GERMAINS ET VAUDOIS D'ITALIE
les plaines de l'alie septentrionale et sur les premières pentes alpines, les deux plus considérables étaient les «Treize Communes», situées at nord de Vérone, non loin de la rive gauche de PAdige, et les & Sept Communes », dans le groupe de montagnes, entouré de vallées profondes, qui domine le cours de la Brenta au nord-ouest de Bassano. Actuellement les homines teuttonici de ces distriets, prétendus Cimbres dans lesquels les érudits voulaient reconnaitre les descendants des barbares vaineus par Marius, ne révèlent plus leur origine que par leurs veux bleus et leur chevelure blonde; mais par le langage et les mœurs ils ne sont pas moins Haliens que les gens de la vallée : à peine quelque vieillard comprend-l encore Pidiome de ses aïeux, que lon dit avoir beaucoup ressemblé au langage bavarois des bords du Tegernsee. On ne sait plus bien quelles étaient les Timites exactes des Treize Communes, dont les noms et les contours ont changé. Le territoire des Sept Communes, où le distriet d'Asiago, l'ancien Schläge des Allemands, est parfaitement délimité par la nature du sol; mais quoique limitrophe de l'Autriche, il est à peine moins latinisé que l'autre distriet. Da reste, loin d'avoir été sur le sol italien les champions de la puissance allemande, comme on se l'imagine facilement de Pautre côté des Alpes, les habitants des communes germaniques étaient au contraire chargés par la république de Venise du soin de défendre ses frontières contre les envahisseurs du Nord : ils étaient dispensés du service militaire, el jouissaient de leur autonomie administrative, mais à charge d'empécher le passage de l'ennemi à travers leurs vallées, et de tout temps ils s'acquittèrent vaillamment de cette mission : de là le nom de « très-fidèles » que les Vénitiens avaient ajouté à la désignation de @ très-pauvres » portée jadis par ces anciennes populations Tlombardes. Mais ni la protection de Venise, ni plus tard celle de l'Autriche, n’ont pu sauver les communes allemandes de l'invasion des « Velches ». À lorient des grands lacs il ne reste plus un seul groupe de population non italienne; c’est au nord du Piémont seulement, sur le versant méridional des Alnes suisses, qu'ont pu se maintenir des colonies germaniques. Ces colonies, qui occupent les vallées rayonnant au sud du mont Rose et le haut val Pommat, où la Toce naissante forme Pune des plus admirables chutes des Alpes, auraient aussi depuis longtemps changé de langue, si elles n'étaient appuvées par les populations de même race qui vivent en Suisse, dans les vallées limitrophes. Récemment encore Alagna (Olen), Pun de ces villages allemands, conservait ses mœurs antiques : depuis des siècles il n'y avait eu ni procès, ni contrat, ni testament, ni acte notarié d'aucune sorte : tout y était réglé par la coutume, c'est-à-dire par l'autorité absolue des chefs de famille,
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ab NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
L'élément français est beaucoup plus considérable que Félément germanique sur Le versant italien des Alpes, Toute li haute vallée d'Aoste, entre le massif du Grand-Paradis et celui du mont Rose, et de Fautre côté des monlignes de Maurienne, les vallées supérieures de a Doire Ripaire, du Cluson, du Pellis ou Pelice, de a Varoche où Varaita, sont habitées par des populalions de langue française et de même origine que les Kavoyards et les Dauphinois du versantopposé. La disposition générale des massifs alpins à facilité cette invasion pacttique des Celles occidentaux, au nombre d'environ 120,000, C'est à Fouest de Hi erête que les montagnards occupent le plus \aste territoire et sont groupés en communautés nombreuses; dominant, comme du haut dune citadelle, es plaines de Paie iEesttout naturel qu'ils soient descendus pour oceuper toute la zone des forôts et des pâturages, des étroites vallées jusqu'au pied des monts, En maints endroits le dernier défilé où se glisse le torrent avant de étaler dans plume étuit leur Finite, et la dernière roche des chainons avaneés porte encore les ruines des ehteaux de défense de l'ancien Dauphiné français, Mais la centralisation croissante de FE: tal italien, la conseription milituüre, Fadministration, les tribunaux, les écoles font de plus en plus reculer a lingue française vers la frontière poliques chaque village à déjà deux noms, et la désignation moderne est celle qui prend peu à peu le dessus, Les populations de langue française qui résistent Le plus à Pitalianisation sont les Vaudois des deux vallées du Pellis et du Cluson, en amont de Pignerol où Pinerolo C'est que les Vaudois ont une littérature, de fortes traditions, une histoire, un palriolisme religieux et national, Leur secte, bien antérieure à a Réforme, étuit perséentée dès le treizième siècle, et depuis cette époque leur vie s'est passée dans les luttes et les souffrances de toute espece: SOUveRt on à pu croire que l'extermination de ee petit peuple avait été complètes maux ils'est toujours relevé, et Pannée NAS lui à donné légalité des droits. dadis force mora.c obtenue par Fhabitude du sacrifice avait assuré aux Vaudois exilés une grande influence dans les pays de refuge, en Nuisse, en France, en Angleterre? aussi € lisraël des Mpes » atl conquis dans Fhistoire une place bien plus importante que ne pourrait Le faire supposer sa faible population, de seize à dix-sept mille habitants.
La fertilité du sol, la richesse en eaux courantes et Fimmense outillage agricole légué par les générations antérieures retiennent encore à la culture de terre la plus grande partie des populations de Fltalie padane. On essor vainement d'évaluer prodigieuse quantité de travail repré. sentée par le réseau des canaux d'irrigation, Pentretien des digues, des
fossés, des chemins, Fégalisation de Bt surface des ehampss a transtorma-
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