‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 223 sur 545 · LA G · texte numérisé non relu

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ARNO ET VAL DE CHIANA. ali

« fleuve n'avait pas encore creusé en amont de Florence le défilé par lequel il s'échappe aujourd’hui, est une allée naturelle ouverte par les eaux entre le bassin de lArno et celui du Tibre : à, comme entre l’Orénoque et le fleuve des Amazones, quoique dans des proportions bien moindres, se trouvait un seuil bas, d’où les eaux s’épanchaient dans l’un et l’autre bassin. Jadis le point de partage était dans le voisinage immédiat de l’Arno. Une partie des eaux du val de Chiana tombait dans le fleuve toscan, qui coule à une cinquantaine de mètres plus bas, tandis que la plus grande partie de la masse liquide, sans écoulement régulier, s’étalait en longs palus vers le sud jusqu'aux lacs que domine à l'ouest, du haut de ses coteaux, la pelite ville de Montepuleiano; c’est là que commence à s’accuser nettement la pente qui entraine l’eau vers le Tibre romain. Entre les deux versants, la partie neutre du val était tellement indécise, qu’on a déplacé d’au moins 90 kilomètres le seuil de séparation, au moyen des barrières transversales qui retenaient les débordements des étangs temporaires causés par les grandes pluies. Toute la zone intermédiaire où séjournaient, à demi putréfiées, les masses liquides apportées par les torrents latéraux, était un foyer de pestilence. Dante et d’autres écrivains de ltalie en parlent comme d’un lieu maudit; l'hirondelle même n'osait s'aventurer dans sa fatale atmosphère. Les habitants du val avaient en vain tenté d’assécher le sol en creusant des canaux de décharge : l'horizontalité de la longue plaine rendait illusoires tous les travaux d'assainissement, L'illustre Galilée, consulté sur les mesures qu'il ÿ aurait à prendre, déclara que le mal était irréparable : d'après lui il n’y avait rien à faire, Torricelli reconnut qu'il serait possible d'utiliser la force des torrents pour donner à la vallée la pente qui lui manquait el faciliter ainsi l'écoulement des eaux ; mais il ne mit point la main à l'œuvre. Les discussions entre les deux états limitrophes, Rome et Florence, ne permettaient point d’ailleurs que le cours des eaux de la Chiana fût rectifié. Chacun des deux gouvernements voulait que les eaux torrentielles fussent rejetées sur le territoire du voisin.

Enfin les travaux commencèrent au milieu du dix-huitième siècle sous la direction du célèbre Fossombroni, À l'issue de chaque ravin latéral furent ménagés des bassins de colmatage, où les débris arrachés aux flancs des monlagnes se déposèrent en strates annuelles. Les marécages se comblèrent ainsi peu à peu et le sol s'affermit; le niveau de la vallée, graduellement exhaussé sur la ligne de partage choisie par l'ingénieur, donna aux eaux le mouvement qui leur manquait et changea en un ruisseau pur le bourbier croupissant, La pente générale de la plaine supérieure fut renversée et l’Arno s'enrichit d'uri affluent de 74 kilomètres de longueur qui, sur plus des deux tiers de son

cours, appartenait précédemment au Tibre. L'air de la vallée, autrefois mortel, devint l’un des plus salubres de l'Italie, L'agriculture s'empara des

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