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leurs masses rouges et blanches trancher çà et là sur la verdure: mais les
hameaux, les villages manquent presque complétement, Les métayers étant
les seuls habitants de Ta campagne proprement dite, la population rurale
ne peut S'agglomérer, loutes les familles de eultivateurs restent dans liso-
lement, tandis que les nombreux propriétaires terriens vivent tous dans les
petites villes et leur donnent une richesse d'aspect que n'ont point les loca-
lités de même importance dans les autres parties de l'Europe. A égalité de surface, aucune région du continent n’est aussi peuplée que Pltalie du Nord; si l’on ne lient compte que des contrées agricoles, la Lombardie est la partie du continent où les villes sont le plus pressées les unes contre les autres : il faut aller jusque sur les bords du Gange et dans la « Fleur du Milieu » pour trouver de pareilles agglomérations humaines".
Les grandes villes y sont aussi fort nombreuses, et parmi ces villes, presque toutes ont acquis, par leurs monuments, leurs trésors d’art, leurs souvenirs historiques, un nom considérable parmi les cités de l'univers. Dans une contrée comme celle du bassin padan, où les agriculteurs sont partout groupés en multitudes et où les communications ont toujours été des plus faciles, les centres de population pouvaient se déplacer sans peine, suivant les hasards des guerres et les diverses vicissitudes de l’histoire. De là cette foule de villes célèbres comme chefs-lieux d'anciennes républiques ou comme résidences royales et ducales.
Cependant il est à la base des Alpes et des Apennins des cités qui occupent un emplacement indiqué d'avance par la nature. Ce sont les localités placées aux débouchés des passages de montagnes et servant à la fois d'entrepôts naturels pour le commerce et de sentinelles militaires, Ainsi l'antique Ariminum, la Rimini moderne, située à l'angle méridional de la grande plaine du PÔô, gardait à l'époque romaine l’étroit littoral ouvert entre l'Adriatique et la base des Apennins. C’est là que se trouvait l'entrée de lftalie du Nord. La voie Flaminienne, descendue des montagnes, y atteignait la mer; la voie Émilienne, qui est encore aujourd’hui la grande ligne de communication entre le Piémont et l'Adriatique, y prenait son point de départ; là aussi commençait la voie qui suivait le littoral en se dirigeant sur Ravenne. Plus tard, lorsque Rome n’était plus la capitale de la Péninsule et du monde, et que l'Italie était encore divisée en États ennemis, les villes situées à lentrée de la plaine du côté du sud et aux passages du Pô, Bologne, Ferrare, avaient aussi une grande importance stratégique, Plaisance, placée au défilé du Pô, entr: le Piémont et l'Émilie, est encore une place de guerre de premier ordre ; Alexandrie, située près du confluent du Tanaro et de la Bormida, dans une plaine des plus fameuses
Population Population
Superficie, en 1871. kilométrique, Û Piémont... , . . ,. 29,005 kil. car. 2,900,000 100 Lombardie, . , . . . . 23,099 » 3,470,000 147 Vénitien. 25,608 » 2,640,000 112 Émilie... 4, , 29,988 on 92,970,000 105
CORAN kil. car, 11,280,000 114
par ses batailles sanglantes, était également destinée par sa position à devenir une formidable citadelle, quoique par dérision elle porte encore le
nom d'Alexandrie de « la Paille ». Enfin, dans le voisinage de la France et de l’Autriche, chaque vallée possédait à son issue un verrou de fermeture : Vinadio, Château-Dauphin, Pignerol, Fenestrelle, Suse et d’autres places, devenues intenables pour la plupart à cause de la grande puissance de