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N° 71, — PALMANOVA

livée de dessins en relief. Bien aütrement puissante, la cité militaire de Vérone, à l’autre extrémité du territoire vénitien, a pris une grande part dans l’histoire de l'Italie; mais comme ville

de commerce et d'industrie elle est fort déchue de son antique prospérité.

Très au large dans son enceinte de

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murs et de bastions, elle n’a plus une & d'à population suffisante pour expliquer sis si IN > EN la multitude de ses beaux édifices pu- 15. Sols f (ANT da, » il

blies du moyen âge et les énormes di-

mensions de son amphithéâtre romain, Fe de 1 86,90

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a où cinquante mille spectateurs peuvent

s'asseoir à Ja fois. Mais de toutes les cités de Ha Vénétie, celle qui s’est peutêtre le plus amoindrie en comparaison de son passé, c’est Venise elle-même, la « reine de l'Adriatique ».

Venise est une ville fort ancienne. Des restes de constructions romaires, retrouvés dans l'île de San Giorgio au-dessous du niveau de li mer el cités en témoignage de ce phénomène curieux de Patfaissement graduel des lagunes vénitiennes, ont également prouvé, contrairement à l'opinion générale, que les îlots boueux du golfe étaient peuplés avant Pinvasion des Barbares ; ces terres à demi émergées ont pu servir de lieu de refuge aux populations riveraines, précisément parce qu'elles offraient des ressources comme entrepôts de commerce. Toutefois la vraie Venise date seulement du commencement du neuvième sièele, époque à laquelle Le gouvernement de La république maritime S'installa dans la grande île, On sait quelle fut la prodigieuse fortune de la ville habitée par les descendants des anciens Venètes, Située, comme elle l'est, dans une région intermédiaire, à la fois séparée de la mer par les lidi et de la terre ferme par des estuaires et des espaces fangeux, Venise avait l'inappréciable privilége, pendant les inces-' saules guerres qui désolaient l'Europe, d’être à peu près inattaquable par tout ennemi venu du continent où débarqué de Ta mer, Elle, de son côté,

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pouvait à son gré envoyer des expéditions de commerce où de guerre sur tous les rivages de la Méditerranée pour y fonder des comptoirs ou des forteresses. De toutes les républiques commerçantes de lTtalie, c’est celle qui, après bien des lattes soutenues avec le plus ardent patriotisme, devint la plus puissante et la plus riche. C'est d'ailleurs celle qui avait la meilleure position pour la facilité des échanges. Disposant des avantages d’un flux de marée plus élevé que celui de la plupart des parages méditerranéens, Venise se trouve à peu près au centre des régions qui constituaient au moyen âge tout le monde commercial; en outre, ‘à position qu'elle oceupe, à l'extrémité de PAdriatique, non loin de la partie des Alpes où le seuil des monts s'abaisse entre les plateaux de Plyrie et les crêtes neigeuses de la Carinthie et du Tirol, lui permettait de communiquer facilement avec tous les marchés de PAllemagne, des Flandres, de la Scandinavie, En contact avec des hommes de tout pays, le Vénitien voyait les étrangers sans préjugé de haine : il accueillait les Arméniens, 11 faisait même alliance avec les Turcs. À l’époque des croisades, la république de Venise était le plus respecté des États de l'Europe, celui qui, par l'absence de tout fanatisme religieux, avait le rôle politique le plus impartial, et dont les ambassadeurs avaient le plus d'autorité, Mais cet ascendant était soutenu par une énorme puissance matérielle. Venise posséda jusqu’à lrois cents navires de guerre montés par trente-six mille marins, et les richesses du monde, acquises par le trafic légitime, apportées en tributs ou ravies par la conquête, vinrent s'entasser dans ses deux mille palais et ses deux cents églises; un seul de ses îlots eût acheté un royaume d'Afrique ou d'Asie, Sur un fond de boue, où jadis le pêcheur posait avec précaution sa cabane de branchages, s'était dressée une ville somptueuse, la plus beile de l'Occident. Des forêts entières de mélèzes, coupées sur les montagnes de la Dalmatie, avaient servi à consolider le «ol; plus de quatre cents ponts de marbre réunissaient d'ilot en ilot le réseau des rues et des places, et de superbes digues de granit, construites @ avec l'argent de Venise et Faudace de Rome » défendaient la ville merveilleuse contre les fureurs de Ta mer, Les splendeurs de Pindustrie et les magnificences de l'art contribuaient à faire de Venezia la Bella une cité sans égale.

Mais les découvertes géographiques, auxquelles Venise elle-même avait pris, par ses navigateurs el ses caravanes de commerce, une si large part, vinrent porter un coup décisif à la puissance de la ville italienne. La Méditerranée cessa d'être la mer commerciale par excellence, et la cireumnavigation de l'Afrique, la découverte du Nouveau Monde reportèrent sur les bords de PAtlantique boréal le siége du grand commerce, Désormais

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