VENISE
Dessin de J. Moynet, d'après une photographie
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VENISE. O8 Venise était condamnée à dépérir; le chemin des Indes ne lui appartenait plus, et du côté de l'Orient le pouvoir grandissant des Tures limitait étroitement le cerele de son marché. Toutefois elle disposait encore de telles ressources el son organisation était si forte, que la cité put maintenir son indépendance plus de trois siècles après la perte de ses comptoirs. Elle ne succomba que par le déplorable abandon d’un allié, le général Bonaparte. La période de sa plus grande décadence est celle du régime autrichien ; en 1840 la ville n'avait plus même cent mille habitants ; des centaines de ses palais étaient en ruines; l'herbe croissait sur ses places et les algues
encombraient les marches de ses quais. Depuis, la prospérité revient peu
à peu. La ville, rattachée au continent par un des ponts les plus remarquables du monde, puisqu'il n’a pas moins de 222 arches et que sa longueur dépasse 3,600 mètres, peut expédier directement les denrées et les marchandises reçues de l’intérieur ; ses ports, sans avoir autant d'activité que celui de Trieste, et récemment privés de la franchise qui leur permettait de faire concurrence à leur rivale istriote, ont pourtant un commerce de cabolage et d’escale fort sérieux, surtout depuis que la vapeur se substitue graduellement à la voile ; le mouvement des navires ÿ égale à peu près la moitié de celui de Gènes'. Enfin la fabrication des glaces, des dentelles, et d’autres industries donne une vie nouvelle à Venise et aux villes annexes situées dans les lagunes, Malamocco, Burano, Murano, Chioggia : des milliers d'ouvriers y sont toujours employés à fondre ces verroteries multicolores qui s’expédient dans toutes les parties du monde et servent encore de monnaie dans certaines contrées de lOrient et au centre de l'Afrique. D'ailleurs, quoique bien inférieure en population et en activité à ce qu'elle fut jadis, Venise n'a-t-elle pas toujours ce qui la fait tant aimer par les artistes et les poëtes, son doux climat, son beau ciel, ses horizons si pittoresques, sa vie joyeuse, ses fêtes, la place Saint-Mare, et dans ses palais d’une architecture à la fois italienne et mauresque, les admirables loiles de ses grands maîtres, Tilien, Tintoret, Véronèse*?
1 Mouvement du port de Venise :
à LUE 499,000 tonnes.
1807, 25% ane ur 670,000 1871 (5,180 navires), , . . . . 745,000 1874 (départem. maritime entier) 1,143,500 Valeur des échanges par terre et par mer (1869). . . , , . . 514,000,000 fr. ? Communes {ville et banlieue) du Vénitien contenant plus de 15,000 habitants en 1872 : Venise (Venezia) . . 129,000 » | Udine. 0... 50,000 Vérone (Verona) . .., 67,000 | Trévise (Treviso). . . 28.000 l'adoue (Padova).. - , 66,000 | Chioggia, . 26,000 Vicence (Vicenza). . . 98,000 U Bellune (Belluno). . . 15,000
oNÛ NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE