‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 195 sur 545 · PLAINE ET COURS DU PO · texte numérisé non relu

PLAINE ET COURS DU PO

rompu ; la cause en est aux bouleversements qu'ont produits les inondations successives, Certes il est très-naturel de penser que dans un grand nombre de pays les limites des champs cultivés se sont maintenues sans changements pendant des siècles, mais on ne saurait le constater d'une manière positive, tandis que dans les plaines de l'Émilie, au milieu de contrées dont la plus grande partie a été remaniée par les torrents, ce sont bien les lignes tracées par le cudastre romain que lon voit, aussi régulières qu'au premier jour, Les invasions et les guerres qui ont renversé tant de monuments, détruit tant de cités, n'ont pu, depuis deux mille années, déplacer les sentiers ni couper les sillons des ehamps. De l'autre eôté du P6, les plaines qui s'étendent au sud-est de la voie Postumia, entre Trévise et Padoue, présentent, par la disposition régulière de leurs cultures et de leurs chemins, la reproduction parfaite des colonies émiliennes.

Eu proportion de l'étendue de son bassin et de la longueur de son cours, le Po a subi moins de changements que la Piave et le Reno; mais la richesse et la population des cités qui le bordent, la fécondité de ses eaxmpagnes, l'abondance de sa masse liquide, la grandeur des travaux entrepris pour sa régularisation, donnent une importance exceptionnelle au moindre de ses écarts : le Pô est le grand fleuve de l'ancien estuaire Adriatique; c'est le « Père », comme disaient les Romains.

Le torrent qu'alimentent les neiges du Viso doit probablement à la beauté de ce mont dominateur d'être considéré comme la branche maitresse du grand fleuve et de lui imposer son nom; mais la Maera, a Varaita, le Clusone pourraient lui disputer cet honneur : ils n'ont pas moins d'eau et, quand ils arrivent dans la plaine, ils ne fertilisent pas moins de campagnes par leurs canaux d'irrigation, Le lit commun serait bientôt épuisé st de tout l'hémicyele des montagnes n'accouraient d'autres torrents, la Doire Ripaire, la Petite-Stura, l'Orco, la Doire Baltée, qu'alimentent les glaciers du mont Blanc, occupant ensemble une superticie de 72 kilomètres carrés, ceux du Grand-Paradis, plus vastes encore, et quelques-uns des champs de glace du mont Rose. Puis viennent, au nord la Sesia et au sud le Tanaro, qui unit dans son lit l'eau des Apennins à celle des Alpes. Le Tessin, qui

vient ensuite, est le plus important des affluents du Pô par la masse de ses eaux; il dépasse de beaucoup toutes les rivières descendues des lacs Alpins, L'Adda, FOglio, le Mincio : «€ sans lui, disent les bateliers du fleuve, à Po non sarebbe Po. » De tous les bassins fluviaux d'Europe, la plaine de FI: lalie septentrionale est celle qui verse la plus forte masse liquide dans la

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mer, comparattement à son étendue 1 des cours d'eau, que Fou eroirait devoir étre msignifiants à cause de leur fable longueur, doivent au con- Lrare à | abondance des neiges el des pluies alpines de rouler Une HAsse l1-

quide très-considérable, Plusieurs des grands affluents du Pé constitument

qudis des obstacles fort sérieux à lt marehe des armées anse metal pas

élonnant que le Tessin, le Mincio, FEnza, aient, aussi bien que le Po lurméme, servi de frontières politiques.

En aval de son confluent avee le Tessin et surtout au-dessous de Br bouche de PAdda, Le Pé emportant déjà vers homer les ein sièmes des eaux de son bassin, à complétement perdu son caractère de torrent des montagnes Une roule plus un seuleatlon, ete sable de son test menuisé en fine poussière. Aucune élévation, pas méme un sent plateau d'anciens terrains de transport, tee est le petiUmassif de Nan Colonmbano, ne se montre sur les rness le fleuve pourrait se promener Hbrement dans les campagnes, Ci netut retenu à droite et à gauche par des levées ou argiur qui lor ment en Europe, après les digues de la Hollande, Le sstème te plus complet ele mieux entendu de remparts protecteurs est probable que dès Le temps des Etrusques les rives du fleuve étuient ainsi défendaes etre les débordements, car Eucain décent déjà les diuues comme st elles existent depuis une période immémoriales mais lors de invasion des barbares les rherams cesséerent de Soutenir contre les eaux de crue une lutte que la guerre et la nustre rendaient inpossible, et eest après Le nenvieme sécle seulement qu'il mirent main à Foœuvre de reconstruction. En DIS le trail étui complétement terminé, autant du moins que peut étre une opération semblable. On comprend de quelle énorme vmpor lance économique est le bon entretien des levées, puisque les terrains proieges ont une étendue de L200,000 hectares; 1 donnentun produit agricole de plus de deux cents nullions par an el représentent un capital de plusieurs anlliards auquel S'ajoute la valeur des eités riveraines et des établissements industriels qu'elles renferment. Mais les iles du moins sont faciles à défendre, grâce à la prévovanee de leurs arciens construeleurs, Etrosques on Celtes, qui prirent sein de leur donner pour piédestuux des terrasses artlicielles supérieures au niveau des plus hautes eaux d'inondation. C'est au commencement de ce siècle seulement que Pélévae Mon constante du niveau de cernes causée soit par la déforestation des Montagnes, soit par a suppression de toutes les brèchies du Hit fluvial, à lorcé les habitants de Resere, de Sermide, d'Ostiglia, de Governole, de

Borgolorte et d'autres villes des bords du Po, d'eutonrer leurs habitations

d'une enceinte supplémenture.

où.

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