurs encore plus fréquents, Alors on prit le parti d'abréger de 16 kilomètres le cours du fleuve, en le jetant directement dans une enelave de Ta lagune de Chioggia. En effet, le danger des crevasses à été conjuré pour un temps; en outre, la Brenta, dont les alluvions empiètent peu à peu sur l'eau salée, à donné à Ftalie une superticie de 30 kilomètres carrés de terres nouvelles; mais les pêcheries de cette partie du lac ont été complé-

tement ruinées et la fièvre à fait son apparition dans les villes du littoral

{ | : ve ., b BRENTA ET LAGENES DE VENISE oil k M voisin, Les hommes de Part ne savent trop comment parer aux caprices de 8 | L ces redoutables voisins, les fleuves torrentiels, LL , VU Q , + » 16,6 | 3 I n’est pas douteux que, sans tous les efforts des ingémieurs vénitiens, les FA Q TR , , "it , 0 \ 4 lagunes du Lido, de Malamocco, de Chioggia, n'eussent été comblées depuis “2 le 4 | LL NU O6, — DLAGENES DE VENISE, LL ».

à ÿ { Al F4 ï Î “All :48 |

Echelle de 1 354 00 à g: chellr del +000 {1

des siècles, comme l'ont été plus à l'est celles de Grado et d'Aquilejas mais F ès de tout temps Venise comprit avec quelle sollieitude elle devait garder sa { ! à précieuse mer intérieure : 11 était même défendu de cultiver les barene ou fi tft petits îlots élevés au-dessus du niveau des marées; on craignait avec raison

que l’avidité des cultivateurs ne les portàt à empiéter peu à peu sur le do- È

maine des eaux, Les hydrauliciens de la république ne s'étaient pas bornés à détourner tous les torrents qui se jetaient auparavant dans les lagunes véniliennes ; ils avaient aussi éloigné vers l’est, par des canaux artificiels, les bouches de la Sile et de la Piave, afin de garantir le port du Lido du voistnage dangereux des alluvions fluviales; ils agitèrent mème l'immense projet de recevoir tous les fleuves alpins, de l'Isonzo à la Brenta, dans un grand canal de circonvallation, qui eût déversé la masse entière des troubles bien an sud des lagunes. Mais ce plan gigantesque ne put être réalisé : les débris portés par le courant du littoral fermèrent le port du Lido; dès la fin du quinzième siècle il fallut F'abandonner et reporter à 12 kilomètres plus au sud, au € grau » de Malamocco, le grand port militaire de Venise, Pour le protéger contre les apports de débris on arma d’épis ou éperons transversaux les digues puissantes où murazzi qui consolident la flèche sablonneuse de la côte, et depuis quelque temps une jetée de 2,200 mètres S'avance comme un grand bras au dehors de la barre de Malamocco, et retient les allusions que charrie la mer,

Au sud du delta commun de l'Adige et du P6, la plupart des torrents qui descendent des vallées parallèles des Apennins ne sont pas moins errants dans leur cours que ceux de Ftalie vénitienne, et font également le désespoir des ingénieurs, Les rivières qui arrosent les districts de Plaisance et de Parme, la Trebbia, le Taro, F'Enza et autres cours d'eau voisins, parcourent entre lApennin et le Po une zone de plaines trop étroite pour qu'il leur eût été possible de modifier la topographie locale sur de vastes étendues; mais en est bien autrement dans les grandes campagnes unies de Modène, de Bologne, de Ferrare, d'Imola : à toutes les eaux courantes ont promené à l'infini leurs méandres toujours changeants, et le pays est couvert des ruines de levées entre lesquelles les riverains ont vainement ché de les enfermer d'une manière permanente, La ville de Modène elle-même a été détruite par les inondations de la Secchia et d’autres torrents réunis en un déluge. Le Tanaro, le Reno et les cours d'eau parallèles qui s'épanchent au nordest, soit dans le canal de ceinture des lagunes de Comacehio, soit directement dans la mer, ont tous aussi leur histoire de destruction, et tour à tour on les bénit pour leurs alluvions fertilisantes, on les maudit pour leurs crues dévastatrices. Un de ces torrents, probablement le Fiumicino, est le fameux Rubicon qui servait de frontière à Fltalie romaine et que franchit César en prononçant le mot fatal: Ale jacte est. La bouche du Fiumicino est à 16 kilomètres de Rimini, ce qui est à peu près la distance indiquée pour le Rubicon par la Table de Peutinger; mais les torrents de cette région ont si fréquemment changé de lit en remaniant les alluvions du littoral,

niles isijet DE au )O1'inul, éles , Ja un que

qui units sûst de ent eût hais de TR incs

mer

par . Le ord- ‘ctetour rues ICUX ren

st à

Jour

ion

al,

Page 1