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d'après la Carte de l'État-majar Autictien
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l'artillerie moderne, étaient les forteresses, si souvent tournées, qui devaient protéger l'Italie contre ses puissants voisins.
Mais depuis la ruine de l'empire romain le débouché des Alpes qu'il fut toujours le plus indispensable de mettre en état de défense est celui qui descend du Brenner. Au point de vue militaire, les plaines qui s'étendent au sud du lac de Garde, des bords du Mineio à ceux de l'Adige, sont le point faible de Pltalie. L'histoire Pa bien prouvé. Les populations pacifiques des campagnes avaient eu beau vouer aux dieux le passage du
912 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE.
Brenner et le mettre solennellement sous la protection des tribus limitrophes, les hordes guerrières d’outre-mont ne se laissèrent point arrêter par des autels; trop souvent, comme un fleuve qui s'épanche par-dessus une écluse trop basse, elles descendirent en torrent dans les plaines de l'Halie, pillant les villes et massacrant les hommes. Nulle région de la terre m'est plus teinte de sang. Jusque dans la dernière moitié de ce sièele les débouchés de la haute vallée de l'Adige ont été le principal théâtre des batailles qui se livraient pour la possession de Fltalie. Pas une ville, pas un village de cet étroit district qui ne soit devenu lristement célèbre dans llusioire de l’humanité : c’est là que se trouvent les champs de bataille et de mort de Castiglione, de Lonato, de Rivoli, de Solferino, de Gustozza. Lorsque les Autrichiens possédaient la Lombardo-Vénétie, ils avaient eu soin de fortifier les abords de la grande porte de P'Adige par les quatre formidables eitadelles dites du quadrilatère, Vérone, Peschiera, Mantoue, Legnago, el par un grand nombre d’autres ouvrages moins importants : c'élent les € clefs de la maison ». L'Italie, redevenue maitresse chez elle, les a reprises ; la porte lui était fermée; maintenant elle l'est contre Autriche,
Les mèmes conditions de sol qui assuraient d'avance une grande imporlance stratégique aux débouchés des Alpes et des Apennins devaient aussi leur donner un rôle considérable dans l'histoire du commerce : places de guerre el villes d'échanges ne pouvaient se placer qu'à la descente des cols, les unes pour surveiller jalousement le passage, les autres au contraire pour recevoir avec joie les voyageurs et les marchandises, source de leurs richesses. Toutefois, génie militaire et commerce ne <e plaisant guère dans le voisinage lun de l'autre, les entrepôts d'échanges se sont établis pour la plupart de manière à jouir des avantages que présentent les grands chemins naturels des peuples, tout en évitant les lracasseries et les périls que l'état de guerre ou de paix armée entraine toujours avec lui. L'ordre d'importance des villes commerciales se trouve naturellement réglé par le nombre des passages fréquentés qui viennent y aboutir. Une localité située sur une seule de ces grandes routes n'est qu'une simple élape; au débouché de deux ou de trois cols, elle devient déjà un centre de population et de richesses; au point de jonction d'un plus grand nombre de chemins, c’est une capitale. Ainsi Turin, vers laquelle convergent toutes les routes traversières des Alpes, du massif du mont Blanc à la racine des Apennins, est par sa position même un des points vitaux du commerce européen. Milan, où viennent aboutir les sept grandes routes alpines du Simplon, du Gothard, du Bernardin, du Splugen, du Julier, de la Maloya, du Stelvio, est également un emporium nécessaire;
CITÉS DE LA VALLÉE DU PO. 919 : de même Bologne, que des marais et le lit du Pô, difficile à franchir, Sépa- {l Ù aient autrefois des Alpes, mais que des chemins de fer rattachent mainte- | ; nant à tous les grands cols de l’hémicyele des montagnes ; e’est à que vien- \ À nent se réunir les lignes de Vienne, de Paris, de Marseille et de Naples. ; | Sans la création des routes, la vallée du Pô n'aurait jamais eu dans 1 ‘À l'histoire de l'Europe limportance relative qu'elle possède. La haute 51,14 muraille elliptique des Alpes la séparait complétement de la France, de 1, | la Suisse et de l'Allemagne, tandis qu'au sud ie rempart moins élevé des 14 Apennins rendait les communications difficiles avec les vallées du Tibre et Eu: | (5 N9 69. — PASSAGES DES ALPES, À RE ps __l# |) pe
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Echelle de 6.660000 ia # o En 100 ookil. 1 {is *” ° TR 4 . . ‘ £ de PArno ; le pays n'était ouvert que du côté de la mer Adriatique, en face +4 ï d'un rivage escarpé, sauvage, encore de nos jours habité par des popu- : FA mp | x x | 1} À lations demi-barbares. Dans tout le continent d'Europe il n'est pas de f région naturelle qui soit plus enfermée, dont l'enceinte soit plus haute et | LUE plus difficile à franchir, du moins pour les habitants de la plaine infé- || REEUE , ‘ : fat rieure ; mais l'ouverture des grandes routes carrossables et des chemins hi (4 de fer a changé tout cela, et Fltalie du Nord est devenue pour le com- ! | ARS 2 . . , ñ 0 Ÿ F V4 merce de PEurope un des principaux centres d'appel et de répartition. is 6 Par Venise, elle tient l'Adriatique; par les voies ferrées des Apennins, {| ! elle a Gènes, Savone, le golfe de Spezia et la mer Tyrrhénienne; elle com- l AU RUL mande à la fois les deux mers qui baignent lPltalic. Le chemin de fer de nn +: 2 LD 4 (fé . Ÿ l
Modane, ceux du Brenner et du Semmering font converger vers la basse Lombardie une partie des échanges de la France, de l'Allemagne, de l'Autriche ; bientôt d'autres lignes du grand réseau européen, descendant de Pontebba, du Saint-Gothard, du mont Genèvre, du col de Tende, vont s'unir comme au centre d’une immense zone dans les cités florissantes de la vallée du Pô. La position de plus en plus centrale que cette convergence des routes assure à la contrée, contribue avec la merveilleuse fécondité de ses campagnes et ses autres privilèges à faire-de Pltalie du Nord une des parties les plus vivantes du grand organisme de l'Europe. L'histoire, c'està-dire le travail humain, a modifié la géographie primitive : ce n’est plus dans Rome, c’est dans l’ancienne Gaule cisalpine que se trouve désormais le vrai centre de la Péninsule. Si pour le choix d’une capitale les Italiens avaient considéré l'importance réelle dans le monde du travail et non les traditions du passé, au moins quatre cités de la plaine du nord, Turin, Milan, Venise, Bologne, auraient pu briguer l'honneur d'être la « première entre leurs pareilles ».
Turin, quoique fort ancienne et jadis brûlée par Hannibal, est cependant, en comparaison des autres cités d'Italie, une ville moderne, et ses rues larges, régulières, coupées à angles droits, la font ressembler aux capitales improvisées des États du Nouveau Monde ; avant d’avoir été choisie comme résidence ducale, c'était une toute petite ville de province. C'est que du temps des Romains, et même pendant une partie du moyen âge, le grand chemin de la Péninsule vers les Gaules suivait le littoral du golfe de Gênes. Le passage du mont Genèvre était relativement assez fréquenté, les anciens documents le prouvent, mais il n’en est pas moins vrai que, lorsque le mouvement des échanges entre les deux versants des Alpes se fut déplacé dans la direction du nord-ouest, le manque de larges routes frayées à travers les rochers et les neiges faisait hésiter les voyageurs entre les divers cols des Alpes, de l'Argentière au Grand-Saint-Bernard ; nulle issue des hautes vallées ne pouvait prendre d'importance prépondérante dans le commerce de l'Italie. D'ailleurs les Alpes étaient fort redoutées par les voyageurs, et li part de trafic qui revenait à chacune des villes situées au débouché des passages était bien peu de chose. Cependant des villes d'étapes se trouvaient à la descente de chacun des cols, de même qu'à l'issue des senüers de PApennin : Mondovi, la triple ville bâtie sur trois cimes; Coni (Cuneo), si bien placée sur sa terrasse triangulaire, entre la Stura et le Gesso, où s'écoulent les ruisseaux d'eau sulfureuse, toujours fumante, de Valdieri ; Saluces, qui s'élève en pente douce à la base des contre-forts du Viso; Pignerol (Pinerolo), que domine son ancien château fort, si souvent
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employé comme prison d'État ; Suse, porte italienne du mont Genis; Aoste, riche encore en débris de l’époque romaine ; Ivrea, bâtie sur l'emplacement de lPancien glacier descendu du mont Rose; Biella, si riche en manufactures de lainages. Les villes situées plus bas dans la plaine, au point «de rencontre de plusieurs routes alpines, devaient aussi prendre une certaine importance locale. Telles sont, dans le haut Piémont, Fossano, bâtie sur sa terrasse caillouteuse, à la jonction des routes de Mondovi et de Cuneo ; Savigliano, où les chemins des vallées de la Macra et du Pô s'ajoutent aux précédentes; Carmagnola, où vient aboutir en outre la principale route des Apennins. Dans le Piémont oriental, la ville la plus populeuse est Novare, située au débouché commercial du lac Majeur, au milieu des campagnes les plus fertiles, qui en font le principal marché des céréales à l'ouest de la Lombardie; Vercelli, bâtie sur la Sesia, au-dessous du confluent de toutes les rivières qui descendent des massifs du mont Rose, jouit d'avantages seniblables à ceux de Novare ; Casale, l’ancienne capitale du Montferrat, occupe un des passages du Pô, dont elle défend les abords en temps de guerre par ses fortifications.
Grâce à sa position centrale entre toutes ces villes du haut et du bas Piémont et à la convergence dans ses murs de tous les chemins des cols, Turin est devenu le centre naturel du commerce de Ta haute vallée du Po jusqu'au Tessin. On sait combien le mouvement des échanges s’est accru au profit de cette ville, surtout depuis qu’elle est débarrassée du périlleux honneur d'être capitale de royaume; le vide laissé par la cour et les hautes administrations à élé comblé, et au delà, par les immigrants qu'y ont amenés les chemins de fer. Ses bibliothèques, son beau musée, ses diverses sociétés en font aussi lun des centres intellectuels de la Péninsule ; par ses manufactures de soieries et de lainages, ses papeteries, ses fabriques diverses, elle occupe aussi l’un des premiers rangs en Italie. En outre elle a d’admirables sites dans les environs : par la colline de la Superga, située à quelques kilomètres à l'est et dominée par une somptueuse église, elle commande le plus beau panorama des Alpes italiennes. Dans la grande banlicue, de nombreuses petites villes, bien connues par leurs châteaux, leurs pares, leurs villas de plaisance, Moncalieri, Chieri, Carignano, offrent encore de plus beaux paysages que Turin : lieux de villégiature pour les habitants de la capitale, ils participent à sa prospérité. Quant aux villes situées dans le bassin du Tanaro, au sud du massif des collines de Turin, elles forment un groupe naturellement distinet et possèdent un rôle géographique spécial : ce sont les intermédiaires naturels entre la haute vallée du P6,
la Lombardie et les côtes génoises. Alexandrie (Alessandria), place de guerre
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