‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 206 sur 545 · INDUSTRIE DE L'ITALIE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DE L'ITALIE SEPTENTRIONALE

tion de toutes les pentes cultivées des montagnes en terrasses où roncht d'une parfaite régularité ; les énormes déblais de terrains que se vanti d'avoir faits Findustrie moderne pour la construction des chemins de ler sont peu de chose en comparaison des gradins de cultures que Les pe ysnis ont établis, comme des escaliers de géants, sur le pourtour de toutes les collines et à la base de presque tous les monts qui enceignent la vallée du Pô. Le mode de culture adopté demande en outre un labeur incessant, car ce t'est pas de li charrue de fer, c'est de la bèche à fi d'or » que se sert Le paysan : son travail est plutôt du jardinage que de l'agriculture pro: prement dite, Aussi la quantité des produits fournis par la grande plaire, céréales, plantes fourragères, feuilles de raûrier et cocons, légumes et fruits, fromages dits parmesans, lodésan: et d'autres encore, s'élève-telle au moins à la somme de deux milliards et suffit à maintenir un commerce d'exportation très-considérable, Par certaines cultures, la Lombardie et le Piémont se trouvent au premier rang dans le monde, el presque seules en Europe ces contrées possèdent lt culture semistropicale du r17, introduite au commencement du seizième siècle, Quant aux vignobles, ils sont en général mal entretenus eCne donnent qu'une liqueur iédiocre, ste n'est sur les coteaux d'Asti et du Montferrat et sur le monticule ‘nsulaire de Nan Colombane, dont les vins sont trèc-justement renommés. Où dit aussi je le picolito des environs d'Udine est à peine inférieur au tokay.

Les grandes provinces agricoles de a région du Po correspondent aux divisions naturelles du sol, lt montagne, la colline et la plaine, La diversité des terres et des elimats à vu pour conséquences, non-seulement la diversité des cultures, mais encore une différence essentielle dans le régime de li propriété, Dans les hautes vallées, du col de Tende au mont Tricorno où Triglav, la plus grande partie du sol, pâturages et forêts, était indivise entre tous les habitants d’une mème commune et c’est à grand'peine que la loi italienne, hostile à ce mode de propriété, parvient à la transfornier graduellement, Mais si presque tous les montagnards sont copropriétaires d'alpes et de forêts communes, ils ont aussi des lopins de terre qui leur appartiennent en propre; chacun possède son petit versant de prairie, son rocher qu'il a changé en jardin à force de travail; l'état social des habitants ressemble à celui des paysans français, qui, eux aussi, jouissent des avantages de la petite propriété. Dans les pays de collines, au pied de la monlagne, la terre est divisée en métairies déjà plus grandes, le paysan n’est plus son propre maître, ilest soumis à une foule d'usages et de redevances d'origine féodale, mais du moins a-til une part de produits dont il peut disposer à son gré. Dans la basse plaine, où le creusement et l'entretien

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des canaux nécessite l'emploi de grands capitaux, les campagnes, quoique Loujours divisées en nombreuses pareciles, appartiennent presque en entier à de riches propriétaires, qui pour là plupart vivent loin de leurs domaines et les louent à des métayers. La multitude des eultivateurs reste done complétement sans ressources propres et doit travailler à gages sur les terres d'autrui, C'est dans la région la plus fertile de Pltalie du Nord que vivent les paysans les plus misérables, les plus souvent décimés par les maladies, les plus insouciants du privilége de l'instruction. À cet égard, quelle différence entre eux et les montagaards vaudois des environs de Pignerol ou les habitants de La Valteline! La province de Sondrio, que forme La haute vallée de Pda. est parmi toutes les contrées de Ptalie celle qui à Fhonneur de corupter dans ses limites la moindre proportion d'hommes absolument ignares.

Un mouvement d'émigration périodique emmène chaque année un grand nombre de montagnards des Alpes d'Italie dans les cités de La plaine et dans les pays étrangers. Suivant un vieux proverbe, @ il n’y a point de contrée dans le monde sans passereaux ni Bergamasques ; » mais ceux-ci, fort nombreux ilest vrai, ne constituent pourtant qu'une faible proporlon des montagnards nomades qui vont soutenir loin du pays natal, et jusqu'en Amérique, le dur combat de l'existence. Les Frioulans, les riverains du lae Majeur et les Piémontais sont parmi les empressés à quitter les masures palernelles. Les cols des Alpes occidentales, fort dangereux en hiver à cause de la grande abondance des neiges, ne sont pratiqués dans celle saison que par des Piémontais descendant à Marseille et dans les autres villes de la France méridionale; ils viennent par bandes prendre part à ous les grands travaux publics, à £oté des ouvriers français, qui les aiment peu d'ailleurs, à cause de Ta baisse des salaires amenée par leur concurrence, Accoutumés à une abstinence rigoureuse, les Piémontais peuvent encore se contenter de prix de misère el s'emparent ainsi, à lexclusion des ouvriers provençaux, d'un grand nombre de chantiers; mais cel antagonisme ne peut que diminuer peu à peu, puisque les salaires de la urande industrie tendent à s'égaliser dañs toutes les contrées de PEurope par le groupement des capitaux.

A l'exception des importantes mines de fer qui servaient à fabriquer les armes si renommées de Breseia, et des gisements d'or du val Anzasea, at pied des Alpes du mont Rose, oûte du temps des Romains travaillaient jusqu'à einq mille esclaves, eLqui de nos jours sont encore exploités avec quelque fruit, Fladie du Nord n'a guère de veines métalliques d'une grande richesse;

: ; | BE es mais elle à ses carrières de marbre, de gneiss, de granit, de terre à

MINES ET PÊCHERIES DE L'ITALIE SEPTENTRIONALE. 307 (l ni : Nr que poterie et à faïence ; ces travaux miniers occupent des populations entières. 14 à nlicr Quant à l'industrie proprement dite, on sait quelle fut jadis son impor- ‘Al fl À unes lance à l’époque des grandes républiques italiennes, on sait à quel degré HSE cOIn- | de perfection les ouvriers lombards et vénitiens avaient porté la fabrication | ji AA 4 res des tissus de soie, des velours, des étoffes d’or et d'argent, des tapisseries, ft f: Qt vent des glaces, des verreries, des faïences, des métaux ouvrés, des objets de no fi lies, loute espèce qui demandent du goût et de Phabileté de main, La perte de 1 qi i. ifle- la liberté fat aussi la ruine de l’industrie; mais de nos jours les tradi- ( 1 QE les lions du travail se renouent, surtout pour la fabrication des soieries. 11e ; }. aute Seulement les manufactures manquent de bois et de houille, eet aliment | j L'h on- presque indispensable des machines; Peau des torrents est a grande 1 | bso- force motrice à laquelle les usiniers doivent avoir recours ? c’est à Pissue ete des vallées alpines que se fondent presque toutes les grandes usines. M: and | Parmi les anciennes industries qui subsistent encore et qui appartiennent e el | en propre à Falie, il faut citer les pêcheries des Tagunes de Comacchio, | de L'ensemble de l'étang constitue un immense appareil de capture, unique “1, dans le monde, Le « grau » de Magnavacea, devenu à peu près compléte- 01- | ment inutile pour la navigation, sert maintenant de porte d'entrée aux el “aux du canal Palotta, que lon peut justement désigner sous le nom r'1- d'aorte de Pétang. Ce canal, creusé de 1634 à 1654, apporte les eaux ter | salées dans lintérieur du continent et, par d'ingénieuses ramifieations de ‘UX | canaux secondaires, munis de vannes et d'éeluses, fait cireuler le flot viviués liant jusqu'aux extrémités des lagunes : la grande nappe de Mezzano qui uns oceupe toute là partie occidentale des ralli s'est trouvée ainst rattachée lre aux étangs du littoral, et ses eaux douces se sont changées en eaux salées, qui Les divers bassins endigués, dans chacun desquels viennent déboucher les HI | artères el les artérioles du canal Palotta, sont autant de champs où le poisson is apporté par Peau marine vient <'ensemencer el se développe à foison; le 'X- labyrinthe à double et triple fond qui donne accès aux hôtes venus du LUS - large ne les laisse plus sortir ; ils restent dans les réservoirs et, quand la arrive la saison de Ta récolte, e'est par charges entières de bateaux qu'on pe les ramasse dans les filets, Spallanzani à vu prendre dans un seul cehanmp » et durant une seule nuit plus de 60,000 Tivres de poisson. Cette énorme Les quantité à été quelquefois dépassée; alors on utilise toute la masse de il chair pour les engrais, La population des pêcheurs de Comacehio se a compose d'un peu plus de im mille individus, presque tous remarquables l Le par leur grande taille, leur force, leur souplesse, Ainsi que le fait remar- | d js Vi î L: quer le piscieulteur Coste, e'est un fait des plus curieux qu'une colonie RL ANS à tout entière, rélugiée dans Pile solitaire de Comacchio, isolée de toutes ni nt Ü AHSE un Hi

568 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.

les contrées voisines par de vastes lagunes, réduite pour vivre à exploiter les eaux comme les autres exploitent leurs sillons, soumise à un régime alimentaire exelusivement formé de trois espèces de poissons, le muge, l'anguille, l’acquadelle, ait pu traverser une longue série de siècles en conservant le type de sa race dans un état aussi florissant que les popula-

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